L'étrange «test de Balmoral» soumis aux copines royales
C'est un passage obligé que nous avons toutes et tous dû affronter un jour: l'introduction à notre nouvelle belle-famille. Un moment souvent délicat qui peut tourner au carnage sanglant ou se révéler une véritable partie de plaisir, en fonction de la bonne volonté, des bons sentiments et des structures familiales existantes dans chaque camp respectif.
Avant d'accepter la moitié de leur progéniture, chaque famille a ses valeurs cardinales ou ses rites de passage - parfois subtils, d'autres fois plus abrupts, d'autres fois carrément absurdes. Pour vous citer un exemple personnel, mon grand-père, par exemple, aurait renié et mit à banc de la famille tout petit ami n'aimant pas le vin jaune et l'absinthe. Chacun ses priorités.
Un test «cruel»
La famille royale britannique a beau ne pas avoir grand-chose en rapport avec le commun des mortels, quand il s'agit d'accueillir un nouveau membre au sein du clan, elle se comporte presque comme nous. Presque.
Car, comme l'a bien expliqué dans ses mémoires le majordome Paul Burrell, qui fut pendant des années au service de la défunte reine Elizabeth puis de Lady Diana, les Windsor sont forcément très regardants sur des détails qui nous dépassent. En vigueur depuis l'époque de la reine Victoria, leur rite porte un nom poétique: le «test de Balmoral», du nom du célèbre château familial situé dans les Highlands, en Ecosse.
Aussi isolé et privé que possible, Balmoral est le lieu idéal pour mettre à l'épreuve les prétendantes, tester leur loyauté et leur adaptation aux coutumes tacites de la famille.
«Les personnes extérieures à la famille, et surtout les futures épouses, y étaient amenées comme des spécimens à examiner par la famille pour voir si elles étaient à la hauteur et si elles convenaient», développe l'auteur et ancien employé royal.
Outre des manières irréprochables et un respect absolu pour la hiérarchie en vigueur dans la famille royale, le petit copain ou la petite copine doit en effet être doté de quelques qualités insoupçonnées. A commencer par la chasse.
Et plus particulièrement la chasse à courre, pratique ancestrale et moyenâgeuse qui consiste à poursuivre un animal sauvage avec une meute de chiens jusqu'à son épuisement, sans arme à feu. Un «sport» dont la reine Camilla a toujours été particulièrement friande, mais qui aurait horrifié d'autres compagnes, notamment la princesse Diana.
«Je suis presque certain que Meghan Markle et Kate Middleton ont été profondément choquées par ce carnage, même si Kate, plus habituée aux activités champêtres, a peut-être supporté une partie du processus», a suggéré Ian Pelham Turner. «La chasse au renard est interdite, mais il semblerait que les chasses à courre soient encore pratiquées.»
Paradoxalement, malgré son statut, la future princesse ne doit pas non plus être une fragile: elle pouvoir supporter la vie parfois rude de la campagne et se retrousser les manches. Le château de Balmoral, le sanctuaire le plus privé du monarque, est réputé pour ses conditions de vie rustiques, ses couloirs glacés, ses couvertures rugueuses et sa météo capricieuse.
«C'est un environnement résolument rural», note de son côté l'auteure Hilary Fordwich, également sur Fox. «Ceux qui réussissent le mieux sont ceux qui comprennent le mode de vie rural, comme Kate. Marcher, même par mauvais temps, lui venait naturellement. Elle s'est tout de suite sentie chez elle.»
«Sportive et athlétique, elle appréciait la nature et la randonnée. Elle y prend toujours autant de plaisir. A l'inverse, Meghan a été choquée par la chasse et n'appréciait aucun sport de plein air.»
En effet, si la duchesse de Sussex est réputée avoir eu du mal à apprécier les plaisirs champêtres de Balmoral, Kate est considéré comme ayant réussi le test haut la main. Son amour du grand s'est avéré être un atout. La jeune femme s'est d'ailleurs sentie tellement à l'aise que ses parents ont été invités à un week-end de chasse l'année suivante.
Enfin, une dernière vertu cardinale est celle de l'adaptabilité. Si les conditions de vie à Balmoral sont assez «spartiates» et les journées rythmées par les promenades à la campagne, les parties de chasse et de pêche, les séjours écossais sont aussi l'occasion de nombreux dîners officiels. «Les nouveaux arrivants seront évalués sur leur capacité à se détendre et à interagir avec les différentes générations, tout en respectant les règles tacites de la Firme», note Amanda Matta, commentatrice royale, dans Page Six.
Il s'agit notamment de maîtriser parfaitement les traditions et l'étiquette. Car chaque geste sera observé, scruté, détaillé en silence. Tout comme le dévouement à l'institution monarchique et la loyauté à la Firme. (Effrayant? Au moins, cela vous permettra de relativiser lors de votre rencontre avec vos prochains beaux-parents.)
Les Windsor sont désormais bien placés pour le savoir.
Aujourd'hui, s'il se dit que le test de Balmoral s'est assoupli, il n'en reste pas moins toujours d'actualité pour les nouvelles nouvelles compagnes royales, hommes compris. L'occasion pour les Windsor de s'assurer de la discrétion du nouvel arrivant, mais aussi de sa compatibilité. «Ce n'est pas décisif en soi, mais cela contribue fortement à forger une première impression», conclut Amanda Matta.
La preuve que, parfois, les Windsor sont exactement comme nous.
