«L'IA ne va pas nous tuer»: ce prof de l'EPFL est en colère
Depuis plusieurs jours, les grands pontes de la tech se succèdent pour alerter sur les risques existentiels de l'intelligence artificielle. Une situation qui agace le professeur à l'EPFL et codirecteur de l'AI Center, Marcel Salathé. Dans un long entretien accordé au Temps, il tranche:
Il reproche à de grands médias comme le Wall Street Journal, le New York Times ou la BBC de relayer sans recul les mises en garde des patrons de la tech, jusqu'à présenter des scénarios extrêmes comme des vérités établies.
Il pointe surtout la contradiction des dirigeants d'Anthropic, d'OpenAI ou de xAI, qui continuent d'accélérer le développement de leurs technologies tout en en dénonçant publiquement les dangers.
Marcel Salathé précise sa pensée:
Concernant les récents piratages informatiques attribués à des IA, le chercheur estime qu'OpenAI a volontairement affaibli les garde-fous de ses modèles pour en tester les capacités offensives, avant de s'étonner des résultats. Il y voit moins une alerte scientifique qu'une opération de communication, faute de preuves concrètes apportées par les entreprises concernées.
Sans nier les risques réels, usages malveillants, hackers, régimes autoritaires, Marcel Salathé plaide pour une approche méthodique plutôt que la peur: identifier, quantifier, légiférer au fil de l'évolution technologique, à l'image de l'aviation.
L'expert est également interrogé concernant le timing désiré par les magnats de la tech:
Pour conclure, le professeur appelle surtout l'Europe à investir massivement dans l'IA plutôt que de céder au catastrophisme, au risque sinon d'être «complètement larguée».
