DE | FR
Des lueurs dans la nuit de Roger Federer.
Des lueurs dans la nuit de Roger Federer.Image: EPA
Roland-Garros

Le tennis éblouissant de Roger Federer triomphe au bout de la nuit

Plein de peps et d'audace, le Bâlois a battu Dominik Koepfer 7-6 (5) 6-7 (3) 7-6 (4) 7-5 après 3h35 de jeu.
06.06.2021, 00:4906.06.2021, 09:28

Il était 00h45 du matin lorsque Roger Federer a regagné le vestiaire, un peu fatigué quand même, mais heureux, «très heureux». Car avant de savoir s'il paiera ses efforts, lundi, face au colosse italien Matteo Berrettini, il faut savourer l'instant. Savourer la magie d'une folle nuit à Paris où, à l'heure du couvre-feu, tout est devenu permis, où un vieux farceur de bientôt 40 ans a retrouvé une seconde jeunesse, les sens éveillés, les enfants couchés.

«J'adore le tennis, j'aime bien jouer. J'aurais peut-être été plus nerveux si le stade avait été plein. C'était dingue»
Roger Federer

Avec un tennis plein de vigueur et d'audaces, Roger Federer a mis exactement 3 heures et 35 minutes pour battre l'Allemand Dominik Koepfer (ATP 59), un gaucher dont il était l'idole - deux bonnes raisons de le regarder de travers.

Bien sûr, il y a eu beaucoup de fautes, de haut et de bas. Mais l'obstination avec laquelle Federer a collé à sa ligne, ajouté au tempérament non moins offensif d'un Koepfer tenace et puissant, a donné à ce match un rythme endiablé dont peu pensaient le Maître encore capable, ou pas tout de suite.

«Il y a eu des erreurs, mais ça me fait énormément plaisir de pouvoir jouer 3h30 à un niveau élevé contre un très bon joueur. Ça me prouve que j'ai beaucoup et bien travaillé»
Roger Federer

Après plus d'une année loin de tout, Roger Federer retrouve un monde qu'il peine à reconnaître, et dont il a un peu oublié les codes. Jeudi, ce fut la première pénalité de sa carrière pour perte de temps; le premier retard de l'homme pressé. Samedi soir, ce fut sa première session de nuit à Roland-Garros, dans un stade vide et une ambiance de fin de banquet, sièges bâchés, commentateurs muselés, visages fermés. Fans indignés.

Il ne faut pas sous-estimer le dépaysement pour une idole qui a soulevé les foules, dont la motivation première reste de marquer les esprits. Mais Roger Federer doit beaucoup aimer le tennis car, dans ce décor sinistre, il a rayonné. Il a sorti le grand jeu, et même exagéré un peu (35 fautes directes). Il a mis du rythme, du désordre. Il a tout tenté, tout fait, il a tout dit («heyyyyy du», «neiiiii», «chum jetzt») et tout donné, avec parfois des phases de décompression, avec aussi des sautes de concentration - 39 ans, 18 mois sans compétition.

C'est en cela que Roger Federer n'était peut-être pas totalement préparé à une telle prise de risque et que ses audaces sont peu à peu devenues des imprudences, puis des incartades. Peut-être n'avait-il pas les moyens de son impétuosité, pas toujours, pas encore. Exemple au deuxième set où il commet cinq fautes directes dans le tie-break. Exemple au troisième set où il perd son service d'entrée après avoir mené 40-15, en «donnant» trois points. Exemple au quatrième set où il «rend» son break d'avance.

Mais au-delà des impératifs, il y a eu la volonté, l'enthousiasme, une formidable fureur de jouer. Aux balles du samedi soir, même sans tapage ni redingote, même dans des effluves de picrate hydroalcoolique, Federer a voltigé comme un jeune premier (n°6 à l'ATP, n°1 dans les cœurs), avec ses jambes de presque vingt ans (en net regain de vivacité) et un peu de son insouciance d'antan, moins gestionnaire dans ses choix, moins timide dans ses montées, avec peut-être un bon mètre de gagné en fond de court par rapport au Geneva Open.

Ce bon mètre est la preuve qu'il approche du but.

0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Le président du Barça ne vaut pas mieux que les clubs qu'il méprise
Joan Laporta mène un combat acharné contre Manchester City et le PSG en raison de leurs dépenses inconsidérées. Mais le patron du FC Barcelone n'agit pas différemment.

Et ça n'en finit plus... De nouvelles offensives sont envisagées sur le marché des transferts. Au bord de la faillite il y a un an avec une dette de 1,35 milliard d'euros, le FC Barcelone convoite maintenant Bernardo Silva, le milieu de Manchester City, pour environ 55 millions d'euros. Ce nouveau renfort (après Lewandowski, Koundé, Raphinha, Kessié et Christensen) porterait les dépenses de cet été à plus de 200 millions d'euros. Contre des rentrées de 25,5 millions.

L’article