Cette petite molécule potentiellement «toxique» est partout
Les concentrations d'acide trifluoroacétique (ATF) dans l'environnement devraient invariablement augmenter à l'avenir, selon une étude de l'Empa (Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche) publié mardi. L'ATF est difficilement dégradable. Il fait partie de la famille des PFAS, ces produits chimiques dits éternels.
L'étude de l'Empa a été conduite avec l'aide de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) et l'Université de Berne. Les chercheurs ont analysé la manière dont l'ATF se forme dans l'atmosphère. Ils ont aussi mesuré les quantités de cette substance qui parviennent dans les eaux en s'appuyant notamment sur des données historiques.
Le climat au coeur du débat
Les résultats de l'étude sont sans appel. Les concentrations d'ATF dans les précipitations et les eaux de surface n'ont fait que progresser au cours des dernières décennies, relève l'Empa dans un communiqué. Selon les scientifiques, cette hausse constante est due à l'utilisation accrue de gaz fluorés appelés hydrofluoroléfines (HFO).
Les HFO servent de réfrigérants et de propulseurs, explique l'Empa. Ils remplacent dans ce rôle les hydrofluorocarbures (HFC) nuisibles au climat. Le problème est que ces HFO, contrairement aux HFC, se décomposent «très rapidement dans l'atmosphère». Leur décomposition produit notamment des ATF, qui eux sont extrêmement stables.
Relève Stefan Reimann, chercheur à l'Empa et premier auteur de l'étude, cité dans le communiqué.
«Toxicité à long terme»?
Une autre source importante d'ATF est la dégradation des produits phytosanitaires. Dans ce cas, la substance ne fait pas de détour par l'atmosphère, mais parvient plus ou moins directement dans les eaux via les sols. Une fois dans l'eau, la substance y reste de manière pérenne. Elle se retrouve donc aussi dans les océans.
La nocivité de l'ATF pour la santé «n'a pas encore été définitivement étudiée», note l'Empa. Certaines recherches fournissent toutefois des indications sur «une éventuelle toxicité à long terme».
Pour éviter l'accumulation de cette molécule dans l'environnement, il faudrait limiter l'utilisation de substances qui en sont à l'origine, comme les hydrofluoroléfines (HFO) ou les produits phytosanitaires. «Nous devrions agir selon le principe de précaution», conclut Reimann.
(sda/ats)
