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Pourquoi beaucoup de noyades pourraient être évitées en Suisse

Sacs étanches et bouées peuvent faire la différence en cas d'urgence, estime le BPA.
Sacs étanches et bouées peuvent faire la différence en cas d'urgence, estime le BPA.image: keystone

Un geste simple pourrait «éviter de nombreuses noyades en Suisse»

Les Suisses aiment se baigner en eaux libres, souvent en solo. Pourtant, près de la moitié des nageurs n'utilisent pas de dispositifs de flottaison, selon de nouvelles données que le Bureau de prévention des accidents nous a transmises. Une catégorie de la population est particulièrement à risque.
09.06.2026, 08:0009.06.2026, 08:00

Alors que la belle saison semble avoir définitivement pris ses quartiers en Suisse, et que nombre de personnes commencent à prendre d'assaut les plages du pays, le Bureau de prévention des accidents (BPA) appelle à la prudence. Chaque année, environ 25 personnes ses noient dans les lacs et les rivières de notre pays, rappelle-t-il. D'autres statistiques, à l'image de celle diffusée fin mai par la Société suisse de sauvetage (SSS), font état d'un bilan encore plus élevé.

«Souvent, ces accidents se produisent subitement et dans des eaux apparemment familières», écrit le BPA. Ce dernier a observé le comportement de plus de 2000 nageurs à travers le pays et a mené un sondage «représentatif» sur leurs habitudes. Ses conclusions, diffusées ce mardi matin, sont sans appel:

«De nombreux accidents de noyade pourraient être évités»
BPA

En cause: près de la moitié des nageurs, à savoir 48% du total, n’utilisent ni bouée de natation ni sac étanche lorsqu'ils se baignent en eaux libres. Pourtant, ces dispositifs permettent de diminuer «considérablement» les risques, souligne le BPA:

«En cas de problèmes de santé ou de fatigue, obtenir une aide rapide est souvent impossible. Dans une telle situation, une bouée de natation permet de se maintenir à flot et peut éviter la noyade.»
BPA

Toutes les statistiques existantes le confirment: l'écrasante majorité des noyades se produisent en eaux libres, souvent lors de baignades en solo. Or, ce comportement est très répandu dans notre pays: selon le sondage du BPA, presque une personne sur cinq nage seule en Suisse.

Attention aux personnes âgées

La situation est particulièrement problématique pour les personnes âgées. Les données récoltées par le BPA montrent que les seniors nagent plus souvent seuls en eaux libres par rapport au reste de la population... mais utilisent moins fréquemment des dispositifs de flottaison.

«Le taux d’utilisation des dispositifs de flottaison tend à diminuer avec l’âge», observe le BPA. Plus de 60% des personnes âgées de 18 à 45 ans en font usage, contre environ 50% chez les plus de 60 ans.

Les résultats du sondage confirment les observations menées sur le terrain: seuls 44% des seniors indiquent se munir volontiers d'une bouée de natation ou d’un sac étanche, un pourcentage qui grimpe à 63% chez les 20-64 ans. Et ce, alors que 32% des premiers affirment se baigner seuls en eaux libres, contre 18% des deuxièmes.

Là encore, les statistiques sont impitoyables. Selon les chiffres de la SSS, 40% des personnes mortes par noyade l'an dernier avaient plus de 65 ans.

De grosses différences en fonction de l'endroit

Reste que la majorité des personnes que le BPA a observées, soit 62% du total, sont équipées d'un dispositif de flottaison lorsqu'elles nagent en rivière. Il s'agit presque exclusivement de sacs étanches ou de bouées de natation. Les gilets de natation ou de sauvetage ne sont que très rarement utilisés, tout comme les frites aquatiques.

Le recours à ces objets varie toutefois fortement selon l'emplacement et le cours d'eau analysés. Si plus de 80% des nageuses étaient équipés d’un dispositif de flottaison autour du Mitlere Brücke à Bâle, par exemple, seuls 2% en étaient équipés au niveau du Kloster-Fahr-Weg à Zurich.

Des facteurs comme la vitesse du courant, la profondeur d’eau ou la longueur de la portion de rivière parcourue à la nage influencent la perception du risque, note le BPA, ce qui se répercute à son tour sur le taux d’utilisation de ces dispositifs.

La prudence reste de mise, martèle donc le BPA. Malgré les efforts mis sur la prévention, «la nage et la baignade en eaux libres demeurent un aspect problématique de l’accidentalité», résume-t-il. Et de conclure:

«Utiliser une bouée de natation, c'est comme mettre sa ceinture de sécurité en voiture ou son casque de ski: on ne les utilise pas parce qu'on conduit ou qu'on skie mal, mais parce qu'un accident peut arriver à n'importe qui»
BPA

(asi)

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