De nombreuses exploitations agricoles ont recours à des produits phytosanitaires lorsque des parasites, comme les pucerons, attaquent leurs plantes. Mais ces produits sont critiqués quant à leur toxicité sur l'environnement. La Confédération veut aujourd'hui interdire six substances actives, ce que l'Union suisse des paysans critique vivement.
Ces interdictions créeraient de nouvelles lacunes dans la protection des plantes, déplore l'Union suisse des paysans dans un de ses articles de En direct de l'USP. En d'autres termes, les agriculteurs ne disposeraient plus d'aucun produit phytosanitaire pour lutter contre certains parasites dans certaines cultures.
La substance active Asulam, par exemple, serait «cruciale» pour la lutte contre les mauvaises herbes dans les prairies et les pâturages ainsi que dans les cultures fruitières, selon l’Union des paysans. Et la disparition de l'insecticide spirotetramat entraînerait «une vingtaine de nouvelles lacunes» dans la protection des baies, des betteraves à sucre, des légumes, des fruits et de la vigne.
Dans ses explications, la Confédération reconnaît que la suppression du spirotetramat a des «conséquences radicales pour la production agricole à grande échelle». Ainsi, aucune substance active ne serait plus autorisée contre le puceron des racines de la carotte ni contre le puceron vert du pommier dans les fruits à pépins et contre le phylloxéra dans la vigne.
Le nombre de cultures ne disposant pas de moyens de protection contre un organisme nuisible en particulier «est malheureusement en forte augmentation», constate Daniel Blättler de l'Union des paysans.
Avec les retraits annoncés, la Confédération réagit à l'UE. La substance active Asulam, par exemple, doit disparaître du marché parce que l'UE ne l'a pas approuvée, car elle présente - entre autres - un risque élevé à long terme pour les oiseaux et les mammifères. Dans le cas du spirotetramat, le cas est différent: l'autorisation a expiré dans l'UE et aucune demande de renouvellement n'a été déposée.
En Suisse, il est prévu d'interdire la vente des six substances actives à partir de mi-2025, et leur utilisation un an plus tard. Mais aucune décision définitive n'a encore été prise, comme le précise l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires. Les modifications sont actuellement en consultation.
L'Union suisse des paysans et l'industrie se plaignent depuis longtemps que trop de produits sont retirés du marché - alors que l'autorisation de nouveaux produits se fait attendre. L'année dernière, selon la Confédération, une substance active et 35 produits ont été retirés, tandis que seuls 12 substances actives et 12 produits ont été autorisés.
Selon l'Union des paysans, la procédure d'autorisation suisse est «beaucoup plus stricte» qu'en Europe. Celle-ci espère que le Parlement ira dans son sens: il a déjà donné son feu vert de principe pour une autorisation simplifiée des produits phytosanitaires.
Traduit de l'allemand par Anne Castella