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La Russie enverrait des soldats malades ou blessés au front

Selon le New York Times, des soldats auraient été envoyés au front malgré des fractures osseuses. Entre autres.
Selon le New York Times, des soldats auraient été envoyés au front malgré des fractures osseuses. Entre autres.watson / dr

«Pas des animaux!» Des milliers de plaintes de soldats russes fuitent

Des plaintes déposées par des citoyens russes montrent que les mauvais traitements infligés aux soldats ne sont pas des cas isolés. Même des hommes gravement malades risquent d'être envoyés au front.
06.01.2026, 05:3306.01.2026, 05:33
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t-online

L’armée russe renverrait au combat des hommes malades ou grièvement blessés afin de combler ses besoins en effectifs. Des plaintes de soldats et de proches, rendues accessibles au New York Times, révèlent qu’il s’agirait apparemment d’un système organisé.

Le journal a analysé plus de 6000 plaintes adressées à des autorités gouvernementales, qui auraient été rendues accessibles par erreur. Elles montrent, selon le New York Times, que le mécontentement grandit au sein de la population russe.

«Nous vivons dans la peur depuis trois ans et nous nous taisons sur tout», a écrit la femme d’un soldat originaire de Saratov, une ville du sud-ouest de la Russie, dans une plainte.

«L’injustice me déchire intérieurement!»

Envoyés au combat malgré des os brisés

Des milliers de plaintes similaires figurent dans les documents. Dans 1500 cas, les supérieurs hiérarchiques des soldats sont directement accusés. Dans la majorité des plaintes, il s’agit d’anciens détenus qui auraient été attirés dans l’armée.

Selon le New York Times, des soldats auraient été envoyés au front malgré des fractures osseuses. Le journal évoque également des cas de cancers en phase terminale, d’épilepsie, de pertes sévères de la vue et de l’ouïe, ainsi que de complications après un AVC. Même des prisonniers de guerre russes libérés par l’Ukraine auraient été immédiatement renvoyés au combat.

«Ce ne sont pas des animaux»

Dans une plainte datée du 27 août, la mère d’un soldat, Oksana Krasnova, a joint une vidéo que son fils avait enregistrée. Lui et un camarde y apparaissent attachés à un arbre pendant quatre jours, sans nourriture, sans eau et sans accès à des toilettes. Elle implore:

«Ce ne sont pas des animaux!»

Dans de nombreux cas, des commandants russes sont désignés comme responsables. Ils auraient menacé leurs subordonnés de mort, voire les auraient tués. Le terme «Zeroing out» est mentionné, que l’on peut traduire par «mettre à zéro». D’autres commandants auraient exigé de l’argent aux soldats afin de leur permettre d’échapper à des missions mortelles.

Les plaintes confidentielles ont été transmises à la médiatrice russe des droits humains, Tatiana N. Moskalkova, qui dépend directement de Vladimir Poutine. A la suite d’une erreur de son bureau, des plaintes déposées entre avril et septembre auraient été rendues accessibles en ligne.

C’est ce qu’a rapporté Maxim Kurnikov, fondateur et éditeur d’Echo, un média en ligne russe basé à Berlin. Lui et son équipe ont collecté les fichiers et les ont transmis au New York Times. Les journalistes du quotidien ont vérifié les documents et pris contact avec certaines des personnes concernées.

Ce n'est pas la première fois que des plaintes de soldats russes sont signalées. En juillet 2023, des hommes du 96e régiment avaient publié une vidéo dans laquelle ils formulaient de graves accusations contre leurs supérieurs et contre Vladimir Poutine. En février 2024, un autre groupe de soldats russes avait dénoncé, dans une vidéo, des pratiques inhumaines au front et exprimé leurs craintes pour leurs vies.

Les gosses russes aiment les flingues (à blanc)

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source: ap / dmitri lovetsky
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