Ces données sur les trains CFF vont déplaire aux Romands
De nombreux pendulaires ont l'impression que la Suisse romande est le parent pauvre des politiques ferroviaires de la Confédération. Dévoilées par la RTS, les données relatives à la fréquentation des trains les plus pleins du pays risquent de donner de l'eau à leur moulin.
L’étude montre toutefois, sans surprise, que la saturation du réseau reste principalement concentrée sur certaines plages horaires. Les trains les plus chargés circulent surtout entre 6h30 et 8h30, puis entre 17h et 19h, essentiellement sur les grands axes interurbains.
Et outre les heures de pointe, certaines lignes très fréquentées ne sont d’ailleurs bondées que sur une portion limitée du trajet. Le RegioExpress reliant Annemasse à Saint-Maurice, par exemple, est particulièrement chargé entre Genève, Coppet et Nyon avant de se vider progressivement plus loin sur le parcours.
Mais la RTS met aussi en lumière le déséquilibre entre les voyageurs favorisés de la première classe et ceux de seconde. Sur plus de 2500 trajets analysés, la deuxième classe est presque systématiquement plus occupée que la première. Seuls 21 trajets affichent un taux de remplissage supérieur en première classe. Constat qui relance le débat sur l’utilité de la première classe dans les trains suisses. Une pétition déposée cette année par les jeunes de l’ATE réclame même sa suppression.
Pour certains défenseurs des transports publics, cette distinction renforce les inégalités sociales. Le président de la section jurassienne de l'ATE estime ainsi que «le simple fait qu'on parle de classe montre que nous vivons dans une société où nous considérons que certaines personnes sont dignes d'avoir un confort supplémentaire et d'autres non.»
D’autres jugent au contraire qu’elle permet d’attirer une clientèle aisée vers le rail plutôt que vers la voiture, notamment pour des raisons de confort et de tranquillité. Vincent Kaufmann, sociologue spécialiste des questions de mobilité à l'EPFL, rappelle que les personnes les plus aisées polluent largement plus et que la 1ère classe permet des les attirer vers une mobilité plus douce et qu'elle peut les rassurer:
Reste qu’aux heures de pointe, peu importe la classe choisie, les Romands partagent souvent la même impression d’un réseau sous pression. (hun)
