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Voici ce qui fait fluctuer les intérêts de votre caisse de pension

Profiter de sa retraite en restant jeune constitue un rêve pour beaucoup.
Profiter de sa retraite en restant jeune constitue un rêve pour beaucoup.Image: Getty

Les caisses de pension rapportent comme jamais, mais pas pour tous

Une vaste étude le démontre: le taux d'intérêt moyen appliqué aux avoirs de vieillesse dans les caisses de pension n'a jamais été aussi élevé. Mais les écarts sont considérables. Tour d'horizon.
07.06.2026, 18:5607.06.2026, 18:56
Daniel Zulauf

Commençons par la bonne nouvelle: les caisses de pension suisses se portent «excellemment bien». Heini Dändliker, de la Banque cantonale de Zurich (BCZ), affiche presque de l'euphorie lors de la présentation de la série de données 2025 de l'étude longitudinale Swisscanto.

Les réserves sont, dans de nombreux cas, les plus importantes depuis 25 ans, date à laquelle elles ont été mesurées pour la première fois par le biais d'enquêtes auprès des caisses. Entre-temps, il y a eu une pandémie mondiale (2022), une crise financière (2008), un krach des valeurs technologiques (2001), plus de sept ans de politique de taux négatifs ou nuls de la Banque nationale, plusieurs guerres et conflits meurtriers.

Plus de risques et plus de rendements

Le bon état des caisses de pension n'a rien d'évident, et il offre aux gestionnaires de fonds une marge de manœuvre pour continuer à faire fructifier nos avoirs de vieillesse: le mot clé est «capacité à prendre des risques».

Plus les réserves sont élevées, plus il est possible d'investir de manière risquée, et donc potentiellement rentable. Actions plutôt qu'obligations: telle est la recette du succès, et les résultats sont impressionnants.

Les 528 caisses interrogées, qui gèrent un patrimoine de prévoyance de 939 milliards de francs, ont rémunéré, en 2025, les avoirs de vieillesse de leurs membres encore en activité à un taux moyen de 4,7%. Après déduction de l'inflation de 0,1%, le taux d'intérêt réel s'établit à 4,6%. Selon Heini Dändliker, c'est également un record depuis le début du siècle.

Le rendement du patrimoine des caisses de pension est presque toujours le fruit d'une politique de placement réussie, et il est déterminant: les intérêts sont capitalisés sur l'avoir de vieillesse et constituent, en définitive, un facteur clé dans le calcul du montant de la rente. Et le record de l'an dernier n'était pas un feu de paille.

De fortes divergences dans les résultats des caisses

Sur les cinq dernières années, le taux d'intérêt moyen de l'ensemble des caisses s'est établi à 3,5%. Les 50 caisses affichant les meilleurs rendements ont crédité leurs assurés d'un taux moyen de 6,4%. Pour un avoir de vieillesse moyen d'un membre actif de 200 000 francs, cela correspond à un crédit de prestations de 72 000 francs.

Mais l'écart avec les caisses les moins performantes est considérable. Sur la même période de cinq ans, la moyenne des caisses affichant les taux les plus bas n'était que de 2%. Pour ces assurés, un capital de vieillesse de 200 000 francs n'a donc progressé que de 20 000 francs. Il est clair que de tels écarts se répercutent massivement sur le montant des rentes au terme d'une vie professionnelle.

Les responsables de l'étude sur les caisses de pension ne savent pas très bien eux-mêmes pourquoi ces différences existent. Ils savent certes que les caisses ayant opté pour une politique de placement plus risquée lors des bonnes années boursières ont obtenu de bien meilleurs résultats que les caisses conservatrices, qui ne détiennent pas ou peu d'actions. Mais ils ignorent pourquoi certaines caisses sont plus enclines au risque que d'autres.

Des résultats qui interrogent

Une explication évidente serait la capacité à prendre des risques. Les caisses disposant de réserves confortables peuvent se permettre de prendre davantage de risques que celles dont les réserves sont faibles. Pourtant, les spécialistes de la BCZ n'ont pas trouvé de preuve convaincante de ce lien supposé dans leurs calculs.

Parmi les caisses affichant les taux d'intérêt les plus bas et les rendements globaux les plus faibles, certaines disposent de réserves abondantes, et inversement.

Iwan Deplazes, responsable des activités de caisses de pension et de gestion de placements à la Banque cantonale de Zurich, estime que le problème tient aux différences de compétences au sein des conseils de fondation. Cet organe, dont la composition paritaire entre représentants des employeurs et des employés est imposée par la loi, fixe la politique de placement et décide du niveau de risque que la caisse est autorisée à prendre dans ses investissements.

La question du facteur chance

Les conseils de fondation sont, dans le système de prévoyance suisse, des organes composés en principe de profanes. Le système milicien est-il donc responsable du fait qu'un salarié parte à la retraite plus ou moins sereinement au terme de sa vie professionnelle? La qualité de la prévoyance vieillesse ne dépend-elle pas uniquement de l'épargne et du travail fourni, mais surtout du hasard de la caisse dans laquelle se retrouve un employé?

L'océan apparemment sans fond de données de performance ne fournit pas non plus de réponse claire à cette question.

Revenons à la bonne nouvelle: les caisses de pension sont devenues plus robustes au cours des 25 dernières années. Le débat politique sur la baisse des taux de conversion et le financement croisé des jeunes vers les seniors est derrière nous. Mais une nouvelle critique pointe à l'horizon: le montant des rentes n'est-il qu'une question de chance, et le système des caisses de pension crée-t-il des inégalités?

Ce sont des questions importantes, mais elles ne semblent pour l'heure intéresser qu'une minorité: 70% des assurés ignorent le taux d'intérêt appliqué à leur avoir de vieillesse, selon une enquête menée par la BCZ.

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