Suisse
Economie

Fribourg: pas de sauvetage de Cremo via une intervention de l'Etat

L'Etat de Fribourg ne devrait pas intervenir pour sauver Cremo

Le groupe laitier fribourgeois veut se concentrer sur le coeur du m�tier qui est l�achat, la transformation et la valorisation du lait (photo pr�texte).
L'entreprise Cremo connait des difficultés depuis de nombreuses années, faisant craindre pour sa survie dans le canton de Fribourg.Keystone
Le gouvernement fribourgeois s'est exprimé contre un éventuel plan de soutien public à l'entreprise Cremo, fleuron de l'industrie laitière du canton, qui n'en voulait pas non plus.
05.07.2026, 13:2105.07.2026, 13:21

En difficulté, Cremo ne devrait pas pouvoir compter sur l'Etat de Fribourg pour sortir de l'ornière. Le gouvernement a en effet annoncer inciter le Grand Conseil à rejeter un mandat demandant la création d’une commission chargée de proposer des mesures pour éviter une déconfiture de l'emblématique groupe laitier.

Le Conseil d’Etat n’entend donc pas s’immiscer dans un éventuel sauvetage de Cremo, présidé depuis 2023 par l'ancien ministre cantonal Georges Godel (74 ans). Le mandat, signé par dix députés, avait été déposé en février dernier, dans un contexte où les Fribourgeois se montrent inquiets de l'avenir du fleuron industriel.

Le risque d'un dangereux précédent

En cas d'aval du Grand Conseil, la commission serait chargée d’identifier l'impact d’une éventuelle faillite de l'entreprise de Villars-sur-Glâne, mais aussi d’émettre des propositions d’actions. Pour l'exécutif, le canton doit éviter de s’immiscer dans les affaires d’une société privée, active sur un marché concurrentiel.

Une telle issue créerait, à ses yeux, un dangereux précédent. Ce n’est d’ailleurs pas sa mission et il «ne dispose d’aucune compétence en matière de production comme de commercialisation industrielle», écrit le Conseil d'Etat dans une réponse passablement attendue dans les milieux politiques et économiques.

Des réflexions sont toutefois en cours quant à un possible soutien à l’investissement industriel «sur la base des outils existant dans les politiques économique et agricole comme des subventions, des prêts ou des cautionnements», avance le gouvernement, qui dit suivre la situation «avec la plus grande vigilance».

Cremo ne veut pas d'ingérence

De son côté, Cremo «a signifié de manière transparente sa crainte d’une ingérence de l’Etat dans ses affaires, par le biais d’un plan d’assainissement ou de solutions parallèles qui mettraient à mal la crédibilité et l’existence même de son propre plan», a relevé le quotidien La Liberté, en rapportant aussi la réponse de l'exécutif.

Le problème réside dans le fait que Cremo, fort de 650 employés, ne parvient pas à redresser la barre. Le groupe a creusé sa perte à 17,1 millions de francs en 2025, contre 16,9 millions lors de l'exercice antérieur, essuyant un sixième débours de rang. Le chiffre d'affaires a reculé de 6,1% pour s'établir à 473,6 millions. (btr/ats)

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