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Les piscines n'ouvrent pas toutes au même moment, et ça s'explique

Chaque année au printemps, les nageurs guettent avec impatience l'ouverture de la piscine extérieure la plus proche de chez eux. Mais pourquoi certains bassins accueillent du public début mai déjà, quand d'autres sont encore fermés?
05.05.2022, 06:3705.05.2022, 07:34
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C'est une habitude qui revient avec les oiseaux et les beaux jours. Mi-avril, les nageurs se connectent sur les sites des piscines extérieures les plus proches de chez eux pour savoir où ils pourront effectuer des longueurs en premier, au grand air et dans un bassin olympique. Et chaque année, c'est la même surprise: certaines piscines d'un même canton ouvrent parfois plusieurs semaines avant d'autres, sans raisons apparentes. Celle de Monthey, par exemple, accueille des nageurs depuis samedi déjà, alors que celle de Sion est fermée au public jusqu'au 20 mai. Pourquoi un tel écart?

Pour comprendre ces différences, nous avons contacté plusieurs gérants de piscines en leur demandant qui choisissait la date d'ouverture de leurs installations, et selon quels critères. Il est apparu très vite que plusieurs arguments se dégageaient dans le choix du calendrier.

La tradition

Cela peut paraître étonnant, mais si certaines piscines ouvrent fin avril ou début mai, c'est pour «respecter la tradition». C'est le cas à Fribourg, par exemple. En théorie, «c'est le conseil d'administration des bains de la Motta qui décide des dates d'ouverture et de fermeture», commence Pierre-Olivier Nobs, président du conseil d'administration. Dans les faits, il n'y a pas vraiment de place pour la nouveauté: la piscine est opérationnelle chaque saison dès le premier samedi de mai.

«On a choisi début mai car dans le temps, les bains de la Motta étaient alimentés par la Sarine, et c'est à cette période que les Fribourgeois replongeaient dans l'eau. Et si on ouvre toujours un samedi, c'est pour respecter un vieux rituel: la veille, le vendredi soir, une assemblée générale réunit les actionnaires, qui peuvent se baigner en primeur. Très tôt le lendemain, toute la population a ensuite accès aux bassins.»
Pierre-Olivier Nobs
Les bains de la Motta.
Les bains de la Motta.

A Monthey aussi, il s'agit de respecter les coutumes locales. «Nous sommes historiquement la piscine qui ouvre la première, toujours entre le 28 et le 30 avril, s'enorgueillit Anne-Françoise Clerc, présidente du comité de direction. On a toujours été des pionniers.» Et si la piscine de Martigny (ouverture le 7 mai cette année) se mettait en tête de lui contester ce leadership? Pas de risque. Monthey réfléchit déjà à ouvrir encore plus tôt dans le futur, soit début avril.

La question du climat

Si Monthey songe à étendre son calendrier, c'est parce qu'elle en a les moyens énergétiques. La piscine est reliée au Thermoréseau (chauffage à distance) depuis 2014. Ses bassins en inox sont bien isolés et maintiennent l'eau à une température constante de 24/25 degrés grâce notamment à la bâche fermée qui, la nuit, les recouvrent.

La piscine de Monthey.
La piscine de Monthey.

Les bains de la Motta, eux, sont chauffés au gaz. C'est la raison pour laquelle Pierre-Olivier Nobs refuse que la piscine fribourgeoise ne lance sa saison plus tôt. «Tant que nous devrons avoir recours aux énergies fossiles, je serai assez vigilant sur la période d'ouverture, pour des raisons évidentes d'utilisation réfléchie des énergies. Chauffer des bains en saison froide, avec une énorme déperdition la nuit, ça me poserait un problème.»

C'est aussi parce que Morges ne chauffe qu'une petite quantité de l'eau de ses bassins que la Municipalité a décidé de les ouvrir mi-mai. «Plus on ouvre tôt, et plus on a le risque que l'eau soit très froide», résume Laetitia Bettex, en charge des bâtiments, sports et domaines.

Sion se méfie aussi des températures encore fraîches du mois de mai, et encore plus des fameuses saints de glace (11-15 mai).

L'aspect pratique

Surtout, la capitale du Valais n'est pas pressée par le temps pour ouvrir sa piscine extérieure. Elle a déjà un établissement couvert, qu'elle laisse accessible jusque dans la deuxième moitié de mai, de sorte à permettre aux cours de natation organisés par les écoles d'aller à leur terme sans être freinés ou repoussés par la météo, et aux professeurs de pouvoir noter leurs élèves.

Cette gestion du calendrier permet également à Sion de réaliser tous les travaux d'entretien nécessaires, et de garantir aux utilisateurs un accès complet aux installations dès le premier jour.

La piscine de Sion.
La piscine de Sion.

C'est pour la même raison que Morges accueille son public une semaine après la piscine de Renens. «Nous avons pas mal de travaux de maintenance à effectuer sur les carrelages des bassins, renseigne Laetitia Bettex. Or, il faut attendre qu'il n'y ait plus de risque de gel avant de pouvoir débuter les rénovations puis remplir les bassins, préparer l'eau, etc.»

L'argent

La question financière est évidemment abordée par les communes. Il s'agit surtout de perdre le moins d'argent possible. Aucune piscine, en effet, ne fait de bénéfices, «sinon les promoteurs privés en auraient construit un paquet», rappelle avec malice le Fribourgeois Pierre-Olivier Nobs.

Partout, ce sont les collectivités publiques qui épongent les dettes pour permettre à la population de pratiquer la natation en extérieur dès fin avril, début mai, mi-mai ou fin mai, selon son lieu de résidence.

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