International
armes

La Slovaquie arrête de livrer des armes

La Slovénie a livré plusieurs jets de combat MiG-29 à l'Ukraine.
La Slovaquie a livré plusieurs jets de combat MiG-29 à l'Ukraine.x

Kiev perd un précieux allié

Coup dur pour l'Ukraine: le nouveau Premier ministre slovaque, Robert Fico, a annoncé ce jeudi l'arrêt des livraisons d'armes à Kiev. Le pays avait notamment fourni des avions de chasse.
26.10.2023, 15:0626.10.2023, 20:31

Le nouvel homme fort de Slovaquie, Robert Fico, a mis ses menaces à exécution: ce jeudi, il a annoncé que son pays allait arrêter de livrer des armes à Kiev.

«Nous considérons l'aide à l'Ukraine uniquement comme une aide humanitaire et civile, nous ne fournirons plus d'armes à l'Ukraine», a déclaré Fico au lendemain de sa nomination à la tête du gouvernement. Et d'ajouter:

«La guerre en Ukraine n'est pas la nôtre, nous n'avons rien à voir avec cette guerre»
Robert Fico

Après la victoire aux législatives, le 11 octobre, Robert Fico avait déclaré que les Slovaques avaient «des problèmes plus importants que l'Ukraine» et appelé à des pourparlers de paix, car «de nouvelles tueries n'aideront personne».

Pourtant, jusqu'à présent, la Slovaquie a apporté un fort soutien à l'Ukraine. Bratislava a notamment livré à Kiev:

  • 13 jets de combat MiG-29
  • 4 hélicoptères Mi-17
  • 2 hélicoptères Mi-2
  • 1 système antiaérien S-300
  • 24 obusiers ShKH Zuzana
  • 30 blindés 30 BVP-1

La Slovaquie a, en outre, fourni de nombreux missiles et a réparé les armements utilisés par les soldats ukrainiens.

Selon le Kiel Institute, la valeur totale d'aide annoncée, principalement militaire, s'élevait au 31 juillet à 680 millions d'euros (643 millions de francs). La Slovaquie compte parmi les pays qui ont effectué le plus gros effort rapporté à son PIB (0,65%), derrière la Norvège, les pays baltes, le Danemark et la Pologne.

Valeur symbolique

La décision du Premier ministre slovaque est, surtout, très importante sur le plan symbolique. Il s'agit en effet du premier revirement de ce genre de la part des alliés occidentaux de l'Ukraine.

Selon Branislav Kovacik, politologue à l'université Matej Bel, le matériel que pourrait fournir la Slovaquie ne manquera pas à l'Ukraine, «mais cette position a une valeur symbolique importante», a-t-il ajouté.

«Toute perte d'unité et de soutien a une signification symbolique»
Branislav Kovacik, politologue à l'université Matej Bel, à l'AFP

La Slovaquie est l'un des pays les plus pro-russes de l'Union européenne, selon le groupe de réflexion Globsec, basé à Bratislava. Seuls 40% de ses habitants considèrent que la Russie est responsable de la guerre, contre 85% en Pologne et 71% en République tchèque.

La Pologne aussi

La Pologne, un autre partenaire important de l'Ukraine, a récemment annoncé l'arrêt de fournitures des armes à Kiev. Cette décision avait été prise en réaction à des déclarations du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui avait dénoncé le fait que «certains pays feignent la solidarité avec l'Ukraine en soutenant indirectement la Russie».

Les relations entre les deux pays s'étaient considérablement refroidies suite au conflit sur les céréales ukrainiennes.

Pourtant, la décision de la Pologne pourrait être révisée, suite à la défaite des populistes nationalistes aux législatives d'octobre. (ats/asi)

Les croix blanches sur les chars ukrainiens
1 / 9
Les croix blanches sur les chars ukrainiens
A Shandrygolovo, près de Lyman.
partager sur Facebookpartager sur X
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
On est retournés chez Shein à Paris et c'était glauque
Inaugurée en grande pompe en novembre dernier, la première boutique physique de Shein au monde, installée au BHV à Paris, avait fait couler beaucoup d’encre et attiré les foules. Près de six mois plus tard, l’ambiance a radicalement changé. Reportage.
Il y a encore quelques années, aller au BHV faisait partie du rituel de tout bon touriste à Paris. Une sorte de passage obligé, entre deux balades dans le Marais. On y croisait du monde. Trop parfois. Mais c’était vivant.
L’article