Ce traileur valaisan a trouvé une méthode inattendue pour briller
A première vue, tout oppose l’athlétisme sur piste et la course en montagne. D’un côté, une surface plane et propre, sans aspérité ni relief. De l’autre, des sentiers accidentés, du dénivelé et des variations d’altitude constantes à apprivoiser. Pourtant, c’est bien sur la piste que Nathan Wanner a forgé les qualités qui lui ont permis de devenir un excellent coureur en montagne.
Le Valaisan de 24 ans, qui prendra cet été le départ de Sierre-Zinal pour la deuxième fois de sa carrière, raconte à watson qu’à l’adolescence, il ne jurait que par la piste. «Je courais des distances comme le 600, le 800, le 1000 ou le 1500 mètres. J’ai remporté plusieurs titres de champion de Suisse.» Il l’ignore encore, mais ces années passées sur l’ovale lui donnent déjà toutes les clés dont il aura besoin pour s’épanouir en montagne, bien des années plus tard.
Les entraînements sur piste ont également permis au jeune coureur de développer sa coordination, sa mobilité et son aisance corporelle grâce à des exercices spécifiques: montées de genoux, talons-fesses, skipping, passages de haies, travail de mobilité et étirements.
On pourrait comparer cet apprentissage à celui d’un pilote qui enchaîne les tours sur un circuit d’usine qu’il connaît par cœur. Dans cet environnement maîtrisé et sécurisé, il peut affiner chaque réglage et comprendre exactement comment sa voiture réagit. Lorsqu’il s’aventure ensuite sur des tracés plus exigeants et imprévisibles, cette connaissance lui permet d’en tirer le meilleur. Pour Nathan Wanner, le principe est le même: les années passées sur la piste lui ont appris à connaître son corps dans ses moindres détails, au point de pouvoir en exploiter tout le potentiel en montagne.
«Pendant longtemps, les courses de montagne semblaient réservées à des profils très spécifiques: des coureurs robustes, agiles et particulièrement à l’aise sur des appuis instables, poursuit Nathan Wanner. Aujourd’hui, ces épreuves se courent de plus en plus vite, ce qui favorise également les marathoniens et les athlètes ayant beaucoup travaillé sur piste.»
C’est pour conserver «une base de vitesse indispensable en trail» que l’étudiant de l’EPFL continue de s’entraîner sur piste deux fois par semaine, chaque hiver. «C’est ce qui me permet d’être avantagé sur les tracés rapides, roulants», explique-t-il. C’est notamment le cas de la portion intermédiaire de Sierre-Zinal, entre la montée vers Chandolin et la descente finale. «Le sentier est propre, avec peu de cailloux et un dénivelé limité», décrit Nathan Wanner, qui visera un chrono de 2 h 40 sur la mythique épreuve valaisanne. Une performance qui lui aurait permis de se classer parmi les vingt premiers l’an dernier.
