Primes maladie: Comparis révèle la stratégie contre-intuitive des Suisses
Les primes n'ont grimpé «que» de 4,4% en moyenne cette année, un ralentissement bienvenu après les hausses brutales des exercices précédents. Mais le marché suisse de l'assurance maladie continue de connaître d'importants mouvements. Selon la dernière analyse de Comparis, Helsana confirme sa place de premier assureur du pays, tandis que CSS enregistre la plus forte progression du nombre d'assurés. A l'inverse, Groupe Mutuel et Concordia figurent parmi les principaux perdants de l'année.
Avec 1,598 million d'assurés dans l'assurance de base, Helsana reste la première caisse maladie de Suisse. L'assureur a gagné près de 69 000 nouveaux clients en un an, soit une progression de 5%. La CSS affiche toutefois la plus forte croissance en valeur absolue. L'assureur lucernois a recruté plus de 90 000 nouveaux assurés (+6%), portant son portefeuille à 1,56 million de personnes.
Selon Felix Schneuwly, cette évolution s'explique en partie par des augmentations de primes moins marquées que les années précédentes.
Mais on peut voir aussi une concentration rare qui a des conséquences: «Les deux plus grands assureurs, Helsana et CSS, qui regroupent désormais près d'un tiers des assurés en Suisse, continuent de creuser l'écart avec leurs concurrents».
A l'autre extrémité du classement, Groupe Mutuel enregistre la plus forte baisse, avec environ 44 000 assurés de moins, soit un recul de 4 % de son portefeuille. En proportion, c'est la petite caisse Aquilana qui subit la plus forte diminution (-7%). Comparis relève également des pertes chez Concordia et KPT.
Les ménages les plus modestes gardent les modèles les plus chers
Mais la dernière enquête de Comparis met aussi en lumière un paradoxe. Alors que le modèle standard, qui permet de consulter librement son médecin, est le plus coûteux de l'assurance de base, il reste particulièrement répandu chez les ménages aux revenus les plus modestes.
Selon le sondage réalisé en avril 2026 auprès de plus de 1000 personnes, 34% des assurés dont le revenu brut mensuel ne dépasse pas 4000 francs ont conservé le modèle standard. À l'inverse, cette proportion tombe à seulement 16,5% chez les personnes gagnant plus de 8000 francs par mois.
L'écart reste marqué malgré une baisse progressive observée ces dernières années. En 2021, plus de quatre personnes sur dix (41,8%) appartenant à la tranche de revenus la plus faible avaient encore choisi ce modèle, contre 21,2% parmi les ménages les plus aisés.
Cette tendance peut sembler contre-intuitive: les assurés disposant des revenus les plus élevés privilégient davantage les modèles alternatifs, comme Telmed ou les réseaux de soins (HMO), qui offrent des rabais en échange de certaines contraintes, tandis que les personnes aux ressources plus limitées restent plus nombreuses à payer une prime plus élevée pour conserver leur liberté de choix.
Autre enseignement de l'enquête: les assurés continuent de privilégier les deux extrêmes en matière de franchise. Près de 77% des personnes interrogées ont choisi soit la franchise minimale de 300 francs, soit la franchise maximale de 2500 francs. Les franchises intermédiaires restent largement délaissées. La franchise de 300 francs demeure particulièrement populaire auprès des assurés ayant opté pour le modèle du médecin de famille ou le modèle standard, tandis que la franchise maximale est très répandue dans les modèles Telmed et HMO. (hun)
