Suisse
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Le PLR, le parti du déni

Pascal Broulis, ancien ministre des Finances et Florence Bettschart-Narbel, présidente du PLR Vaud
Pascal Broulis, sénateur PLR et ancien ministre des Finances et Florence Bettschart-Narbel, présidente du PLR Vaud.Image: watson
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202 millions évaporés: le PLR a choisi le déni et risque de le payer

Pas d'excuses, pas de regrets, pas de responsables. Face au scandale du bouclier fiscal qui a creusé un trou de 202 millions dans les caisses du canton, le PLR vaudois a choisi le déni. Une stratégie risquée à une année des élections cantonales.
04.06.2026, 16:4904.06.2026, 16:49

«Vous présentez vos excuses aux Vaudois?» La réponse fuse: «Pas du tout».

Les auditeurs qui avaient réglé leur réveil dans l’espoir d’entendre un début de contrition de la part de Pascal Broulis ont pu retourner se coucher.

Invité de La Matinale de la RTS, le sénateur PLR et ancien grand argentier du canton de Vaud persiste et signe. Sur le scandale du bouclier fiscal, dont la mauvaise application entre 2009 et 2021 a privé le canton de 202 millions, il estime avoir fait tout juste. «Très content du travail», déclarait-il même la veille sur le plateau d’Infrarouge.

Mieux, il aurait fait une fleur aux Vaudoises et Vaudois. Sans sa politique fiscale, affirme l’ancien ministre des Finances, le canton aurait perdu près de 3 milliards de francs de recettes. Les riches contribuables auraient pris leur clic, leurs clacs et leurs lingots d’or pour aller voir ailleurs.

Les 202 millions? Une bagatelle

L’hypothétique montant a manifestement fait le tour dans la maison PLR car quelques minutes plus tôt, c’est la présidente vaudoise du parti, Françoise Bettschart-Narbel, qui le brandissait comme un totem d’immunité. Les 202 millions envolés? Une bagatelle.

«Sur 13 exercices fiscaux, cela représente 15 millions par année»
Françoise Bettschart-Narbel

Depuis le début du scandale révélé par Le Temps en avril 2025, le PLR serre les rangs. Il a choisi sa défense: fermer les yeux. Au Grand Conseil, le parti a rejeté – avec l’UDC – la création d’une commission d’enquête parlementaire (CEP) pour faire la lumière sur cette affaire et sur les responsabilités.

Le parti du déni

A écouter ses représentants, personne n'a commis d'erreurs. Personne n'est responsable. Et surtout, personne n'aurait de raison de s'excuser. Cette discipline de parti et loyauté a longtemps fait la force du PLR. Aujourd'hui, elle ressemble de plus en plus à une forme d'aveuglement.

Car enfin, que faudrait-il de plus? Un rapport indépendant qui pointe des dysfonctionnements majeurs? Il existe. Une pratique contraire à la loi durant plus d'une décennie? Elle est établie. Des centaines de millions de francs envolés? Ils sont documentés.

A force de nier l'évidence, le PLR prend un risque. Celui de découvrir que les Vaudoises et les Vaudois – las d’avaler des couleuvres depuis une année – n'ont, eux, pas envie de fermer les yeux. Réponse dans les urnes en 2027.

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