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Le VTT à hydrogène veut conquérir les stations de ski

Ce VTT révolutionnaire veut conquérir les stations de ski
Le VTT à hydrogène de la marque Mizea. image: Impacc

Ce VTT révolutionnaire veut conquérir les stations de ski

Un prototype de VTT à hydrogène s'est fait remarquer ces derniers mois sur les salons spécialisés. Il cible les loueurs en station.
24.01.2026, 07:0124.01.2026, 07:01

Depuis plusieurs mois, un VTT pas comme les autres attire l’attention sur les salons spécialisés, comme celui du Roc d’Azur: nous parlons du modèle Alp’Hy, conçu par la marque haut-savoyarde Mizea (entreprise Impacc) en collaboration avec le basque Pragma Industries.

Il s’agit du tout premier VTT à hydrogène au monde, dont il n’existe pour l'instant qu’un seul exemplaire.

Ici, pas de batterie, mais une pile à combustible qui utilise l’hydrogène d’une bonbonne capable d’en stocker 67 grammes ainsi que l'air pour produire l’énergie alimentant le moteur électrique intégré au pédalier. Le cycle est également équipé de supercondensateurs garantissant suffisamment d'énergie lors des pics d'effort.

Le prototype Alp’Hy sans ses capotages.
Le prototype Alp’Hy sans ses capotages.image: impacc

Des vélos à hydrogène sont déjà en service, mais il s’agit uniquement de cycles urbains, et non de VTT, qui doivent supporter des chocs et des contraintes mécaniques bien plus importantes. Alp’Hy entend changer cela, avec une commercialisation espérée en 2027, quand le modèle sera ramené à environ 25 kilogrammes, soit trois kilos de moins qu'aujourd'hui. Le poids sera alors davantage conforme aux caractéristiques des VTTAE traditionnels.

Les concepteurs du vélo annoncent une autonomie de 100 à 150 kilomètres en terrain montagneux, soit deux à trois fois celle d’une batterie lithium de 600 Wh. De plus, la recharge par échange de bonbonne ne prend que quelques minutes. Ces caractéristiques les incitent à cibler les loueurs installés dans les stations de ski, limités selon eux par la faible autonomie des batteries et les contraintes liées aux échanges.

«C’est un marché dont on connaît bien les difficultés. L’autonomie des VTTAE entraîne de vrais dilemmes de commercialisation pour les loueurs. Souvent, les vélos reviennent vides à la mi-journée et ne peuvent pas être loués une seconde fois, sauf si les loueurs disposent de batteries chargées à échanger. Or les normes et assurances ont durci le ton sur le stockage des batteries lithium et les loueurs doivent s’équiper en armoires ignifugées qui coûtent très cher pour pouvoir les stocker», ont expliqué les responsables du projet à Transition vélo. Ils estiment pouvoir optimiser les cycles de location.

En outre, la pile à combustible conserve sa puissance même par températures négatives, ce qui n’est pas le cas des batteries lithium, qui perdent de leur capacité lorsque le mercure chute. Celle-ci affiche également une durée de vie d’environ quinze ans, contre trois à cinq ans en général pour une batterie utilisée quotidiennement. Selon les créateurs du prototype, le simple remplacement des membranes polymères permet de repartir sur une nouvelle période d’utilisation.

L’entreprise prévoit d’installer aux loueurs des stations capables de produire l’hydrogène nécessaire pour recharger les bonbonnes. 40 m2 de panneaux solaires et 12 litres d’eau permettraient, grâce à un électrolyseur, de produire un kilogramme d’hydrogène par jour, une quantité visiblement suffisante pour gérer une importante flotte de cycles, selon Transition vélo.

En rouge, la bouteille d'hydrogène.
En rouge, la bouteille d'hydrogène. image: impacc

Ce dispositif conséquent empêche pour l’instant toute commercialisation auprès des particuliers. Du côté des loueurs en station, l’entreprise anticipe un investissement initial important, mais une rentabilité à long terme, portée notamment par les caractéristiques des piles à combustible. Si le prix des cycles n’est pas encore connu, les coûts élevés liés à la mise en place d’une ferme de production d’hydrogène soulèvent toutefois des interrogations quant à la viabilité du modèle.

D’autant que tous les voyants ne sont pas au vert sur le plan environnemental. Certes, le recyclage du platine présent dans la pile à combustible s’avère plus simple que celui des nombreux éléments composant les batteries lithium. Or le platine et d’autres matières se retrouvent aussi dans les électrolyseurs, alors que le graphène est présent dans les supercondensateurs. Surtout, la production d’hydrogène consomme davantage d’électricité que la recharge d’une batterie.

«Affirmer qu’il s’agit d’une solution écologique est donc discutable, car il faut multiplier par trois les capacités solaires», analyse ainsi le portail Techniques de l’ingénieur au sujet des vélos à hydrogène.

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