Le Venezuela compte plus de 1430 morts après les séismes
Au moins 920 morts et plus de 50 000 disparus: le bilan du double séisme au Venezuela continuait de s'alourdir samedi, alors que l'aide humanitaire américaine commence à parvenir.
Un nouveau-né a été secouru des décombres d'un bâtiment effondré, 32 heures après les deux séismes qui ont dévasté le Venezuela. Une vidéo obtenue par l'AFP montre des sauveteurs travaillant sous un projecteur au sommet d'un amas de gravats et sortant le nourrisson sous les applaudissements, tard vendredi, à La Guaira.
Une piste de l'aéroport de Caracas a été rouverte et accueille des avions américains transportant de l'aide humanitaire, a annoncé un haut responsable américain samedi, trois jours après le double séisme qui a frappé le Venezuela.
Sept millions de personnes affectées
Les secousses de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont frappé le nord du pays mercredi ont laissé un paysage de dévastation, avec d'innombrables immeubles effondrés, en particulier à La Guaira, ville côtière voisine de Caracas, où la population dénonce l'insuffisance des opérations de secours locales.
Le nombre de morts est passé à 920 vendredi, a annoncé le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez. Près de sept millions de personnes seraient affectées par les deux séismes, ont estimé samedi les Nations unies.
«Jusqu'à 6,76 millions de personnes pourraient avoir été touchées par les séismes dévastateurs qui ont frappé le Venezuela», dont deux millions rien qu'à Caracas, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
A Genève, le responsable de l'aide humanitaire de l'ONU, Tom Fletcher, a déclaré à l'AFP que plus de 50 000 personnes étaient portées disparues. Le bilan devrait donc «s'alourdir considérablement», dans le contexte «d'une opération de secours extrêmement complexe».
Montagnes de gravats
A La Guaira, beaucoup d'immeubles ne sont plus que montagnes de gravats. Familles, voisins et bénévoles réclament des machines spécialisées pour pouvoir couper les barres d'acier ou déplacer les imposants blocs de pierre.
Lors d'une allocution dans la nuit de vendredi à samedi, la présidente par intérim Delcy Rodriguez, au pouvoir depuis la capture de Nicolas Maduro par les Etats-Unis en janvier, a annoncé que 14 000 militaires et policiers avaient été déployés dans l'Etat de La Guaira, «militarisé pour garantir la sécurité». L'AFP avait constaté jeudi des pillages dans cette zone.
Aide internationale
Près de 48 heures après les séismes, des équipes internationales de recherche et de sauvetage d'au moins 17 pays, dont la Suisse, ont commencé à intervenir dans ce pays en crise, au système de santé en piteux état.
Les Etats-Unis ont annoncé vendredi qu'ils déploieraient une équipe de 250 personnes sur place, après avoir proposé 150 millions de dollars et envoyé deux navires de guerre, des avions de transport et des hélicoptères.
Devant un ensemble de cinq immeubles effondrés à La Guaira, le chef d'un contingent de secouristes chiliens, Nadiomar Polanco, a estimé qu'il y avait «malheureusement (...) peu de chances de retrouver des personnes en vie». Son équipe, la première arrivée sur place selon lui, se concentre sur la recherche de corps de «personnes déjà décédées».
Au moins 28 personnes de nationalité ou d'origine portugaise, sept Chinois, cinq Espagnols, deux Brésiliens, un Chilien et un Italo-Vénézuélien figurent parmi les morts.
Présidente huée
A La Guaira, où se trouve le principal aéroport du pays, rendu inutilisable par le séisme, certains habitants tentent de dégager eux-mêmes leurs proches ensevelis. «Les autorités ne servent à rien. Les militaires devraient être là avec toute leur machinerie», dénonce Argenis Méndez, un habitant.
La présidente Delcy Rodriguez a été huée vendredi près d'un immeuble effondré dans un quartier aisé de Caracas. «Ça suffit de faire campagne au milieu d'une tragédie comme celle que nous vivons», lui ont lancé un groupe de riverains et de proches de personnes prises au piège sous les décombres, a constaté une journaliste de l'AFP.
Rodriguez a ensuite déclaré avoir reçu un appel du président américain Donald Trump et de son secrétaire d'Etat Marco Rubio, qui l'ont assurée de leur soutien «en cette période difficile pour le Venezuela».
La dirigeante de l'opposition et prix Nobel de la paix Maria Corina Machado a elle demandé la libération de «tous les prisonniers politiques», civils comme militaires, «pour qu'ils puissent être réunis avec leurs familles en ces heures tragiques». (tib/ats)
