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F1: Sebastian Vettel prendra sa retraite à l'issue de la saison

epa09960352 German Formula One driver Sebastian Vettel (Aston Martin) arrives at Circuit Barcelona-Catalunya in Montmelo, Barcelona, Spain, 20 May 2022. The 2022 Formula One Grand Prix of Spain will b ...
Vettel en mode hippie, le pilote allemand traînait son spleen en fond de grille depuis un bon bout de temps. Image: keystone

Le baba cool Vettel quittera la F1 à l'issue de la saison

Sebastian Vettel n'est que l'ombre du champion qu'il est. Depuis son passage chez Aston Martin en 2020, l'Allemand n'avançait plus, il préférait parler d'écologie et d'hypocrisie. Il stoppe les frais, définitivement: il mettra fin à sa carrière à l'issue de la saison actuelle.
28.07.2022, 16:1929.07.2022, 12:27

Le poids et l'odeur de la gomme auront donc eu raison de sa passion pour l'automobile. Sebastian Vettel vient d'annoncer son prochain retrait. L'Allemand quittera les paddocks à la fin de la saison actuelle. Le quadruple champion du monde à la conduite de métronome était en perdition ces dernières années.

Fer de lance de l'écurie Red Bull de 2009 à 2014, Sebastian Vettel avait troqué le taureau pour le cheval cabré de la Scuderia Ferrari. Toujours animal sur les circuits, il continuait de régater avec les meilleurs, de gagner des Grands Prix et conclut même la saison 2015 sur la troisième marche du Championnat du monde. Jusqu'en 2020, l'homme restait compétitif, malgré des saisons ponctuées de hauts et de bas. Ses coups de volant faisaient (encore) des dégâts.

En 2021, sous pavillon Aston Martin, «Baby Schumi» passait de terreur à loser. Le volant n'avait plus la même saveur. La recherche de la performance, du détail pour se frotter aux meilleurs fondus des baquets? Tout ça lui semblait obsolète et éculé. Même si sa monoplace Aston Martin n'est pas un cadeau, les mains de l'Allemand semblaient être en mal d'inspiration. Surtout, son esprit était ailleurs, loin des circuits.

«Les temps ont changé, nous ne pouvons plus nous dérober»
Sebastian Vettel au New York times

Plus focalisé sur la construction d'un hôtel à abeilles et au ramassage de déchets à Silverstone, il préférait trimarder en Islande pour visiter une usine de captation de CO2 unique en son genre juste avant le GP d'Italie en 2021. Vettel en oubliait sa conduite virtuose, peut-être conscient de la phase terminale de sa carrière.

Intraitable hier, fragile aujourd'hui. Il macérait dans le ventre mou du classement, très loin du leader Max Verstappen: cinq petits points engrangés au général et une quinzième place. Ses tours de roue n'étaient plus scrutés, c'était surtout au moment où ses commissures de lèvres se mettaient à trembler que les micros se tendaient.

Aston Martin driver Sebastian Vettel of Germany, left, and Haas driver Kevin Magnussen of Denmark attend the driver's parade ahead the Monaco Formula One Grand Prix, at the Monaco racetrack, in M ...
Une rockstar grunge face à Mick Schumacher, son successeur chez Aston Martin?Image: sda

Dans l'univers impitoyable de la F1, l'Allemand commençait à sentir l'indigestion poindre. Non pas que les virages à haute vitesse lui donnaient la nausée, mais surtout qu'hors du baquet, les interrogations sur son appartenance à ce monde lui embrumaient la tête:

«C'est ma passion de piloter une voiture, et j'adore ça. Et à chaque fois que je monte dans la voiture, j'aime ça. Lorsque je sors de la voiture, bien sûr je réfléchis et je me demande aussi si c'est quelque chose que l'on devrait faire: voyager à travers le monde en gaspillant des ressources?»
Vettel sur le plateau de «Question time» sur la BBC

A force de prendre position sur des sujets sociétaux, son rendement en avait pris un gros coup. En témoignait son look qu'on découvrait moins «fit» qu'à l'accoutumée. Vettel, à bientôt 35 ans, n'était plus le pilote ultra compétitif. Cette saison 2022 prenait des airs de baroud médiatico-écologico-sociétal. Dans les médias, il ne s'exprimait plus sur la F1, sauf sur l'affaire des «Red Bull vertes» ou des soucis avec ses pneus pluie, mais tenait le crachoir seulement pour parler de «l'hypocrisie de la discipline».

Le natif d'Heppenheim en venait presque à vomir sur sa discipline, d'un amour désormais empêché par les débordements écologiques.

S'il clamait sa passion de la conduite, Vettel n'appartenait plus au gratin de la F1. S'il profitait encore de l'adrénaline qui lui valait son petit shot de bien-être aux commandes de son bolide, sa parole demeurait encore lucide: il parlait de l'impact de la course automobile, «de la position énorme dans le monde pour offrir du divertissement». Mais ces paroles de vieux sage flairaient bon la fatigue mentale. Le rythme infernal des va-et-vient à l'autre bout du monde, éreinté par le concert des moteurs rugissants dans les paddocks. En un mot: lassé.

Barbe, cheveux mi-longs, petit début de bedaine: Sebastian Vettel n'était plus le champion de F1 lisse et affûté de ses débuts.
Barbe, cheveux mi-longs, petit début de bedaine: Sebastian Vettel n'était plus le champion de F1 lisse et affûté de ses débuts.image: keystone

Sebastian Vettel s'était assagi. Dans son nouveau cheminement, il s'était laissé pousser la barbe, les cheveux, et sous-entend qu'il allait délaisser sa combinaison de pilote pour conseiller un calendrier de courses optimisé:

«Notre calendrier, je pense qu’il pourrait être structuré raisonnablement, pour que nous ne fassions pas des allers-retours pour rien, pour avoir les courses dans des zones [géographiques] similaires. Cela risque de ne pas convenir à certains promoteurs de tenir une course à une période de l’année qui n’est pas optimale pour eux, mais [cette situation] peut évidemment contribuer à une grande partie des émissions [de CO2 ] que nous causons»
Propos recueillis par Motorsport.com

Des propos qui s'inscrivaient dans une certaine tendance du monde automobile. Alex Würz, président de l'Association des pilotes de Grand Prix (GPDA), confiait à Reuters que «la F1 ne peut plus se montrer neutre» et que «cette prise de position des pilotes est la clé pour la durabilité du sport».

Vettel était devenu l'une de ces nouvelles voix qui portent. Lewis Hamilton (inclusion et diversité) et Lando Norris (santé mentale) sont les autres stars de F1 qui s'affirment hors des circuits. Une différence de comportement et une prise de conscience de la part des pilotes qui se manifestent lors des réunions de la GPDA, dont Vettel en est l'actuel directeur. Un rôle qui pourrait occuper son nouvel emploi du temps. Les horizons 2023 seront à n'en pas douter bien différents de ceux de 2022.

Ce sujet a déjà été publié le 11 juin et a été mis à jour suite à l'annonce du pilote.

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