Les escargots sont de retour en Suisse: où se cachaient-ils?
Cela faisait une éternité, ou presque, qu'on n'avait plus croisé le moindre gastéropode. Mais après des mois de fortes chaleurs, il a enfin vraiment plu et, dès le petit matin, voilà qu'une limace rampe sur la pelouse.
Mais où étaient donc passés ces animaux, pourtant si voraces, pendant cet été caniculaire? «Ils se sont enfouis profondément dans le sol, dans les galeries creusées par les vers de terre ou encore dans des fissures», explique le malacologue Ulrich E. Schneppat. Dans les régions montagneuses, les amas de rochers et d'éboulis offrent également des cavités suffisamment grandes pour leur permettre de s'enfoncer assez profondément et de rester au frais.
Mais certains escargots n'ont probablement pas survécu à la chaleur. Il est du moins possible que les individus les plus faibles soient morts sous l'effet des fortes températures, explique cet ancien collaborateur du Musée de la nature des Grisons. Chez quelques rares espèces particulièrement sensibles à la chaleur, des températures à peine supérieures à 20°C peuvent déjà être mortelles. Les limaces n'en font pas partie.
A l'assaut des endroits frais
Pour se protéger de la chaleur et de la sécheresse, tous les gastéropodes peuvent sécréter différents types de mucus. «Mais ce mucus ne les protège pas de la surchauffe. Pour cela, ils doivent se réfugier dans des endroits frais et humides», explique le spécialiste grison. Certaines espèces ne perdent presque pas d'eau, ce qui leur permet de résister plus longtemps au dessèchement.
Dans les jardins, on pourrait croire que les escargots font leur grand retour. Mais ils n'étaient jamais partis: ils s'étaient simplement cachés pendant les journées de forte chaleur. «Les limaces et les escargots ne parcourent pas de grandes distances.» Plus surprenant, ils n'aiment pas du tout sentir les gouttes de pluie tomber sur leur corps, précise le spécialiste.
La chaleur a également eu des effets sur leur comportement reproducteur. «Lorsqu'il fait trop chaud, les escargots repoussent simplement l'accouplement à une période plus fraîche ou à l'année suivante», explique Schneppat. Certaines espèces s'adaptent très facilement et peuvent même s'autoféconder.
«Les plus anciens fossiles connus de limaces ont été découverts dans le lignite de la vallée de Geisel, en Allemagne.» Ces découvertes montrent que les limaces se débrouillent sur notre planète bien mieux qu'on ne pourrait le croire, explique le spécialiste grison. Lorsqu'il fait chaud, rester simplement à l'abri sans bouger est une stratégie plutôt efficace.
Les escargots de Bourgogne, qui sont protégés, ont une stratégie un peu différente pour échapper à la chaleur. Comme de nombreuses autres espèces, ils grimpent sur la végétation ou les rochers pour quitter l'air brûlant qui règne au ras du sol et trouver davantage de fraîcheur en hauteur. Là, ils se fixent grâce à leur mucus et referment l'ouverture de leur coquille à l'aide d'une pellicule de mucus appelée diaphragme, qui les protège en grande partie du dessèchement. (trad.: mrs)
