Suisse
Animaux

Les colonies d'abeilles suisses «mourront dans un ou deux ans»

Les colonies d'abeilles suisses «seront mortes dans un ou deux ans»

Peter Neumann est le seul professeur spécialisé en abeilles en Suisse. Le fait que nous combattions sans succès le Varroa depuis 30 ans est insensé, assure-t-il. Il révèle ce que l'on peut faire pour sauver les abeilles.
22.09.2023, 12:4922.09.2023, 18:54

Toutes les colonies d'abeilles mellifères de Suisse sont atteintes de maladies chroniques, alerte Peter Neumann, seul professeur, en Suisse, dont les abeilles sont la spécialité:

«Si les apiculteurs ne font rien pour y remédier, toutes les colonies seront mortes dans un ou deux ans»

Les abeilles sont infectées par l'acarien Varroa, indique Neumann dans un entretien à CH-Media (dont watson fait partie):

«Il existe encore d'autres virus qui n'ont rien à voir directement avec l'acarien. Dans l'ensemble, les colonies sont tellement affaiblies que même les virus qui ne sont habituellement pas nocifs sont un danger.»
Motion en faveur des abeilles
Une motion en faveur des abeilles a été déposée cette semaine et demande au Conseil fédéral de veiller à ce que les abeilles puissent durablement continuer à jouer leur rôle essentiel dans l'écosystème. Plus précisément, les auteurs de la motion réclament des mesures visant à garantir les sources de nourriture des abeilles. Ils appellent également à la recherche sur les liens entre la pollinisation, l'environnement et la santé des abeilles. De plus, les associations d'apiculteurs devraient être soutenues financièrement. (chm)

Comment les sauver?

Trois choses sont nécessaires pour améliorer la situation, explique l'expert:

  1. Une extension et une meilleure information des apiculteurs et du grand public.
  2. Un développement des méthodes de protection de toutes les abeilles.
  3. Pour les abeilles à miel, une recherche intensive d'une stratégie durable contre le Varroa.

Et l'acarien doit être combattu de manière durable, ajoute-t-il. «Que nous en soyons au même point depuis 30 ans, c'est fou!»

Des abeilles vraiment peu nombreuses

Le spécialiste réfute l'idée qu'il y a trop d'abeilles à miel dans les villes. «C'est un peu comme si l'on disait: "Il y a trop de vaches en Suisse. Elles mangent l'herbe des chevreuils et des lapins"», commente l'expert qui assène:

«La densité d'abeilles mellifères en Suisse est toujours inférieure à celle de l'Afrique, où les abeilles sont naturellement présentes à l'état sauvage»

Il faut avant tout que les abeilles redeviennent plus saines, relève-t-il. «Cela réduira également la probabilité qu'elles soient infectées par d'autres virus».

Un autre grand ennemi

Dans le détail, Neumann plaide pour un arrêt de l'utilisation d'insecticides et de pesticides. «Il existe des données effrayantes à ce sujet. J'en ai presque eu le souffle coupé récemment. Il lance:

«Je m'étonne que nous ayons encore des insectes»

(jah/ats)

Cette femme couvre ses mains d'abeilles, dans le plus grand des calmes

Vidéo: watson
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
La solution oubliée de la Confédération face à «l'invasion des étrangers»
Depuis plus de cent ans, la Suisse redoute l'«Überfremdung», autrement dit une surabondance d'immigration dans le pays. En 1964, une commission de haut rang a présenté une solution étonnante.
La peur de l'immigration incontrôlée est une tradition vieille de plus d'un siècle en Suisse. Dès 1900, le secrétaire des pauvres zurichois Carl Alfred Schmid forgea dans un ouvrage le terme d'«Überfremdung»: il avertissait que les œuvres sociales pourraient s'effondrer face à l'«invasion» d'étrangers, que la Suisse pourrait perdre sa «culture» et, à terme, jusqu'à son «existence nationale». La part des étrangers s'élevait alors à 11,6%.
L’article