Ces arbres fruitiers suisses adoptent un étrange comportement
Le conseiller national soleurois du Centre Stefan Müller-Altermatt n'est pas seulement un politicien engagé pour l'environnement, il est aussi biologiste de formation. En ce moment, quelque chose l'interpelle: des arbres fruitiers en fleurs. On parle, dans ces cas-là, de floraison tardive ou secondaire. Et justement, Stefan Müller-Altermatt en observe une sur son mirabellier.
Ses pommiers ont eux aussi de nouvelles pousses de feuilles. Le conseiller national possède en tout 12 arbres haute-tige de variétés très diverses. Il lâche:
Stefan Müller-Altermatt n'est pas le seul à constater le phénomène. L'Agroscope, le centre de compétences de la Confédération pour la recherche agronomique, a reçu des signalements de floraisons secondaires en provenance de différentes régions, indique le chercheur Samuel Cia:
Les tempêtes peuvent aussi provoquer cette réaction
Le phénomène est connu de longue date et survient régulièrement. Son ampleur dépend de l'espèce fruitière, de la variété, de l'emplacement et des conditions météorologiques. Stefan Müller-Altermatt ajoute:
Les arbres du conseiller national ont effectivement souffert de plusieurs facteurs de stress. Le 28 août, son jardin a été frappé par un orage de grêle. Les pommiers se sont retrouvés presque nus par la suite, raconte-t-il. Deux d'entre eux ont été brisés par la tempête.
Les floraisons tardives, plutôt rares, ainsi que les foliaisons secondaires ne s'observent apparemment pas dans toute la Suisse, écrit l'organisation Fruit-Union Suisse, interrogée à ce sujet:
L'impact sur les récoltes de l'année prochaine
Stefan Müller-Altermatt s'étonne que la floraison secondaire survienne si tard, maintenant que les jours sont déjà nettement plus courts:
Cette réaction serait un bon indicateur que la pression exercée sur les arbres pour se régénérer est forte. Stefan Müller-Altermatt résume:
La question se pose: une baisse de récolte est-elle à craindre pour l'an prochain? Samuel Cia, d'Agroscope, répond:
En revanche, les contraintes antérieures, comme la sécheresse, la canicule ou la perte de feuilles due à une tempête, sont plus significatives, car les arbres peuvent stocker moins de réserves.
Les bourgeons déjà éclos manqueront toutefois au printemps prochain. Ce n'est normalement pas grave, rassure Samuel Cia:
Une forte floraison tardive peut en revanche diminuer le rendement.
Les signes révélateurs d'un arbre fruitier stressé
Mais alors, comment savoir si un arbre est affaibli ou non? Sandro Rüegg, de Fruit-Union Suisse, indique que des colorations prématurées des feuilles, des dessèchements du feuillage, des pousses mortes ou un débourrement faible sont des indices concrets. Un apport supplémentaire d'engrais en raison d'une floraison tardive n'est toutefois pas nécessaire, et l'on ne devrait arroser qu'en cas de réel manque d'eau.
Stefan Müller-Altermatt s'attend en tout cas à ce que la récolte de l'an prochain ne soit pas bien meilleure que celle de cette année, amoindrie par la grêle et la sécheresse. Comme les arbres portent généralement, une année sur deux, de nombreux et gros fruits à l'automne, puis peu l'année suivante, il ne se fait pas de grands espoirs pour 2027.
S'y ajoutent les conséquences de l'été caniculaire, comme l'indique Sandro Rüegg:
(trad. ysc)
