DE | FR

TikTok est-elle dangereuse pour les enfants? Une enquête tire l'alarme

Accusée de nuire à la santé mentale des enfants, l'application chinoise fait l'objet d'une enquête sur son impact auprès des jeunes. La procédure a été lancée par des autorités américaines qui peinent à répondre aux défis posés par les réseaux sociaux.
03.03.2022, 09:3106.03.2022, 20:23

Une coalition de huit Etats américains, dont la Californie et la Floride, ont annoncé mercredi le lancement d'une enquête sur la très populaire application, connue pour ses vidéos courtes, musicales ou parodiques, habilement sélectionnées par des algorithmes en fonction des goûts des utilisateurs.

«Nos enfants grandissent à l'ère des réseaux sociaux - et beaucoup ressentent le besoin de se mesurer à ces versions filtrées de la réalité qu'ils voient sur leur écran.»
Rob Bonta, procureur général californiencommuniqué

Les autorités reprochent à TikTok, une filiale du groupe chinois ByteDance, d'inciter les enfants à y passer toujours plus de temps. Aux Etats-Unis, TikTok est accessible aux moins de 13 ans tant qu'ils utilisent une version modifiée pour eux. «Nous savons que cela a des effets dévastateurs sur la santé mentale et le bien-être des enfants. Mais nous ne savons pas ce que les entreprises elles-mêmes savaient et depuis quand», a déclaré Rob Bonta.

Dangers physiques et psychologiques

Cette investigation fait suite à celle menée par de nombreux procureurs généraux sur Meta, la maison mère de Facebook. Ils reprochent au géant des réseaux sociaux de promouvoir Instagram auprès des plus jeunes et d'avoir ignoré des rapports internes sur les souffrances que peut susciter l'application, d'après des documents révélés à l'automne par la lanceuse d'alerte Frances Haugen.

Leurs propres recherches «montrent que l'utilisation d'Instagram est associée à des risques accrus de dommages à la santé physique et mentale des jeunes, tels que:

  • La dépression,
  • Les troubles de l'alimentation,
  • ou même «le suicide», avait alors souligné la procureure générale du Massachusetts Maura Healey.
«Meta n'a pas réussi à protéger les jeunes sur ses plateformes et a choisi à la place d'ignorer voire, dans certains cas, de renforcer des pratiques qui constituent une menace réelle pour la santé physique et mentale - exploitant ainsi les enfants pour faire des profits»
Maura Healey, procureure générale du Massachusetts communiqué

Missives peu contraignantes

Les Etats américains veulent examiner les «techniques utilisées par TikTok pour encourager les jeunes» à y passer plus de temps, à réagir aux contenus et interagir avec les créateurs, ont-ils indiqué dans un communiqué mentionnant la Californie, la Floride, le Kentucky, le Massachusetts, le Nebraska, le New Jersey, le Tennessee et le Vermont. Il s'agit de «protéger les enfants et de soutenir les parents», a assuré le procureur général du Vermont, Thomas Donovan.

TikTok a réagi à l'annonce de l'enquête en promettant de «fournir des informations sur les nombreux mécanismes de sécurité et de protection de la vie privée que nous avons pour les adolescents», a indiqué un porte-parole avant d'ajouter: «Nous sommes très soucieux de construire une expérience favorable au bien-être de notre communauté, et nous apprécions que les procureurs généraux se concentrent sur la sécurité des plus jeunes utilisateurs».

Les autorités américaines ont eu beau durcir le ton ces dernières années contre les grandes plateformes qui ont accumulé d'immenses pouvoirs économiques et politiques, elles manquent de solutions concrètes et rapides, étant donné les délais dans les tribunaux ou les contraintes pour faire passer de nouvelles lois.

Pour cause, en septembre, Instagram a suspendu le développement de sa version destinée aux moins de 13 ans, mais d'une façon générale, les remontrances et accusations des élus et procureurs ont eu peu de conséquences tangibles sur les entreprises concernées.

«Je ne crois pas que TikTok ait beaucoup de raisons de s'inquiéter. Ils vont devoir faire le même numéro que Meta, c'est-à-dire détailler leurs fonctionnalités pour la sécurité, mais cela ne va pas avoir d'effet sur les usages»
Carolina Milanesi, analyste de Creative Strategiesap

«Instagram a expliqué qu'il ne crée pas les contenus, ce sont les jeunes qui les mettent en ligne et les regardent. Bien sûr, mais ils ont quand même une responsabilité en termes de gestion des contenus, et c'est là que tout devient flou», a conclu l'analyste Carolina Milanesi. (ats/mndl)

20 photos qui prouvent qu'humainement, c'est un fail.

1 / 23
20 photos qui prouvent qu'humainement, c'est un fail.
partager sur Facebookpartager sur Twitterpartager par WhatsApp

Copin comme cochon: Les stories Instagram

Plus d'articles sur les réseaux sociaux

Comment lutter contre les photos non-consenties sur les réseaux sociaux?

Link zum Artikel

Dr. Nicki Minaj peut-elle faire capoter la campagne de vaccination?

Link zum Artikel

Mariage pour tous: «On m'a menacée de mort sur Instagram»

Link zum Artikel

Partage de nudes chez les jeunes, attention danger!

Link zum Artikel
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Pourquoi nous devons à nouveau nous inquiéter du fascisme
Vladimir Poutine a transformé la Russie en un Etat fasciste. Les Etats-Unis pourraient prendre le même chemin.

Dans son ouvrage monumental sur l'histoire du 20e siècle, l'historien britannique Ian Kershaw constate qu'il est impossible de définir le fascisme. C'est comme si on essayait de remplir une passoire d'eau.

L’article