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Voici ce qu'est devenu Jean-Paul, sauvé par les pompiers à Lausanne

Vidéo: watson

Voici ce qu'est devenu Jean-Paul, sauvé par les pompiers à Lausanne

Pris au piège d’un filet pendant plus de 24 heures, un pigeon a été libéré par les pompiers. Nous l’avons retrouvé en convalescence au Centre Erminea, à Chavornay, qui recueille la faune sauvage en détresse. Reportage.
30.10.2026, 19:0630.10.2026, 20:44

Le pigeon arraché à sa mauvaise fortune par les pompiers a trouvé refuge au Centre Erminea, à Chavornay, dans le canton de Vaud. Depuis le jeudi 22 octobre et cette opération d'envergure, c’est ici qu'il se remet sur pattes, dans la plaine de l’Orbe. C'est aussi là que l’on recueille la faune sauvage blessée, affaiblie ou égarée. Marine Bally, la responsable du centre, nous guide à travers les travées d’un bâtiment flambant neuf: plus de 600 mètres carrés inaugurés en novembre 2025, à deux pas des modestes 150 mètres carrés où le centre avait fait ses premiers pas en 2018.

Derrière chaque porte, un petit monde convalescent, des bandages qui ne demandent qu’à tomber. Des pigeons, des tourterelles, des moineaux qui attendent de retrouver le ciel. Un blaireau, une cinquantaine de hérissons roulés en boule, et même un castor, adorable pensionnaire dont le petit plâtre ne passe pas inaperçu. Le mardi et le jeudi, une vétérinaire venue d’Annecy, en France, opère les petits patients du centre. «Cela peut monter jusqu’à 15 ou 20 opérations par jour», lâche Marine Bally, penchée sur une caisse où repose un hérisson atteint de la gale. Un bain d’eau tiède, quelques soins, et la petite patate endormie pourra bientôt se débarrasser des croûtes qui lui recouvrent le museau.

Ces animaux ont tous un jour croisé la route du malheur, et tous ont besoin, pour un temps, des mains de l’équipe soignante pour se remettre sur pattes.

Mais revenons à notre pigeon. Jean-Paul, c’est le petit nom qu’on lui a donné à la rédaction, préfère traîner au fond de sa cage, dans l'angle, calfeutré. Un signe annonciateur d'une mauvaise santé? Il va bien. Certes, Il a perdu du poids, et la présence humaine le met visiblement sur le qui-vive, les yeux grands ouverts. Mais il pourra bientôt déployer ses ailes.

Jean-Paul 👇

Notre pigeon sauvé par les pompiers reprenait des forces avant de s'envoler.
Le pigeon sauvé par les pompiers reprenait des forces au centre Erminea.Image: Watson

Et sinon: mâle ou femelle? Le mystère restera entier. «On ne peut pas savoir chez les oiseaux, surtout chez les pigeons. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel», explique Marine Bally.

Les pigeons souffrent en ville

Jean-Paul n’est pas un cas isolé. Selon la responsable, les accidents touchant ces oiseaux sont en nette hausse. Et l’être humain n’y est pas étranger. Marine Bally affirme:

«Par exemple, il y a des sociétés dans le bâtiment qui détruisent des nids de pigeons. C’est punissable par la loi si le nid est habité»

La ville n’est pas tendre avec les pigeons. Entre les filets où l’on se prend les pattes et les pics hérissés sur les corniches, comme ceux que posent par exemple les CFF dans leurs gares, le pavé urbain se transforme pour eux en parcours d’obstacles. Les filets, justement, sont un fléau, un obstacle qui peut coûter la vie aux volatiles. Tout est affaire de tension, explique Marine Bally: «Il n’y a pas de bons ou de mauvais filets. Si le filet est trop souple, les pattes du pigeon se prennent dedans. Il faut qu’il soit tendu, pour que l’oiseau ne se prenne pas les pattes ou les ailes dedans.»

Un oiseau détesté à tort

En ce moment, le refuge héberge une petite dizaine de pigeons, ramiers et bisets confondus. Des oiseaux qui traînent une réputation peu enviable: nuisibles, sales, indésirables. D’où vient une telle détestation? «Je pense que c’est parce qu’il sait s’adapter à tout. Il est partout. Des gens nous appellent pour un nid de pigeon, ils font beaucoup de caca.» Pourtant, et voilà qui tord le cou aux idées reçues, «c’est un animal très propre», souligne Marine Bally.

Non loin de «JP», d’autres pigeons reprennent des forces, dont quelques pigeonneaux âgés de quelques semaines à peine, encore duveteux. Ici, l’affection se dose avec prudence. «On essaie de les sevrer, pour éviter qu’ils s’habituent à l’être humain», explique la responsable. Car tout l’enjeu est là: les rendre au monde sauvage sans qu’ils en aient oublié les règles.

Recueilli dans une simple caisse, Jean-Paul a ensuite été confié aux équipes du centre. A son arrivée, l’oiseau était en état de choc. Aujourd’hui, il reprend des forces, à l’abri du tumulte et loin du maudit filet qui a failli lui couper les ailes.

Marine Bally rassure:

«Mais pas de fracture, rien, seulement une petite inflammation à l’aile»

Corneilles et moineaux également touchés

Tous les oiseaux n’ont pas cette chance, et beaucoup souffrent en silence. Corneilles, moineaux, pigeons: nombre d’entre eux arrivent au centre gravement carencés. Les signes ne trompent pas, détaille Marine Bally. Le plumage se ternit et perd ses couleurs, les forces déclinent, et les plumes, devenues molles, laissent passer l’air comme un manteau usé jusqu’à la trame.

Depuis notre passage, Jean-Paul a repris des couleurs. Le jeudi 29 octobre, le pigeon cher à watson a retrouvé sa liberté. Il a voyagé à l’abri d’une caisse de transport jusqu’à une région plus peuplée de ses semblables. Là, le couvercle s’est soulevé, et Jean-Paul a rendu ses ailes au ciel.

Le sauvetage d'un pigeon à Lausanne
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Le sauvetage d'un pigeon à Lausanne

Un pigeon est resté coincé dans les filets à Lausanne.

source: watson
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Sauvetage improbable en Romandie
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