Ce dispositif «méconnu», mais très efficace a sauvé la Suisse
Le dramatique incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, a coûté la vie à 40 personnes et en a blessé 116, grièvement pour la plupart. En réaction, plusieurs pays d'Europe ont apporté leur aide à la Suisse, notamment en accueillant des victimes dans leurs hôpitaux. «Au total, une cinquantaine de blessés ont ou vont être transférés vers des pays européens», annonçait Mathias Reynard, le président du Conseil d’Etat valaisan, vendredi 2 janvier. La France, l'Allemagne, l'Italie, la Pologne ou encore la Belgique font partie de ceux qui se sont mobilisés.
Si ce soutien a été possible, c'est parce que la Suisse a enclenché le mécanisme de protection civile de l'Union européenne, qui permet de demander l'assistance de Bruxelles lorsque les capacités de réaction d'un pays sont dépassées par une situation d'urgence.
Deeply saddened by the fire in Crans-Montana.
— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) January 1, 2026
My thoughts are with the victims, their families and all those affected.
We are liaising with Swiss authorities to provide medical assistance to the victims through the EU Civil Protection Mechanism.
Europe stands in full…
Comment fonctionne ce mécanisme?
Lorsqu'une demande est formulée, le Centre de coordination des interventions d’urgence (ERCC), basé à Bruxelles et en liaison directe avec les autorités nationales de protection civile, déploie l'aide nécessaire. Dans le cadre de la tragédie de Crans-Montana, ce secours comprenait des places de traitement spécialisé et des capacités de transport médical aérien, détaille la Confédération. Et d'ajouter:
L'un des avantages de ce mécanisme – considéré d'ailleurs comme «méconnu» – est de pouvoir bénéficier d'une réponse conjointe et coordonnée, ce qui permet aux autorités de communiquer par un interlocuteur unique et non par de multiples canaux, explique la Commission européenne sur son site internet. Autre atout: l'expertise et les capacités des premiers intervenants qui se rendent sur place sont mises en commun. Le dédoublement des efforts de secours est ainsi évité et les experts répondent de manière efficace aux besoins des personnes touchées.
«D'emblée, il y a eu une nécessité de coopération internationale», déclarait après l'incendie de Crans-Montana le lieutenant-colonel français Frédéric Harrault, porte-parole de la sécurité civile:
Et de détailler le fonctionnement de l'aide française apportée en Valais: une équipe a été envoyée «pour aller au plus près des victimes afin de voir lesquelles la France serait le plus à même de traiter efficacement». La logistique de transport et de coordination offerte par Bruxelles a ensuite permis d'évacuer les personnes concernées.
Déployé plus de 800 fois
Rappelons toutefois que le 12 novembre dernier, le Conseil fédéral suspendait les démarches lancées pour prendre part à ce mécanisme de protection civile, souligne Le Temps. En cause:
L'une des conséquences de cette non-adhésion de la Suisse est la limitation d'accès à certaines prestations, comme les réseaux de connaissance ou le programme de formation. Mais cela n'aurait jamais été un frein à l'aide apportée par les Etats européens aux victimes de Crans-Montana. Philippe Boeglin, porte-parole de l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP), insiste:
Outre les 27 pays de l'Union européenne, dix autres états, dont l'Albanie, l'Islande, la Moldavie, le Monténégro, la Norvège, la Turquie ou l'Ukraine, font partie de ce mécanisme. Lancé en 2001, il a été activé plus de 820 fois et a notamment permis d'apporter de l'aide à l'Ukraine durant la guerre ou à la Turquie et la Syrie lors des tremblements de terre de 2023. C'est la première fois que la Suisse sollicite son déploiement.
