DE | FR
Gaspard Ulliel n'est pas la seule victime du ski alpin cet hiver. A quel point le ski de piste est-il un sport dangereux? Pour le savoir, nous avons fouillé les statistiques.
Gaspard Ulliel n'est pas la seule victime du ski alpin cet hiver. A quel point le ski de piste est-il un sport dangereux? Pour le savoir, nous avons fouillé les statistiques.Image: Montage watson
Analyse

Décès sur les pistes: le ski est-il mortel? Réponse en chiffres

La mort de l'acteur français est venue rappeler les risques liés au ski. Cet hiver, déjà trois personnes ont perdu la vie sur les pistes suisses. Et une Genevoise de 5 ans est décédée samedi dernier en France. Alors, le ski, un sport dangereux?
21.01.2022, 05:5121.01.2022, 10:05
Suivez-moi

Sa mort a fait les gros titres, car il était célèbre. Mais l'acteur Gaspard Ulliel, décédé ce mercredi suite à une collision sur les pistes, n'est pas la seule victime du ski alpin cet hiver. Le 20 décembre, un homme de 47 ans a perdu la vie aux Portes du Soleil ; le 31 décembre, un adolescent a péri à Grindelwald ; le 9 janvier un trentenaire est mort dans le canton de Nidwald et, le week-end dernier, une Genevoise de 5 ans est décédée dans la station de Flaine, en France voisine.

Au-delà de cette sombre énumération, à quel point le ski de piste est-il un sport dangereux? Pour le savoir, nous avons fouillé les statistiques:

Qui meurt sur les pistes?

Au cours des 20 dernières années: le Bureau de prévention des accidents (BPA) a recensé 138 décès sur les pistes. En moyenne, 7 personnes ont donc perdu la vie chaque année – 6 sur des skis et 1 en snowboard. A noter, par ailleurs, que sur le même laps de temps 13 Suisses sont morts sur les pistes étrangères.

Entre 2000 et 2020, 109 hommes et 29 femmes ont péri en Suisse. Le sexe masculin représente donc 79% des décès. En termes de tranche d'âge, les personnes entre 40 et 69 ans sont les plus représentées.

Image: datawrapper
«Il y a malheureusement des accidents mortels sur les pistes, mais si on compare avec d'autres sports, comme la randonnée ou l’alpinisme, les chiffres sont nettement plus petits»
Marc Kipfer, porte-parole du BPA

Porte-parole du BPA, Marc Kipfer met en perspective ces chiffres: «6 morts par an en Suisse, c'est beaucoup, mais par comparaison, une cinquantaine de personnes décèdent chaque année en faisant de la randonnée.» Autre chiffre qui permet de relativiser la demi-douzaine de décès annuels, le nombre de personnes sur les pistes: les remontées mécaniques comptabilisent une vingtaine de millions de journées de ski chaque hiver.

Les pistes bleues sont plus dangereuses

Cette semaine, Gaspard Ulliel est décédé après avoir percuté un autre skieur sur une piste bleue. Un fait qui est révélateur d'une tendance, comme le rappelle le HuffPost. Entre 2011 et 2021, en France, 67% des collisions se sont déroulées sur des pistes bleues, contre 21% sur des rouges. Deux raisons viendraient expliquer ce phénomène:

  1. Les pistes bleues sont plus nombreuses que les autres sur le domaine skiable français.
  2. Elles sont très empruntées, notamment en fin de journée pour quitter les pistes.

Peu de décès, mais beaucoup de blessures

«Le ski n'est pas un sport mortel, mais c'est un sport où on peut régulièrement se blesser. C'est difficile de l'éviter complètement, on descend avec des vitesses importantes et on n'a pas de carrosserie autour de nous», observe Marc Kipfer. En moyenne, 63 000 personnes se blessent en ski et en snowboard en Suisse chaque année. Le BPA recense également 6500 blessures annuelles chez les amateurs de luge.

«93% des accidents sont des accidents individuels, mais ce sont souvent les collisions, que ce soit avec des personnes ou des objets, qui causent les accidents graves»
Marc Kipfer, porte-parole du BPA

Si les hommes sont beaucoup plus présents que les femmes dans les statistiques de la mortalité, la répartition est plus équitable en ce qui concerne les accidents. Le BPA comptabilise 33 750 blessés masculins contre 28 490 féminins.

Vous avez peur sur vos skis?

Là encore, Marc Kipfer met en perspective ces chiffres: «Pour 1000 heures de pratique, le football est plus risqué que le ski de piste», pointe-t-il. Pour comparaison, le rectangle vert recense 82 000 blessés annuels.

Comment éviter les accidents?

Marc Kipfer met en avant deux solutions en termes de prévention. «La plus importante, c'est d'améliorer l'infrastructure en analysant les zones à risque et en cherchant ce qu'on peut changer sur la piste elle-même.» L'autre solution, vous l'aurez compris, concerne le comportement des skieurs:

«Il faut choisir une vitesse adaptée à son niveau, à la visibilité et au nombre de personnes présentes»
Marc Kipfer, porte-parole du BPA

Le porte-parole rappelle qu'une vitesse inadaptée est l'un des facteurs de beaucoup d'accidents. Autre élément important, le matériel. Si plus de 90% des adultes portent aujourd'hui un casque, il reste encore de la sensibilisation à effectuer au niveau des fixations, selon Marc Kipfer. «Elles sont responsables d'un grand nombre de blessures aux jambes si elles sont mal réglées. Donc, avant la première sortie, il est important de les faire vérifier par un professionnel.»

Le responsable souligne un dernier aspect en termes de prévention:

«C'est bien de savoir où on skie, mais c'est aussi bien de savoir où on fait les pauses. Les collisions arrivent très souvent quand les gens s'arrêtent dans des endroits peu visibles et où on ne s'y attend pas»
Marc Kipfer, porte-parole du BPA

En parlant de ski: Cody Laplante déchausse et fait une chute spectaculaire

L'actu' internationale, jour et nuit, c'est par ici:

Une gardienne de prison offre la liberté à son détenu préféré

Link zum Artikel

Moscou va montrer toute la force de l'armée russe pour célébrer le 9 Mai

Link zum Artikel

Le chanteur Bono du groupe U2 a chanté sur le quai d'un métro à Kiev

Link zum Artikel

Le G7 hausse le ton et s'engage à ne plus acheter de pétrole russe

Link zum Artikel

Un acteur de Sex Education devient le nouveau Docteur Who

Link zum Artikel
Montrer tous les articles
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Selon un rapport, 20% des employés suisses veulent changer de travail
Une étude du cabinet PWC Suisse démontre que les employés en Suisse sont moins satisfaits en comparaison avec d'autres pays.

Presque 20% des salariés suisses pensent à un changement d'emploi dans les douze prochains mois. Un meilleur salaire et un travail qui procure davantage de satisfaction sont les principaux motifs évoqués par les personnes interrogées lors d'une enquête menée par le cabinet de consultants PWC.

L’article