DE | FR

Covid et vaccination: le variant Delta change-t-il la donne pour les enfants?

Nicholas Wood / the conversation
Un article de The Conversation
The Conversation
Pour l’instant, le coronavirus reste peu dangereux pour les enfants, mais ce n’est pas une raison pour le laisser circuler parmi eux.
05.09.2021, 17:0905.09.2021, 19:07

En juillet la Therapeutic Goods Administration a approuvé provisoirement la vaccination des enfants de 12 à 15 ans par le vaccin anti-Covid-19 de Pfizer.

L'Australian Technical Advisory Group on Immunisation (commission technique des vaccinations australienne) a dans un premier temps recommandé que soient prioritairement vaccinés les adolescents de cette tranche d'âge affectés par des maladies chroniques, les jeunes Aborigènes et Indigènes du détroit de Torrès, ainsi que les enfants vivant dans des communautés isolées.

Cette recommandation a récemment été élargie à tous les adolescents de plus de 12 ans, à l'image des stratégies mises en place dans des pays comme les États-Unis et le Canada.

Mais qu'en est-il des enfants de moins de 12 ans qui, en Australie, représentent une large proportion des nouvelles infections actuelles?

Les enfants doivent-ils se faire vacciner? Quels bénéfices en espérer, pour eux et pour le reste de la communauté ? Et comment savoir si les vaccins sont sans danger et efficaces pour les plus jeunes?

La Covid-19 chez les enfants

Fort heureusement, tous ces mois de pandémie nous ont appris que les enfants avaient jusqu'à présent très peu de risque de développer des formes sévères de la Covid-19, ou d'en décéder.

Les données australiennes collectées du 1er janvier au 1er août de cette année indiquent que 2.5 % des enfants de moins de neuf ans et 2.9 % des enfants et adolescents âgés de 10 à 19 qui ont contracté la Covid-19 ont dû être hospitalisés. En comparaison, ce pourcentage atteint 7.7 % chez les jeunes adultes âgés de 20 à 29 ans.

Nombre d'hospitalisations et d'admissions en soins intensifs dues au Covid, par groupe d'âge, du 1er janvier au 1er août 2021, en Australie.

Source: National Notifiable Disease Surveillance System (NNDSS), via Department of Health
Source: National Notifiable Disease Surveillance System (NNDSS), via Department of Health

En Nouvelle-Galles du Sud, le nombre de cas chez les enfants est en augmentation, mais cela ne s'est pour l'instant pas traduit par une augmentation des hospitalisations en service pédiatrique.

Des données récentes en provenance des États-Unis indiquent quant à elles que les admissions d'enfants à l'hôpital pour cause de Covid-19 sont plus nombreuses que l'an dernier à la même période. Elles révèlent aussi une augmentation des infections par le variant Delta dans ces classes d'âges.

La question du Covid long

Mais même si le taux d'hospitalisations a augmenté, il demeure bas. Chez les enfants et adolescents âgés de 17 ans et moins, il est de 0.38 pour 100 000 personnes, ce qui est bien inférieur aux taux enregistrés chez les adultes de 60 à 69 ans (5.63 per 100 000) ou chez ceux âgés de plus de 70 ans (8.07 per 100 000).

Toutefois, certains enfants souffrant de maladies chroniques risquent davantage de développer des formes sévères de la maladie, c'est pourquoi l'ATAGI les a classés parmi les groupes prioritaires en matière de vaccination.

La question du risque de développement de formes longues de la COVID-19, se pose également. Cette complication de l'infection se manifeste par des symptômes de long terme : essoufflement, anxiété, diminution de l'attention et de la concentration?

Des résultats récents paraissent toutefois plutôt rassurants : parmi les enfants sur lesquels portait cette étude, seule une petite proportion s'est avérée présenter de tels symptômes au-delà de quatre semaines après l'infection initiale par la Covid-19. En outre, au bout de huit semaines, presque tous les enfants avaient récupéré.

Quels sont les bénéfices de la vaccination pour les enfants ?

Le variant Delta est plus infectieux que les autres souches du coronavirus. Il infecte de ce fait davantage d'enfants. Provoque-t-il une maladie plus grave chez ces derniers ? Pour l'instant, il n'existe pas encore de consensus scientifique sur la réponse à cette question. Mais quoi qu'il en soit, il est certain qu'une petite proportion d'enfants tomberont davantage malades que les autres, et que leur état nécessitera une hospitalisation.

Il pourrait donc être bénéfique de vacciner les enfants afin de protéger chacun d'entre eux, à condition bien entendu que les vaccins s'avèrent sûrs et efficaces chez les jeunes enfants également. Avant de vacciner les enfants de moins de 12 ans, nous aurons donc besoin d'analyser les données des essais cliniques réalisés dans cette tranche d'âge afin d'en évaluer la sécurité et l'efficacité.

Les enfants qui contractent la Covid-19 n’ont généralement pas besoin d’être hospitalisés.
Les enfants qui contractent la Covid-19 n’ont généralement pas besoin d’être hospitalisés.

La raison pour laquelle il est important de mener des essais cliniques ciblant spécifiquement les enfants est que leur système immunitaire diffère de celui des adultes. De ce fait, les enfants pourraient par exemple ressentir des effets secondaires différents après la vaccination, ou nécessiter une dose de vaccin plus faible.

