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Santé

Turquie: 100 médecins punis pour avoir pratiqué trop de césariennes

La Turquie punit plus de 100 médecins pratiquant trop de césariennes

epa13098771 Turkish President Recep Tayyip Erdogan speaks during a press conference at the 2026 NATO summit in Ankara, Turkey, 08 July 2026. EPA/FILIP SINGER
Le président Recep Tayyip Erdogan a mis en place une politique visant à diminuer le nombre de césariennes en Turquie.Keystone
Une centaine de gynécologues-obstétriciens ont été sanctionnés en Turquie dans le cadre de la politique du gouvernement visant à faire baisser le nombre d'accouchements par césarienne.
11.07.2026, 14:3811.07.2026, 14:38

Plus de 100 gynécologues-obstétriciens pratiquant des césariennes en Turquie ont été mis à l'amende, voire suspendus, par le ministère de la Santé, a rapporté samedi le journal BirGun. Le pays affiche le taux de césariennes le plus élevé parmi les 38 pays de l'OCDE, avec environ 615 interventions pour 1000 naissances vivantes en 2023.

Contrôler les modes d'accouchement

Le gouvernement turc a lancé l'an dernier la campagne «Décennie de la famille» pour contrer la baisse de la natalité, ce qui s'est traduit par une volonté d'exercer un contrôle accru sur les modalités d'accouchement des femmes.

Le président Recep Tayyip Erdogan, musulman pratiquant qui encourage les femmes à opter pour l'accouchement dit «naturel», souhaite s'attaquer au nombre record de césariennes de convenance dans son pays. Son gouvernement a d'ailleurs interdit, en avril 2025, la pratique de telles interventions dans les établissements de santé privés en l'absence de justification médicale.

Des formations imposées aux récalcitrants

Selon le journal BirGun, citant des chiffres fournis par des associations médicales à travers le pays, plus de 100 médecins ont été sanctionnés par des amendes pour avoir pratiqué des césariennes, une mesure qui a suscité une levée de boucliers chez les professionnels de santé. Le site internet de la Chambre des médecins d'Antalya a indiqué:

«Des obstétriciens ont reçu des avertissements, fait l'objet d'enquêtes disciplinaires, été temporairement suspendus de leur activité et contraints de suivre des formations prénatales, en raison des taux élevés de césariennes constatés dans le pays»

Un obstétricien travaillant dans un hôpital privé de Sakarya, près d'Istanbul, a été licencié à la demande du ministère de la Santé en raison d'un taux élevé de césariennes, puis suspendu pour une durée de six mois, rapporte ainsi le site d'information Diken.

Durant cette période, le médecin doit suivre une formation dans un hôpital public et passer un examen, précise le même média, en indiquant qu'il ne pourra reprendre l'exercice de la médecine qu'en cas de réussite.

Pour éviter les poursuites judiciaires?

Pour le Dr Ayse Gultekingil, responsable au sein de l'Association médicale turque, sanctionner les médecins ne résoudra pas le problème du taux élevé de césariennes en Turquie, qui est de nature structurelle:

«Le taux de césariennes en Turquie dépasse les 60%. Or, le mode d'accouchement reflète divers problèmes au sein du système de santé turc»

Des professionnels de santé ont expliqué que les césariennes permettent un gain de temps – 30 minutes, contre 12 heures pour un accouchement classique – et réduisent le risque de poursuites judiciaires en cas de complications, garantissant ainsi la sécurité tant du médecin que des femmes. (btr/ats)

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