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Pendant les fêtes de fin d'année, un pourcentage élevé de tests a donné des résultats positifs.
Pendant les fêtes de fin d'année, un pourcentage élevé de tests a donné des résultats positifs.source: keystone

Le Conseil fédéral ne bouge pas, pourtant Omicron se propage

Omicron continue de se propager rapidement malgré les mesures sanitaires. La situation dans les hôpitaux reste tendue, mais stable pour l'instant. L'incertitude réside dans l'effet du nouveau variant.
28.12.2021, 11:3629.12.2021, 09:13
Anna Wanner, Niklaus Salzmann, Nina Fargahi / ch media

Omicron provoque une forte hausse des infections Covid. C'est ce que montrent les observations dans de nombreux pays à travers le monde. Ce nouveau variant du coronavirus fait-il également grimper le nombre de cas en Suisse?

De jeudi à dimanche, 36 261 nouvelles infections ont été enregistrées, soit environ 9000 par jour. Ce sont des valeurs élevées, mais il est encore difficile d'en tirer des conclusions.

Avant les fêtes de fin d'année, un grand nombre de personnes s'est fait tester afin de ne pas transmettre involontairement le coronavirus à leurs proches. Plus de 200 000 tests ont été effectués pendant ces quatre jours.

Les cas augmentent de manière exponentielle

Ce qui frappe, c'est le pourcentage élevé de tests positifs. Dimanche, 34,9% des tests PCR ont donné un résultat positif. Actuellement, 55 774 personnes se trouvent en isolement parce qu'elles ont été testées positives. 32 321 sont en quarantaine après un contact étroit avec une personne infectée.

Une augmentation du nombre de cas était attendue au vu de la valeur R. Celle-ci indique combien d'autres personnes sont en moyenne infectées par chaque personne infectée. La valeur s'est récemment stabilisée autour de 1,1. Cela signifie que les cas augmentent de manière exponentielle. Si la valeur reste aussi élevée, nous courons vers une explosion des chiffres.

Ambiance de Noël à Genève: beaucoup ont dû se mettre en isolement ou en quarantaine après les fêtes de fin d'année.
Ambiance de Noël à Genève: beaucoup ont dû se mettre en isolement ou en quarantaine après les fêtes de fin d'année.source: keystone

Dernièrement, Omicron a eu un impact sur les décisions du gouvernement. En raison de la propagation rapide du virus, le Conseil fédéral a introduit il y a dix jours de nouvelles mesures, dont la règle 2G à l'intérieur des bâtiments. Mais comme rien d'important n'a changé dans l'évaluation de la situation et qu'il faut toujours attendre quelques jours avant que les nouvelles mesures ne prennent réellement effet, aucun durcissement n'est prévu. Selon les informations reçues, aucune réunion extraordinaire n'est agendée avant la réunion du conseil fédéral officiellement prévue le 12 janvier.

Encore 175 lits disponibles en soins intensifs

Ce qui est décisif dans la prise de décision du Conseil fédéral, c'est l'occupation des lits en soins intensifs. Et là, tant les admissions que le nombre de patients ont légèrement augmenté. La situation varie certes d'un établissement à l'autre, mais elle est tendue dans toute la Suisse. Deux choses à retenir sur les soins intensifs pendant la période que nous vivons:

  • Premièrement, depuis novembre, le nombre de personnes traitées avec Covid ne cesse d'augmenter. Actuellement, il s'agit d'environ 320 personnes, soit près de la moitié des patients des unités de soins intensifs.
  • Deuxièmement, les hôpitaux réduisent leurs capacités pendant les fêtes. A cette période, la plupart se limitent aux urgences, les opérations électives sont reportées à la nouvelle année. La raison en est que le personnel de santé doit lui aussi pouvoir se reposer.

Alors quelle est la situation en ce moment? Actuellement, un cinquième des lits sont libres dans toute la Suisse, soit 175, et tant que la Rega gère avec succès la répartition des patients en urgence, les hôpitaux surchargés peuvent s'en passer.

La grande incertitude demeure quant à l'évolution d'Omicron. Si la contagion est moins grave qu'on ne le pense, les hôpitaux seraient moins sollicités. Nicolas Drechsler de l'hôpital universitaire de Bâle déclare que la pression reste très forte:

«Nous ne voyons aucun signe d'amélioration immédiate. Une stabilisation serait donc le meilleur scénario à court terme.»

Les cantons et le casse-tête des règles de quarantaine

Outre le Conseil fédéral, les cantons pourraient également prendre de nouvelles mesures. Le Tessin a également introduit la règle des 2G+ dans les maisons de retraite. Autrement dit, celui qui veut rendre visite à un résident doit être vacciné ou guéri et en plus se plier à un test Covid. Les Grisons étudient également de nouvelles règles.

Toutefois, la plupart des cantons renoncent pour l'instant à de nouveaux durcissements et continuent d'attendre. Interrogé à ce sujet, le conseiller d'Etat thurgovien, Urs Martin, affirme ainsi que les chiffres dans les hôpitaux thurgoviens sont en légère baisse.

Mais ce à quoi les cantons semblent être de plus en plus attentifs, c'est une règle de quarantaine renforcée, recommandée par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) depuis début décembre: toute personne ayant eu un contact avec une personne testée positive à Omicron doit être mise en quarantaine et ce qu'elle soit vaccinée ou non.

Les cantons d'Argovie et de Berne indiquent tous deux qu'ils appliqueront cette directive. Toutefois, ce n'est pas si simple. Berne s'attend à un grand nombre de cas non recensés, explique Gundekar Giebel du département de la Santé, car seuls dix pour cent des échantillons sont séquencés pour détecter Omicron. Pourquoi? Sa réponse:

«Parce que cela prend beaucoup de temps, jusqu'à cinq jours en laboratoire»

Or, au bout de cinq jours, le virus s'est à nouveau propagé depuis longtemps. (jah/saw/ch media)

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