Voici combien gagnent les boss des caisses maladie
Les primes maladie continuent de grimper en Suisse et mettent de nombreux ménages sous pression. Mais pendant que les assurés voient leurs factures exploser, les dirigeants des principales caisses maladie ont eux bénéficié de fortes augmentations salariales. C’est ce que révèle une analyse des rapports annuels publiée par le Tages-Anzeiger.
La mieux rémunérée en 2025 est Philomena Colatrella, patronne de CSS jusqu’à son récent départ. Selon le quotidien alémanique, sa rémunération totale a bondi de 17% en une année pour atteindre 998 611 francs. La CSS justifie cette hausse par «l’un des meilleurs résultats de l’histoire» du groupe et une forte acquisition de nouveaux clients.
Mais la progression la plus spectaculaire concerne Roman Sonderegger, directeur de Helsana. Son salaire a augmenté de 25% pour atteindre 996 029 francs. L’entreprise explique cette hausse notamment par le développement des assurances complémentaires et le rachat de la société informatique Adcubum.
Longtemps considéré comme le patron de caisse maladie le mieux payé du pays, Andreas Schönenberger, CEO de Sanitas, suit désormais juste derrière avec 982 506 francs. Les dirigeants de Groupe Mutuel, Swica et Visana dépassent eux aussi largement les 700 000 francs annuels.
Des salaires qui posent problème à certains
Ces montants provoquent régulièrement des critiques politiques, surtout dans un contexte où les primes maladie ont augmenté d’environ 20% en trois ans, rappelle le Tages-Anzeiger. A Berne, plusieurs élus veulent désormais plafonner les rémunérations des dirigeants des assureurs maladie à environ 405 000 francs par an, soit le niveau maximal accordé à certains hauts fonctionnaires fédéraux.
Mais le débat cache une subtilité importante: les groupes d’assurance maladie ne gagnent pas leur argent uniquement avec l’assurance de base obligatoire. Ils possèdent aussi des activités dans les assurances complémentaires privées, qui fonctionnent selon des règles différentes et génèrent souvent des revenus importants.
Or le futur plafonnement ne viserait que la partie liée à l’assurance de base. Selon le Tages-Anzeiger, les assureurs pourraient donc déplacer une partie des rémunérations vers les complémentaires pour rester dans les limites prévues par la loi. C’est d’ailleurs déjà le cas aujourd’hui pour certains dirigeants.
Le quotidien alémanique souligne ainsi que le projet pourrait surtout avoir une portée symbolique. Même si les directions des caisses travaillaient gratuitement dans l’assurance de base, l’impact sur les primes resterait quasiment invisible, selon les calculs de nos confrères: inférieur à 0,1%. (jah)
