watson appartient désormais à 100% à cette famille
CH Media, auquel appartient watson, clôt l’exercice 2025 avec un résultat nettement meilleur. Qu’est-ce qui explique cette évolution?
Michael Wanner: Ce développement positif est le fruit d’un travail intensif mené ces trois dernières années. Côté coûts, nos efforts d’économie se révèlent justes et nécessaires. Et le fait d’avoir pu maintenir un chiffre d’affaires quasiment stable malgré les mutations structurelles du secteur constitue une performance remarquable.
Qu’est-ce qui a changé par rapport aux années précédentes pour permettre cette stabilité des revenus?
Nous récoltons aujourd’hui les fruits de notre stratégie: nous nous concentrons pleinement sur notre cœur de métier et continuons d’investir dans nos positions fortes.
Autre point important: au second semestre 2025, nous avons réussi pour la première fois à stabiliser le nombre d’abonnements de nos titres, y compris numériques – ce qui est loin d’être évident sur ce marché.
Avec le rachat de la part restante de la NZZ, CH Media appartient désormais entièrement à votre famille. Cela coïncide avec un changement de génération. Hasard ou stratégie?
Cette étape était planifiée depuis un certain temps par les deux parties. La joint-venture conclue en 2018 a rempli son rôle et a été bénéfique pour les deux groupes.
Pourquoi maintenant?
Le retour complet de l’entreprise dans le giron familial s’inscrit aussi dans le contexte du changement de génération que nous sommes en train d’opérer. Pour mon père, c’est une boucle qui se referme: l’entreprise est à nouveau entièrement familiale, ce qui facilite sans doute la transmission à la prochaine génération.
Que retenez-vous de la joint-venture avec la NZZ?
C’était une excellente décision. Dans un marché structurellement en recul, unir nos forces était logique. Grâce à notre taille, nous avons pu bénéficier d’effets d’échelle tout en améliorant la qualité.
Combinée à nos équipes régionales, cela constitue la force éditoriale de CH Media.
Combien a coûté ce rachat et comment a-t-il été financé?
La transaction repose sur un financement solide. Une part importante a été couverte par la vente de biens immobiliers non essentiels à l’exploitation. Le reste est financé par notre cash-flow opérationnel, ce qui rend d’autant plus important le maintien de la rentabilité.
Que vont devenir les chaînes régionales Tele1 et TVO de la NZZ?
Tele1 et TVO ne faisaient pas partie de la participation de 35% et restent propriété de la NZZ. CH Media continuera à fournir des prestations rédactionnelles et techniques pour ces chaînes. Pour les collaborateurs comme pour le public, rien ne change. Une éventuelle intégration dans notre groupe de chaînes régionales ne serait envisageable que si la règle dite du «2+2», qui limite le nombre de chaînes concessionnées par entreprise, venait à disparaître.
Quelles conséquences pour votre conseil d’administration?
Les deux représentants de la NZZ, Felix Graf et Jörg Schnyder, quittent leurs fonctions. Nous communiquerons ultérieurement sur les nouveaux membres.
Quelle est l’ambition de CH Media après cette reprise à 100% par la famille?
Elle reste inchangée: devenir le principal groupe de médias privé de Suisse alémanique, avec une identité journalistique claire, un fort ancrage régional et une indépendance entrepreneuriale. En tant qu’entreprise familiale, nous pouvons penser et agir sur le long terme.
(adapt. tam)
