Le patron d'UBS évoque clairement l'éventualité d'un déménagement
Lors d'une entretien avec des analystes, le patron d'UBS Sergio Ermotti a évoqué l'idée d'un éventuel départ de la plus grande banque de Suisse, selon un journaliste du groupe de média Bloomberg, mercredi. Jusqu'à présent, le dirigeant avait balayé les rumeurs de délocalisation, sans pour autant cacher tout le mal qu’il pensait du durcissement de la réglementation bancaire suisse. En particulier du projet du Conseil fédéral d’imposer à UBS une augmentation de ses fonds propres.
Mais mercredi 28 octobre il aurait déclaré:
Ces propos interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre UBS et la Confédération. Depuis la débâcle de Credit Suisse en 2023, le Conseil fédéral veut renforcer les exigences en fonds propres des banques d’importance systémique. Le but: éviter qu'une nouvelle faillite bancaire ne mette en péril l’économie suisse.
Pour UBS, seule banque directement concernée, la facture pourrait atteindre 16 milliards de dollars de capitaux supplémentaires. Une perspective que sa direction juge préjudiciable à sa compétitivité internationale. En septembre, le Conseil des États a déjà soutenu un durcissement des règles, tout en assouplissant légèrement le projet gouvernemental. La balle est désormais dans le camp du Conseil national.
Un contexte politique et un bras de fer
Lundi 26 octobre, Sergio Ermotti a été auditionné par la commission de l’économie du National, à Berne, en présence de la ministre des Finances Karin Keller-Sutter. Ce mercredi, cette commission a confirmé vouloir entrer en matière sur le projet du Conseil fédéral. Elle en examinera les détails les 23 et 24 novembre.
UBS semble hausser au même moment le ton. Alors qu'en novembre 2025, le Tessinois qualifiait encore d’«absurde» l’idée que sa banque puisse menacer de quitter la Suisse, il a déclaré hier:
En septembre dernier, Sergio Ermotti, mettait aussi en garde contre des suppressions d’emplois, des crédits plus chers et des pertes de recettes fiscales si les exigences du Conseil fédéral étaient validées par les deux Chambres fédérales. Le sexagénaire estime que le Conseil fédéral tire les mauvaises conclusions de l’effondrement de Credit Suisse. Selon lui, cette grande banque n’a pas échoué principalement en raison d’un manque de fonds propres, mais à cause d’une mauvaise stratégie et d’une gestion des risques déficiente. (fnt)
