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«Terrifiant», «inacceptable»: les violences à Belfast indignent

«Terrifiant», «inacceptable»: les violences à Belfast indignent

Les émeutes anti-immigration qui ont éclaté mardi soir à Belfast en Irlande du Nord, après une attaque au couteau dont le suspect est un réfugié soudanais, ont provoqué la consternation des autorités et l'effarement de résidents rencontrés par l'AFP. Voici leurs citations.
10.06.2026, 18:5110.06.2026, 18:51

Anselme Shima, habitant originaire de République démocratique du Congo:

«C'est terrifiant», a dit à l'AFP cet homme de 48 ans arrivé en 2013 en Irlande du Nord. «C'était très difficile à regarder. J'ai des enfants à la maison. Et ce matin, je me demande si je peux les envoyer à l'école».

Jamie Corry, habitant dont la maison a été détruite:

"J'ai regardé la maison partir en fumée, lentement mais sûrement. (...) Ça faisait 13 ans qu'on était dans cette maison. Toutes ces choses vont être remplacées, mais ce qui a une valeur sentimentale ne pourra pas l'être", a-t-il dit devant sa maison calcinée dans l'est de Belfast.

«Je leur disais: c'est ma propriété, c'est ma propriété! Mais cela n'a pas suffi à la sauver»

Norma, une habitante:

«Je ne suis pas sortie hier soir. Je ne voulais tout simplement pas revivre ça», a-t-elle raconté. Les violences lui ont rappelé la période des «Troubles» en Irlande du Nord, qui ont opposé pendant trois décennies jusqu'en 1998 républicains, surtout catholiques, partisans d'une réunification avec l'Irlande, et unionistes protestants, défenseurs de l'appartenance de l'Irlande du Nord à la Couronne britannique.

«Ça m'a ramenée à l'époque où les Troubles ont commencé ici, quand j'allais à l'école primaire en passant à travers les barricades»

Camila Flores, une Chilienne évacuée:

«Je ne m'attendais pas à voir des gens manifester depuis ma fenêtre, mettre le feu. (...) C'est un peu effrayant», a déclaré cette femme de 36 ans arrivée il y a un mois à Belfast pour travailler dans la recherche contre le cancer à l'université. Elle a été évacuée d'un immeuble à la périphérie du centre ville, en proie à un incendie.

«Je comprends la colère des gens, mais on peut discuter de ces choses-là de manière plus pacifique»
epa13028253 A burnt-out car is seen on McMaster Street following riots in Belfast, Northern Ireland, 10 June 2026. The Police Service of Northern Ireland (PSNI) said there was a night of unrest across ...
Les violences ont déchiré la ville de Belfast.Keystone

La famille de la victime de l'attaque:

Un homme d'une quarantaine d'années a été gravement blessé lundi soir dans l'attaque au couteau pour laquelle un réfugié soudanais a été inculpé. La vidéo de l'agression, largement diffusée sur les réseaux sociaux, a choqué le pays. Sa famille a appelé au calme.

«Nous ne voulons pas que cette terrible tragédie soit utilisée pour diviser les gens ou alimenter l'hostilité»

«De nombreux migrants apportent une contribution extrêmement précieuse à notre pays, notamment dans notre système de santé et dans le secteur de l'hôtellerie, et nous dépendons d'eux pour faire fonctionner notre pays», a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Michelle O'Neill, première ministre d'Irlande du Nord:

«La vidéo montrant des enfants escortés hors de leur domicile sous la protection de la police et d'agents en tenue antiémeute, ne tenant rien d'autre qu'un ours en peluche, m'a brisé le cœur», a-t-elle dit sur X.

«Le racisme est inacceptable, l'intimidation est inacceptable et la violence est inacceptable. Il ne peut y avoir aucune excuse ni aucune justification à ce dont nous avons été témoins hier soir»

Jon Burrows, chef du parti unioniste nord-irlandais UUPIl:

Il a expliqué sur la BBC avoir été menacé mardi soir en tentant d'intervenir lorsque des personnes ont essayé de «harceler» une équipe de journalistes.

«Il s’agissait pour la plupart d'enfants de moins de 16 ans, le visage couvert, convaincus que leur devoir patriotique était d'aller incendier un bus et de tenter d'identifier des maisons liées à des immigrés. Ces scènes étaient absolument horribles»

Jon Boutcher, chef de la police d'Irlande du Nord:

«C'est très facile, surtout aujourd'hui, d'aller en ligne et de se laisser convaincre par des gens qui ne connaissent rien à l'Irlande du Nord. (...) Arrêtez de regarder ces absurdités. Arrêtez d'écouter ces imbéciles», a-t-il exhorté lors d'une conférence de presse.

«Réfléchissez à ce qui s'est passé hier soir et à la terreur que vous avez infligée à des familles innocentes. Une jeune famille avec un bébé de deux mois évacuée. Réfléchissons à la société dans laquelle nous voulons vivre»

(afp)

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