Cette décision en Suisse est «très inquiétante» pour le boss d'UBS
Le directeur général d'UBS Sergio Ermotti a de nouveau vivement critiqué la récente décision du Conseil des États d'imposer des exigences de fonds propres plus élevées au numéro un bancaire helvétique. Après le mariage forcé des deux grandes banques en mars 2023, la place financière est à nouveau à un tournant. Dans le même temps, il a rappelé que la décision définitive allait prendre beaucoup de temps et qu'UBS n'avait pas besoin d'agir immédiatement.
La proposition de loi actuellement sur la table n'est pas une solution pour équilibrer les éléments de stabilité financière, de protection du contribuable et de compétitivité, a estimé Ermotti, mercredi, dans une téléconférence avec des analystes, en marge de la publication des chiffres au troisième trimestre.
En septembre, le Conseil des Etats a fourni une proposition visant à exiger des fonds propres plus élevés pour les grandes banques d'importance systémique, avec une couverture à 90% des filiales étrangères par des fonds propres durs, les CET1, le choix des 10% restants étant libre. Cette décision a surpris, alors que la commission compétente du Conseil des Etats (WAK-S) avait proposé que les filiales étrangères d'UBS soient couvertes à 50% par des fonds propres de base durs (CET1) et à 50% par des obligations AT1. La balle est désormais dans le camp du Conseil National.
La décision du Conseil des Etats est «très inquiétante», et ignore les réflexions de la majorité qui s'est exprimée au cours de la consultation. Les exigences de capital, qui figurent parmi les plus élevées en comparaison internationale, en seraient excessivement durcies, s'est plaint Ermotti. Comme en mars 2023, lorsque la reprise d'urgence de Credit Suisse par UBS a été décidée, la place financière suisse se trouve à un tournant, où les bases pour les prochaines décennies doivent être posées.
Aucun plan d'urgence dévoilé
De nombreuses rumeurs circulent sur le compromis à trouver, mais UBS ne commentera pas toutes les possibilités envisagées. Le président du Conseil d'administration d'UBS, Colm Kelleher, et Ermotti ont déjà donné leur avis sur la proposition à 50/50 de la Commission du Conseil des États, estimant que cela restait une «solution chère», mais plus équilibrée, a répété le CEO mercredi.
Le directeur a également expliqué que les éventuels «plans d'urgence» ne seront pas évoqués avant que les décisions réglementaires ne soient définitivement prises.
Les nouvelles réglementations relatives à la couverture en fonds propres des participations à l'étranger devraient probablement entrer en vigueur plus tard dans l'année 2027, voire seulement en 2028, et leur mise en oeuvre s'étalera sur plusieurs années, a déclaré M. Ermotti. La grande banque n'est donc pas sous pression pour modifier son modèle d'affaires.
En février 2027, lors de la publication des résultats du quatrième trimestre, la direction d'UBS présentera des plans à moyen terme actualisés, qui comprendront des perspectives pour 2028 et 2029, a ajouté M. Ermotti. Et ces plans tiendront compte, dans une large mesure, de la réglementation actuellement en vigueur. (jah/awp/ats)
