International
Technologie

Ce prof de l'EPFL assure que l'IA ne va pas tuer les humains

«L'IA ne va pas nous tuer»: ce prof de l'EPFL est en colère

Dans un entretien au Temps, le spécialiste suisse de l'IA Marcel Salathé dénonce le catastrophisme ambiant autour des dangers de l'intelligence artificielle et pointe la contradiction des géants de la tech.
17.09.2026, 16:5917.09.2026, 16:59

Depuis plusieurs jours, les grands pontes de la tech se succèdent pour alerter sur les risques existentiels de l'intelligence artificielle. Une situation qui agace le professeur à l'EPFL et codirecteur de l'AI Center, Marcel Salathé. Dans un long entretien accordé au Temps, il tranche:

«L'IA ne va pas nous tuer, c'est totalement ridicule»

Il reproche à de grands médias comme le Wall Street Journal, le New York Times ou la BBC de relayer sans recul les mises en garde des patrons de la tech, jusqu'à présenter des scénarios extrêmes comme des vérités établies.

«Beaucoup de gens ont désormais peur. La société semble entrer dans une sorte de panique. Hier, j’ai parlé à un journaliste aux Etats-Unis qui m’a raconté que certains de ses amis l’avaient appelé parce qu’ils n’arrivaient plus à dormir.»
Marcel Salathé, interrogé par Le Temps.

Il pointe surtout la contradiction des dirigeants d'Anthropic, d'OpenAI ou de xAI, qui continuent d'accélérer le développement de leurs technologies tout en en dénonçant publiquement les dangers.

Marcel Salathé précise sa pensée:

«Ces personnes disent une chose au public tout en consacrant toutes leurs ressources à faire exactement le contraire»
Marcel Salathé, professeur à l'EPFL, s'agace de ce catastrophisme récent autour de l'IA.
Marcel Salathé.Image: © EPFL

Concernant les récents piratages informatiques attribués à des IA, le chercheur estime qu'OpenAI a volontairement affaibli les garde-fous de ses modèles pour en tester les capacités offensives, avant de s'étonner des résultats. Il y voit moins une alerte scientifique qu'une opération de communication, faute de preuves concrètes apportées par les entreprises concernées.

«Avec l’IA, nous sommes immédiatement entrés dans un catastrophisme hypothétique, alors que nous ne disposons actuellement d’aucune preuve permettant de soutenir les scénarios les plus extrêmes.»
Marcel Salathé, interrogé par Le Temps.

Sans nier les risques réels, usages malveillants, hackers, régimes autoritaires, Marcel Salathé plaide pour une approche méthodique plutôt que la peur: identifier, quantifier, légiférer au fil de l'évolution technologique, à l'image de l'aviation.

L'expert est également interrogé concernant le timing désiré par les magnats de la tech:

«Il existe aussi depuis longtemps une volonté de ce que l’on appelle la "capture réglementaire": pousser les pouvoirs publics à adopter des règles qui favorisent les entreprises déjà installées et rendent l’arrivée de nouveaux concurrents beaucoup plus difficile».
Marcel Salathé, interrogé par Le Temps.

Pour conclure, le professeur appelle surtout l'Europe à investir massivement dans l'IA plutôt que de céder au catastrophisme, au risque sinon d'être «complètement larguée».

Trump tacle les critiques contre l'IA
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
Des agents russes auraient commandité des attentats aux Etats-Unis
Le groupe, actif depuis au moins deux ans, a notamment tenté de faire assassiner cet été aux Etats-Unis «un important dissident russe». Ils ont été inculpés mercredi.
Le ministère américain de la Justice a annoncé l'inculpation de cinq agents présumés des services de renseignement russes, tous en fuite, accusés d'avoir conspiré pour commanditer des assassinats et financer des attentats aux Etats-Unis et en Europe.
L’article