Le football suisse s’invite à la table de la nouvelle Ligue des champions. Young Boys s'est qualifié pour la phase de ligue et sa manne fabuleuse de 40 millions de francs.
A Istanbul, les Bernois se sont imposés 1-0 devant Galatasaray six jours après leur victoire 3-2 au Wankdorf. Ils ont forcé la décision sur une rupture conclue par le joker Alan Virginius à la 87e. Quelques secondes avant la réussite du Français, Sandro Lauper avait détourné une frappe de Mauro Icardi qui aurait pu faire mouche...
Face au champion de Turquie, le grandissime favori de cette double confrontation, Young Boys a témoigné d’une réelle maîtrise pour assurer cette qualification amplement méritée. Avec leur esprit de corps et une solidarité sans faille, les «jaune et noir» ont retrouvé au moment opportun les vertus oubliées en début de saison. Les joueurs de Patrick Rahmen ont su éteindre le volcanique stade stambouliote pour signer l’un des plus grands exploits de la riche histoire du club.
On leur promettait l’enfer dans l'enceinte «or et rouge». Mais, en première mi-temps, les Bernois ne l’ont pas vraiment vu. Comme au match aller, le collectif défaillant de Galatasaray fut affligeant. Comment le champion turc, malgré toute la valeur de ses individualités, peut déjouer de la sorte?
A la pause, les Bernois étaient vraiment mal payés. Avec une tête de Silvère Ganvoula sur la transversale à la 31e, ils ont bénéficié d’une occasion en or pour prendre une option décisive sur la qualification. Il y en a eu d’autres dans des transitions menées par Joël Monteiro et par Ebrima Colley dont la vitesse a posé des problèmes insolubles aux Turcs. Seulement, il leur aura manqué un soupçon de lucidité dans le dernier geste pour que la démonstration soit parfaite.
Titularisé dans la cage, Marvin Keller ne fut pas à l’ouvrage. Le remplaçant de David von Ballmoos a juste eu à stopper une frappe sans danger de Kerem Aktürkoglu à la 35e pour l’unique tir cadré des Stambouliotes lors de cette première mi-temps bien curieuse.
Le scénario ne bougeait pas à la reprise. L’emprise territoriale était pour Galatasaray, mais c'est bien YB qui était le plus dangereux. A l’heure de jeu, Zoukrou et Ganvoula étaient, sur un corner botté par Ugrinic, à deux doigts de marquer avec un ballon qui touchait à nouveau un montant de la cage turque. Oui, les Bernois auraient dû classer l’affaire bien avant de s’avancer vers une ultime demi-heure de tous les dangers.
Heureusement, Keller signait l'arrêt qu'il fallait sur une frappe d'Aktürkoglu à la 71e. Dix minutes plus tard, le public, de plus en plus frustré et agacé, a commencé à lancer des bouteilles d'eau à l'adresse des joueurs bernois pour raviver le souvenir du barrage retour Turquie - Suisse de novembre 2005. Avec, heureusement, le même happy end pour le football suisse. (ats/yog)