«Terrifiant», «inacceptable»: les violences à Belfast indignent
Anselme Shima, habitant originaire de République démocratique du Congo:
«C'est terrifiant», a dit à l'AFP cet homme de 48 ans arrivé en 2013 en Irlande du Nord. «C'était très difficile à regarder. J'ai des enfants à la maison. Et ce matin, je me demande si je peux les envoyer à l'école».
Jamie Corry, habitant dont la maison a été détruite:
"J'ai regardé la maison partir en fumée, lentement mais sûrement. (...) Ça faisait 13 ans qu'on était dans cette maison. Toutes ces choses vont être remplacées, mais ce qui a une valeur sentimentale ne pourra pas l'être", a-t-il dit devant sa maison calcinée dans l'est de Belfast.
Norma, une habitante:
«Je ne suis pas sortie hier soir. Je ne voulais tout simplement pas revivre ça», a-t-elle raconté. Les violences lui ont rappelé la période des «Troubles» en Irlande du Nord, qui ont opposé pendant trois décennies jusqu'en 1998 républicains, surtout catholiques, partisans d'une réunification avec l'Irlande, et unionistes protestants, défenseurs de l'appartenance de l'Irlande du Nord à la Couronne britannique.
Camila Flores, une Chilienne évacuée:
«Je ne m'attendais pas à voir des gens manifester depuis ma fenêtre, mettre le feu. (...) C'est un peu effrayant», a déclaré cette femme de 36 ans arrivée il y a un mois à Belfast pour travailler dans la recherche contre le cancer à l'université. Elle a été évacuée d'un immeuble à la périphérie du centre ville, en proie à un incendie.
La famille de la victime de l'attaque:
Un homme d'une quarantaine d'années a été gravement blessé lundi soir dans l'attaque au couteau pour laquelle un réfugié soudanais a été inculpé. La vidéo de l'agression, largement diffusée sur les réseaux sociaux, a choqué le pays. Sa famille a appelé au calme.
«De nombreux migrants apportent une contribution extrêmement précieuse à notre pays, notamment dans notre système de santé et dans le secteur de l'hôtellerie, et nous dépendons d'eux pour faire fonctionner notre pays», a-t-elle ajouté dans un communiqué.
Michelle O'Neill, première ministre d'Irlande du Nord:
«La vidéo montrant des enfants escortés hors de leur domicile sous la protection de la police et d'agents en tenue antiémeute, ne tenant rien d'autre qu'un ours en peluche, m'a brisé le cœur», a-t-elle dit sur X.
The scenes we all saw last night were nothing short of disgraceful.
— Michelle O’Neill (@moneillsf) June 10, 2026
None of this is about community.
It is thuggery. pic.twitter.com/R8P3aTE3ec
Jon Burrows, chef du parti unioniste nord-irlandais UUPIl:
Il a expliqué sur la BBC avoir été menacé mardi soir en tentant d'intervenir lorsque des personnes ont essayé de «harceler» une équipe de journalistes.
Jon Boutcher, chef de la police d'Irlande du Nord:
«C'est très facile, surtout aujourd'hui, d'aller en ligne et de se laisser convaincre par des gens qui ne connaissent rien à l'Irlande du Nord. (...) Arrêtez de regarder ces absurdités. Arrêtez d'écouter ces imbéciles», a-t-il exhorté lors d'une conférence de presse.
(afp)