Où en sont les essais cliniques ?

Les essais cliniques des vaccins à ARNm de Pfizer et de Moderna menés sur des enfants âgés de 12 ans et plus ont donné de bons résultats (pour le moment, en Australie, le vaccin de Moderna n'est autorisé que pour les adultes, mais une autorisation provisionnelle pour les 12-17 ans pourrait être accordée début septembre, ndlr).

Concernant les moins de 12 ans, des enfants sont en cours de recrutement aux États-Unis dans le cadre de l'essai clinique KidCOVE mené par Moderna. Jusqu'à présent, 7 000 enfants y ont déjà pris part. Dans le même temps, Pfizer ambitionne de recruter 4 500 enfants âgés de moins de 12 ans, aux États-Unis et dans d'autres pays.

Ces études portent sur trois classes d'âge différentes : les enfants âgés de six à onze ans, ceux âgés de deux à cinq ans, et ceux dont l'âge est compris entre six mois et moins de deux ans. Elles visent à évaluer la sécurité et la qualité des réponses immunitaires obtenues après deux injections de vaccins.

Jusqu'à trois doses de vaccins différentes - plus ou moins importantes - seront testées. Dans le cas du vaccin de Pfizer, lesdites trois doses seront de 10 microgrammes, 20 microgrammes, et 30 microgrammes (cette dernière étant celle délivrée aux adolescents les plus âgés et aux adultes).

Concernant le vaccin anti-Covid-19 d'AstraZeneca, un essai clinique avait été entamé en mars 2021 au Royaume-Uni, chez des enfants âgés de 6 à 17 ans. Il a cependant été interrompu par mesure de précaution, à la suite de signalements de survenue caillots sanguins chez des adultes ayant reçu ce vaccin.

Qu'en est-il des bénéfices collectifs ?

La vaccination des jeunes enfants réduira-t-elle la transmission dans la communauté et améliorera-t-elle notre protection collective ?

Dans sa récente modélisation datée du 10 août 2021, le Peter Doherty Institute for Infection and Immunity (joint venture entre l'Université de Melbourne et le Royal Melbourne Hospital, ndlr) n'a pas évalué l'impact de la vaccination des enfants de moins de 12 ans sur la réduction de la transmission communautaire.

D'autres modèles suggèrent toutefois que la vaccination des jeunes enfants et des adolescents jouera un rôle important dans l'atteinte de l'immunité collective en Australie.

Et maintenant ?

Vous vous demandez peut-être quand les enfants de moins de 12 ans pourront être vaccinés. Pour faire court : on ne le sait pas encore. Il faut toutefois garder à l'esprit que les enfants semblent toujours moins susceptibles de se retrouver hospitalisés pour cause de Covid-19 que ne le sont les adultes.

Actuellement, il est prévu que les premières données issues des essais cliniques visant à évaluer la sécurité et l'efficacité des vaccins chez les enfants de moins de 12 ans seront disponibles pour examen plus tard dans l'année.

Des travaux ont montré que la plupart des cas observés chez les enfants à Sidney seraient dus à une transmission au sein du foyer, souvent par un adulte infecté. Pour l'instant, la meilleure façon de protéger les jeunes enfants est donc de veiller à ce que le plus grand nombre possible d'adultes soient entièrement vaccinés.

Une couverture vaccinale communautaire élevée sera également bénéfique pour les plus jeunes, en ce sens qu'elle limitera la nécessité de fermer les écoles, ce qui peut avoir des effets négatifs sur l'éducation, la socialisation et la santé mentale des enfants.

Cet article a été publié initialement sur The Conversation. Watson a changé le titre et les sous-titres. Cliquez ici pour lire l'article original

Une année de confinement en images

1 / 15
Une année de confinement, en images
source: keystone / ennio leanza
partager sur Facebookpartager sur Twitterpartager par WhatsApp

Talk: Loan, 20 ans, sportif avec un covid long

Plus d'articles sur le Covid

L'appel des scientifiques pour un assouplissement des mesures anti-Covid

Link zum Artikel

Peut-on faire un Covid long tout en étant vacciné?

Link zum Artikel

Ils sont UDC, ministres de la santé et soutiennent la loi Covid

Link zum Artikel

Le deuxième référendum contre la loi Covid a abouti

Link zum Artikel
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Bouhafs, burkini, Mélenchon: l'alliance à gauche va-t-elle se crasher?
Si, à un mois des législatives françaises, les sondages donnent l'avantage en voix à la NUPES, l'alliance à gauche emmenée par Jean-Luc Mélenchon, de gros nuages apparaissent, qui menacent cette coalition fragile.

Il reste un petit mois jusqu’au premier tour des législatives françaises et l’on se demande si l’alliance à gauche ne va pas exploser d’ici là. La NUPES, pour Nouvelle union populaire écologique et sociale, un jeu de dupes! C’est le jeu de mots du moment. Distillé par des dissidents, qui prient chaque jour que Twitter fait pour que l’accord conclu la lame sous la gorge par les socialistes et les écologistes avec «Don» Mélenchon, le nouveau parrain de la gauche tricolore, finisse dans la sciure tel le sang du poulet.

L’article