International
Transports

Espagne: après l'accident de train, le long travail d'identification

Des membres des équipes de secours arrivent sur les lieux de la collision entre deux trains à grande vitesse (AVE en espagnol), l'un de Renfe et l'autre d'Iryo, dans la commune d'U ...
L'Espagne est en deuil. Le bilan provisoire de l'accident fait état de 69 victimes.Image: keystone

«Il pourrait y avoir davantage de morts»: l'Espagne angoisse

Après la collision meurtrière de deux trains en Espagne, les secours poursuivent leurs recherches et l'identification des victimes, tandis que l'enquête pour établir les causes du drame avance.
30.10.2026, 15:4530.10.2026, 15:45
Óscar DEL POZO, Urda et Robin BJALON, Tolède, Espagne / AFP

L'Espagne a intensifié vendredi le travail d'identification des victimes de la collision de deux trains qui a fait au moins 69 morts mercredi dans le centre du pays, afin de répondre à l'angoisse des familles qui restent sans nouvelles de leurs proches.

A l'issue d'une réunion avec les services de secours près d'Urda, où s'est produite la catastrophe, le premier ministre Pedro Sánchez a indiqué:

«Nous travaillons sans relâche, tous services de l'Etat confondus (…) pour tenter de fournir le maximum d'informations le plus rapidement possible, de manière fiable, aux familles des victimes.»

Il s'agit du second accident de cette ampleur en moins d'un an dans le pays, après celle d'Adamuz (sud), qui avait fait 46 morts en janvier.

Pedro Sánchez.
Pedro Sánchez.Image: Imago

Une attente interminable

Pedro Sánchez a réaffirmé «l'engagement» de «communiquer (aux familles) le sort de leurs proches au fur et à mesure que progresse l'ensemble du processus d'identification (…) des victimes de ce terrible accident», survenu lorsqu'un train de la compagnie publique Renfe est venu percuter par l'arrière un autre train de la compagnie privée Iryo, à l'arrêt sur la voie, à 150 kilomètres au sud de Madrid.

Javier Barrio, à la recherche de son épouse, qui effectuait un dernier déplacement professionnel à bord de l'un des trains accidentés avant de prendre sa retraite, assure de son côté:

«Nous faisons ce que nous pouvons, nous pleurons, j'ai mes deux enfants ici qui me soutiennent beaucoup, mais nous traversons des moments très difficiles.»

«Je n'ai pas la confirmation du décès», mais «les chances» de la retrouver vivante sont «infimes», a reconnu cet homme présent à Tolède, dont la morgue accueille les opérations d'identification et où des dizaines de proches attendent des nouvelles, les nerfs à vif.

Les efforts de recherche, comme ceux d'identification, se poursuivent de jour comme de nuit.
Les efforts de recherche, comme ceux d'identification, se poursuivent de jour comme de nuit.Image: Imago

D'autres décès «pas exclus»

Emiliano García-Page, le président de la région Castille-La Manche, où les faits se sont produits, a précisé que «70 signalements pour disparition» avaient été enregistrés. Ce qui pourrait correspondre aux personnes décédées. Pour faciliter le travail d'identification, les familles ont fourni leur ADN.

«Nous n'excluons pas qu'il puisse y avoir davantage de morts», a averti Emiliano García-Page, en précisant qu'en plus d'avoir récupéré «des corps complets», les secouristes ont rassemblé «jusqu'à 31 sacs contenant des restes partiels et cela, comme vous pouvez l'imaginer, rend l'identification extrêmement complexe».

A ce stade, «48 autopsies» ont été réalisées et «5 identifications ont été communiquées aux familles des victimes», a précisé jeudi soir l'organisme judiciaire chargé de ce travail.

Trente-neuf blessés sont toujours hospitalisés, mais tous présentent «une évolution (de leur état de santé) raisonnablement positive», a ajouté Emiliano García-Page.

Avec l'aide de trois énormes grues blanches et de chiens, les opérations de recherches de victimes se poursuivaient vendredi parmi l'amas de ferraille que sont devenus plusieurs wagons, même s'il «reste de moins en moins de choses à découvrir», a souligné à la télévision publique TVE Esther Padilla, porte-parole du gouvernement de Castille-La Manche.

Un homme fond en larmes dans l'attente des résultats de l'identification des dernières victimes, le 30 octobre.
Un homme fond en larmes dans l'attente des résultats de l'identification des dernières victimes, le 30 octobre.Image: JAVIER SORIANO / AFP

Environ 200 km/h

Parallèlement à ce travail d'identification, l'enquête sur les causes de l'accident se poursuit dans un climat de stupeur, l'Espagne étant un pays où le train est un moyen de transport très utilisé.

Le ministre des transports, Óscar Puente, qui a pointé du doigt une «erreur» humaine et des «circonstances inexplicables», a indiqué que les faits avaient débuté par une panne informatique ayant obligé plusieurs trains à s'arrêter.

Óscar Puente.
Óscar Puente.Image: Imago

Mais, selon les premiers éléments, peu après, un «ordre erroné» a été donné depuis le centre de contrôle de Madrid pour que le train de la Renfe reprenne sa marche.

Ce train aurait ensuite percuté l'autre, à l'arrêt, «à une vitesse estimée entre 160 et 200km/h», selon une première note d'information de l'autorité administrative indépendante chargée d'enquêter sur ces accidents.

«La confiance dans le système de trains à grande vitesse de notre pays est entamée», a reconnu vendredi Pedro Sánchez, face aux critiques croissantes de l'opposition de droite à moins d'un mois des élections législatives du 29 novembre, lors desquelles le dirigeant socialiste brigue sa réélection alors que les sondages lui sont défavorables. Il a conclu:

«Le rôle du gouvernement n'est pas seulement d'établir un diagnostic, mais de connaître les causes et d'offrir des solutions pour qu'une tragédie d'une telle ampleur (…) ne se reproduise pas.»
Les grues s'affairent à soulever les décombres, à la recherche de corps.
Munies de grues, les équipes de recherche s'affairent à soulever les décombres, en quête de corps.Image: Imago
La collision entre deux trains en Espagne
1 / 17
La collision entre deux trains en Espagne
source: sda / ismael herrero
partager sur Facebookpartager sur X
Il roule en vélo électrique dans un tunnel d'autoroute
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
«Je n'ai pas de cellulite»: le Brésil se moque de Flavio Bolsonaro
Après sa défaite électorale, Flavio Bolsonaro revendique un rôle de leader depuis les Etats-Unis. Une posture qui suscite l'indignation et divise profondément la droite brésilienne.
C'est la dernière plaisanterie virale au Brésil. «J'auto-déclare que je n'ai pas de cellulite», clame la popstar Anitta. L'influenceur Felipe Neto se décrit comme le «véritable président élu de Twitter», et une internaute comme la «gagnante du prochain loto».
L’article