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L'histoire de ce Russe décédé illustre l'efficacité de la propagande de Poutine

Sergey, 22 ans, issu d'un petit village russe, a perdu la vie sur le front ukrainien. L'impact de son décès montre comment les médias et l'enseignement sont instrumentalisés par le pouvoir.
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24.04.2022, 12:06

Le 23 mars, le soldat russe Sergey Muraviev a perdu la vie lors de l'invasion de l'Ukraine. Selon l'armée russe, le jeune homme de 22 ans est décédé dans le sud-est du pays, dans la région de Zaporijia. Son corps a ensuite été rapatrié en Russie, dans son village natal de Komary, situé non loin de la frontière avec la Biélorussie. C'est là qu'ont eu lieu les funérailles du soldat, auxquelles ont également assisté des journalistes de la chaîne britannique ITV.

Le reportage de la chaîne montre l'efficacité de la propagande russe, surtout dans ce type de localités. Komary est loin des grandes villes du pays. La plus proche, Smolensk, est à quatre heures de route. Le village est pauvre et l'accès aux médias quasi inexistant. Dans la localité, il n'y a pratiquement que la télévision d'Etat russe qui est disponible. Depuis le début de l'«opération spéciale» – comme on appelle la guerre en Russie – le média d'Etat répète sans cesse que l'objectif est de lutter contre les prétendus nazis en Ukraine.

Avec ce message, le gouvernement russe trouve une oreille réceptive dans des villages comme Komary. Ces petites localités de l'ouest du pays gardent, en effet, un souvenir fort de l'invasion de la région par l'Allemagne nazie. L'armée d'Adolf Hitler est passée par Komary lors de son attaque contre la Russie, en 1945, et a laissé le village dévasté. Toutes les maisons sauf une avaient été entièrement brûlées.

La peur du nazisme est donc omniprésente sur place. «Nos grands-pères et arrière-grands-pères ont défendu le pays», explique Svetlana, la tante de feu Sergey:

«Maintenant, c'est au tour de nos fils. Ou même nous, les plus âgés, si on a besoin de nous»
La tante de Sergey, Svetlana.
La tante de Sergey, Svetlana.screenshot: itv

La famille soutient donc la guerre de Poutine, malgré le deuil, selon la mère de Sergey, Natalia. La tante Svetlana souligne à quel point les Ukrainiens sont dangereux... selon ce qu'elle sait:

«Ce ne sont même pas des fascistes. Ce sont des satanistes. Ils terrorisent des citoyens pacifiques, des femmes et des enfants. Il faut que cela cesse.»

Ainsi, Poutine ne s'intéresse qu'à protéger son peuple, croit-elle. «Il veut aider, pas conquérir d'autres territoires.»

Malgré leur tristesse, les parents de Sergey soutiennent «l'opération spéciale» de Poutine.
Malgré leur tristesse, les parents de Sergey soutiennent «l'opération spéciale» de Poutine.screenshot: itv

Le cas de Sergey montre également l'importance de l'armée en Russie. Il a toujours rêvé de devenir soldat, un jour, raconte sa mère Natalia:

«Nous avons des photos de lui à la maison lors de séances photos à l'école, où il disait: Je veux porter un uniforme militaire!»

A l'âge de 20 ans, il s'est alors engagé dans l'armée. Il a d'abord servi dans l'enclave russe de Kaliningrad avant d'être envoyé en Ukraine. Sa famille ne sait pas ce qu'il faisait exactement là-bas.

Après sa mort, Sergey est devenu un héros dans son village. Son engagement et ses valeurs doivent donc être transmis aux générations suivantes. Des écoliers lui ont écrit des lettres après sa mort et ont dessiné des images le représentant avec des tanks en guerre.

En outre, les enfants de l'école sont incités à écrire des lettres aux soldats en Ukraine et à les encourager ainsi dans leur engagement «héroïque». (dab/adapté par jah)

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