C'est un concept malaisant
On pensait avoir fait le tour des concepts farfelus sur les réseaux sociaux. Entre les lives TikTok tournés depuis une baignoire, les créateurs qui imitent des animaux, ceux qui font des bruits bizarres à chaque don, ou encore la tendance du «tuanbo» où de jeunes Chinois dansent jusqu'à l'épuisement, le Web semblait avoir atteint ses limites.
C'était sans compter sur une toute nouvelle expérience qui pousse le bouchon encore plus loin, en tournant carrément au test de résistance.
En effet, la streameuse chinoise Fanqie Jiang Ye fait un carton avec des vidéos où elle apparaît attachée à un fauteuil de course motorisé. Le principe est d'une simplicité flippante: à chaque fois qu'un spectateur envoie un don, la chaise effectue automatiquement un tour complet.
Pour une somme estimée à 50 yuans (soit environ 7,50 dollars), les utilisateurs du chat ne paient plus pour obtenir une simple dédicace ou voir leur pseudo affiché à l'écran, mais pour imposer un mouvement physique en temps réel à la streameuse.
Equipée d'un harnais de sécurité et tenant une peluche sur ses genoux, Fanqie Jiang Ye passe rapidement d'un sourire amusé à un état d'épuisement visible au fur et à mesure que les micro-paiements s'enchaînent.
Le public prend les commandes
Sans surprise, cette drôle d'expérience a rapidement fait réagir les internautes. Comme le relaie le média Techspot, de nombreux internautes dressent un parallèle avec la série Black Mirror, et plus particulièrement avec l'épisode Common People de la saison 7, dans lequel un personnage s'inflige des humiliations et des épreuves physiques en direct contre du soutien financier.
Si l'initiative de Fanqie Jiang Ye reste une mise en scène convenue bien moins tragique, elle pose des questions troublantes sur le pouvoir accordé au public payant.
Malgré le buzz, plusieurs détails restent plutôt flous. En regardant les vidéos, impossible de savoir quel logiciel relie exactement les dons au moteur du siège, ni ce qu'il se passe quand plusieurs personnes paient en même temps. On ne sait pas non plus si la créatrice gardait une télécommande sous la main pour couper le moteur si besoin, ou si elle subissait sagement le rythme dingue imposé par ses viewers.
(jod)
