Il y a d'abord eu ce que l'on appelle la «rouille marine», qui a gâché le plaisir des habitants et des vacanciers de l'Adriatique. Mais même si ce mucus aquatique peut être désagréable, il n'en demeure pas moins inoffensif. Tout le contraire de l'algue toxique Ostreopsis ovata. Depuis les années 1990, on la détecte régulièrement en Méditerranée, probablement ramenée en Europe par des navires marchands japonais. Sa propagation est régulièrement synonyme d'interdictions de baignade.
En effet, son poison peut déclencher des rougeurs cutanées, des états grippaux, des nausées, des vomissements, des difficultés respiratoires, de la fièvre, une conjonctivite, jusqu'à une perte de connaissance. La plupart du temps, ces symptômes disparaissent au bout de quelques jours. Mais là où l'algue est insidieuse, c'est qu'elle n'est pas visible à l'œil nu.
D'autant qu'elle n'est pas toxique en soi - elle ne le devient que lorsque ses cellules se brisent, par exemple au contact de rochers. «Les fragments de cellules peuvent alors se retrouver dans l'air et on les inhale», explique Maurizio Dionisio, chef de l'autorité environnementale de la région des Abruzzes, cité par le portail tagesschau. Et c'est précisément ce qui pourrait être dangereux, selon les chercheurs.
Puisque ces fragments se libèrent avant tout lors de la décomposition sur les rochers, on est alors relativement en sécurité sur la plage, prévient également Maurizio Dionisio. Ce qui n'a pas empêché l'agence italienne de protection de l'environnement de décréter plusieurs interdictions de baignade par le passé.
Selon l'expert, les algues sont déjà présentes en masse. Dans la région nord-ouest de la Ligurie, par exemple, on a déjà recensé 500 intoxications. Cet été, des concentrations parfois élevées d'Ostreopsis Ovata ont été observées dans la mer.
L'algue trouve désormais des conditions de prolifération idéales dans la Méditerranée, ce qui s'explique aussi par le changement climatique. Selon le haut fonctionnaire italien, le réchauffement de la mer crée un «habitat optimal» pour l'algue, «qui ne survivrait pas ici dans des conditions normales». La température de la Méditerranée a augmenté de 1,2 degré au cours des 40 dernières années, précise encore tagesschau. (lhc)
(Traduit de l'allemand par Valentine Zenker)