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Un premier patient reçoit un vaccin contre le cancer du poumon

Zum ersten Mal hat ein Patient eine mRNA-Impfung gegen Lungenkrebs erhalten.
Janusz Racz a été le premier patient à recevoir un vaccin contre le cancer du poumon.Image: Aaron Chown/PA

Cet homme est le premier à recevoir un vaccin contre le cancer du poumon

Pour la première fois, un patient britannique a reçu un vaccin à ARNm contre le cancer du poumon dans le cadre d'une étude. Ce qu’il faut savoir à ce sujet.
29.08.2024, 20:47
Olivier Meier
Olivier Meier
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Au Royaume-Uni, un patient a reçu pour la première fois un nouveau type de vaccin à ARNm contre le cancer du poumon dans le cadre d'une étude clinique. Le vaccin contre le cancer est censé stimuler le système immunitaire pour qu'il reconnaisse et combatte les cellules cancéreuses.

Quel est le type de vaccin?

Le vaccin contre le cancer du poumon, qui a été administré pour la première fois à un patient de l'University College London Hospital (UCLH), est basé sur la technologie ARNm. Le vaccin est produit par l'entreprise de biotechnologie allemande Biontech. La particularité de ce vaccin est qu'il est fabriqué sur mesure en fonction des caractéristiques des cellules tumorales de chaque patient.

Le vaccin est destiné au traitement du cancer du poumon non à petites cellules (CBNPC). Environ 85% de tous les cancers du poumon sont des CBNPC.

Depuis la pandémie du Covid, beaucoup d'argent a été investi dans les vaccins à ARNm. Grâce à ces avancées, des recherches ont été menées pour développer des vaccins contre le cancer du poumon, mais aussi contre d'autres types de cancer comme le cancer du sein, de la prostate, du côlon ou du pancréas.

Qu'est-ce que la technologie ARNm?
Le vaccin ARNm décrit un mécanisme spécifique pour la production d'une protéine dans nos cellules. Il consiste à injecter, dans notre corps, le plan de construction de la protéine qui doit être ensuite produite dans nos cellules.
La technologie qui se cache derrière n'est pas nouvelle. En 1959, des chercheurs ont découvert que nos cellules renfermaient des acides ribonucléiques monocaténaires contenant des informations génétiques pour la construction d'une protéine. En 1989, on a réussi pour la première fois à introduire certains segments d'ARN, appelés ARNm, dans une cellule. Dans les années 90, l'ARN a permis de provoquer une réponse immunitaire chez la souris. C’est en 2002 que les vaccins à ARN ont été testés pour la première fois sur l'homme dans le cadre d'études cliniques. La percée décisive a finalement été réalisée par la biochimiste hongroise Katalin Karikó. Avec son collègue Drew Weissman, elle a réussi à emballer l'ARNm, qui est très sensible, dans des molécules lipidiques. De telles nanoparticules ont pu être injectées aux animaux et aux humains sans déclencher de réaction immunitaire dangereuse. Cela a permis d'utiliser l'ARNm pour des thérapies et a posé la base du vaccin ARNm. (dhr)

Comment fonctionne le vaccin?

Le vaccin ARNm n'est pas utilisé à titre préventif, mais est destiné aux personnes déjà atteintes d'un cancer. Il vise à entraîner le système immunitaire à reconnaître et à combattre les cellules cancéreuses présentes. Le traitement avec «BNT116» - tel est le nom du vaccin - vise à prévenir la réapparition du cancer.

Sur le site web de l'UCLH on peut lire:

«Le vaccin est conçu pour renforcer spécifiquement la réponse immunitaire contre des cibles exprimées principalement par les cellules cancéreuses et pour réduire le risque de toxicité pour les cellules saines non cancéreuses, contrairement à la chimiothérapie qui s'attaque souvent à la fois aux cellules cancéreuses et aux cellules saines.»
University College london hospitals

Comment se présente l'étude?

Les chercheurs veulent maintenant déterminer si le vaccin est sûr et bien toléré. Pour ce faire, il sera testé sur des patients à différents stades du cancer: des patients au stade précoce avant l'opération ou la radiothérapie (stades 2 et 3) jusqu'au stade tardif de la maladie (stade 4) ou des personnes chez qui le cancer est réapparu. Environ 130 personnes dans sept pays au total (Royaume-Uni, Allemagne, Hongrie, Pologne, Espagne, Turquie et Etats-Unis) participeront à l'étude.

Le Dr. Sarah Benafif, responsable de l'étude, explique:

«La force de notre approche réside dans le fait que le traitement cible très précisément les cellules cancéreuses. De cette manière, nous espérons pouvoir démontrer au fil du temps que le traitement est efficace contre le cancer du poumon, tout en laissant d'autres tissus intacts.»

L'étude n'en est toutefois qu'à ses débuts, les chercheurs estiment que la première phase durera jusqu'en 2027. Une fois celle-ci terminée, d'autres études avec davantage de participants seront nécessaires. On est donc encore loin d'une vaccination régulière pour les patients atteints de cancer du poumon.

Qu'en pense le patient?

Le tout premier patient à recevoir le vaccin contre le cancer s'appelle Janusz Racz et vient de Londres. Racz a été diagnostiqué en mai 2024 avec une tumeur au poumon droit et a subi une chimiothérapie et une radiothérapie après le diagnostic.

Janusz Racz a été diagnostiqué en mai.
Janusz Racz a été diagnostiqué en mai.Aaron Chown/PA

Dans le cadre de l'étude, Racz a reçu six vaccins à cinq minutes d'intervalle. Chacun avec des brins d'ARN différents pour d'autres caractéristiques de surface des cellules cancéreuses. Pendant six semaines, il a reçu six injections par semaine - en plus de l'immunothérapie.

L'homme de 67 ans raconte:

«Le Dr Sarah (Benafif) m'a expliqué comment le vaccin allait agir et en quoi il était différent du traitement que j'avais récemment terminé. L'espoir réside dans le fait que cela empêcherait le cancer de revenir.»

Pourquoi le cancer du poumon en particulier?

Le cancer du poumon est l'une des causes de décès par cancer les plus fréquentes dans le monde. On estime qu'environ 1,8 million de personnes meurent chaque année d'un cancer du poumon.

Les chances de survie à cinq ans pour le cancer du poumon sont très faibles: environ 25% des femmes survivent, contre 19% pour les hommes.

En Suisse, 4900 personnes sont atteintes chaque année d'un cancer du poumon, selon la Ligue contre le cancer.

Traduit et adapté de l'allemand par Léon Dietrich

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