«Une tragédie»: 97 moutons meurent en Valais et relancent un vieux débat
Les bêtes dormaient lorsque la foudre s'est abattue. 97 moutons à nez noir ont trouvé la mort à la fin de la semaine dernière, lors d'un orage nocturne survenu sur l'alpage d'Eggerhorn, dans le Haut-Valais. Les moutons se trouvaient, serrés les uns contre les autres, dans un enclos nocturne censé les protéger du loup. C'est ce que rapporte Pomona.
Ce drame ravive la controverse autour de la protection des troupeaux. Le conseiller national UDC Ernst Wandfluh, qui préside l'Association suisse d'économie alpestre (SAV), a lui aussi déjà perdu des moutons à cause de la foudre, dit-il. Mais autant d'un seul coup, «c'est une tragédie».
Pour Ernst Wandfluh, une chose est sûre: les mesures de protection des troupeaux augmentent les risques de pertes aussi massives. Il explique:
Or, lorsqu'elles sont parquées la nuit en raison du risque de prédation par le loup, cette dispersion devient impossible.
Les défenseurs du loup en désaccord
David Gerke, directeur du Groupe Loup Suisse, n'est pas de cet avis:
Selon lui, un berger avisé peut, par des mesures judicieuses, minimiser le risque lié aux orages.
Les moutons restent des animaux grégaires. Ils affectionnent particulièrement les pâturages situés en altitude et exposés. Cependant, c'est précisément sur ces terrains que le risque de foudroiement est le plus élevé. Dans un communiqué, l'organisation renvoie également aux recommandations de l'organe spécialisé dans la protection des troupeaux, selon lesquelles les risques de foudre et d'orage doivent être pris en compte dans le choix de l'emplacement de l'enclos nocturne. Les lieux exposés devraient être évités.
David Gerke reconnaît toutefois que ce n'est là qu'un facteur parmi d'autres, et dont les bergers doivent tenir compte. «Il faut parfois faire des concessions sur tel ou tel point», admet-il.
Les carcasses évacuées par hélicoptère
Ernst Wandfluh connaît les prescriptions et les recommandations en vigueur. Dans la pratique, dit-il, tout ne se résume pas à un simple arbitrage entre protection contre le loup et protection contre la foudre. Il résume:
Les contraintes deviennent, année après année, plus lourdes pour les agriculteurs. Le loup, et la protection des troupeaux qui en découle, ne sont par ailleurs qu'un facteur parmi d'autres. La sécheresse croissante constitue un autre problème. Dans certaines régions, des vaches assoiffées doivent être ravitaillées en eau par hélicoptère.
Un hélicoptère a également été mobilisé vendredi en Valais pour évacuer les 97 moutons à nez noir morts. Selon Pomona, dix rotations ont été nécessaires avant que la dernière carcasse ne soit redescendue dans la vallée. (trad. ysc)
