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Compagnie Alias: des danseuses dénoncent des années d’abus sexuels

A Genève, des danseuses dénoncent des années d’abus sexuels

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Massages inappropriés, mains dans la culotte, jeux de pouvoir. Au terme d'une longue enquête, «Le Temps» révèle les multiples abus sexuels commis par le directeur de la célèbre compagnie de danse Alias.
13.10.2021, 04:1913.10.2021, 15:19

La compagnie de danse contemporaine Alias est une nouvelle fois dans la tourmente. Son direct est accusé d'avoir abusé de sa position d'autorité pour commettre des attouchements sexuels sur plusieurs danseuses, révèle mardi le journal «Le Temps».

«Il me touchait les seins»

Parmi les multiples actes d'abus évoqués: massages, mains dans la culotte, jeux de pouvoir ou encore comportements insistants pour aboutir à une relation sexuelle.

Madeleine Raykov, danseuse ayant travaillé à de nombreuses reprises avec celui qui est également chorégraphe, raconte: «Il me touchait les fesses, les seins, partout. Je n’étais pas à l’aise, me demandais si c’était normal, mais je n’ai rien dit». Interrogé par Le Temps dans le bureau de son avocat à Genève, l'homme affirme ne pas se souvenir de ces «massages», qui avaient lieu après les répétitions.

«Le milieu genevois a donné à ce chorégraphe un poids énorme»
Pascal Burgat, directeur technique d'Aliasle temps

L'enquête évoque également des changements d’attitude du chorégraphe envers les danseuses «qui lui plaisaient mais qui refusaient d’entrer dans son jeu». L'utilisation de son statut d'autorité pour arriver à ses fins est également abordé.

Le principal concerné nie

Confronté à ces témoignages, le directeur de la compagnie nie avoir favorisé certaines danseuses ou certains danseurs dans leur carrière parce qu’il ou elle lui plaisait. Avant d'ajouter: «Je n’ai jamais eu de comportements abusifs, mais je dois sincèrement me remettre en question, car des personnes semblent avoir mal vécu mes gestes ou paroles. Si certaines en souffrent encore aujourd’hui, si j’ai contribué d’une manière quelconque à générer un sentiment d’insécurité, j’en suis profondément désolé».

Un audit a été demandé

Dans un communiqué diffusé suite à la publication de l'article, le Syndicat Suisse Romand du Spectacle (SSRS) indique que plusieurs personnes lui ont également témoigné «leurs expériences avec ce même chorégraphe mentionnant d'autres potentielles situations abusives».

Le syndicat demande que la Ville de Genève fasse un audit et que des mesures de protection des professionnelles et professionnels soient prises «dans les plus brefs délais».

Une plainte déposée en 2018

En novembre 2018, une jeune danseuse qui avait participé à un stage donné par le chorégraphe avait déposé plainte contre lui. Fin août 2021, le Tribunal d'arrondissement de Lausanne l'a condamné à 5 mois de prison avec sursis et 5000 francs de tort moral. «L'article 191 du Code pénal a été retenu pour acte d'ordre sexuel sur personne incapable de résistance», précise l'avocate de la plaignante dans Le Temps. Le chorégraphe a fait appel de cette condamnation.

(hkr)

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