Ils harcelaient un père de famille depuis des jours et ça a dégénéré
Nous sommes en avril, peu avant 22 heures: quatre adolescents âgés de 14 et 15 ans passent à plusieurs reprises en trottinette électrique devant la maison d'un père de famille syrien de 50 ans, dans un village du district de Baden (AG). Pour l'ennuyer, ils klaxonnent et allument des pétards qu'ils jettent sur sa voiture. Puis ils disparaissent.
Des scènes similaires se seraient déjà déroulées les jours précédents. Le Syrien, à bout, monte dans sa voiture. Il veut demander des comptes aux jeunes qui, d'après leurs noms, sont d'origine suisse et italienne.
Une situation qui échappe à tout contrôle
Pendant qu'il cherche le groupe dans le village, les adolescents retournent vers la maison. Ils poussent l'un des leurs à se rendre jusqu'à la porte d'entrée. Cela se serait également déjà produit les jours précédents. La porte n'est pas verrouillée, seulement entrebâillée. D'un coup de pied, l'adolescent l'ouvre en grand, met un pied dans la maison et lance des insultes à l'intérieur. Puis il fait demi-tour et s'enfuit en courant.
Presque au même moment, l'homme de 50 ans rentre avec son fils de 14 ans. Ils sortent de la voiture et veulent rattraper les adolescents. Mais l'homme n'a pas suffisamment serré le frein à main, et sa voiture se met en mouvement pour aller percuter un panneau publicitaire.
Les quatre adolescents s'enfuient sur leurs trottinettes électriques, mais l'un d'eux panique, abandonne son véhicule et tente de s'enfuir à pied. Le fils du Syrien l'attrape, et les deux en viennent aux mains. Juste avant que la situation ne dégénère complètement, un autre fils de l'homme de 50 ans sort de la maison, sépare les deux, saisit l'adolescent fautif par les épaules et le traîne à l'intérieur de la maison.
Là, l'adolescent, âgé lui aussi de 14 ans, doit rester assis sur une chaise. Jusqu'à l'arrivée de la police, alertée par la fille de la famille, le fils de l'homme de 50 ans maintient le garçon par le bras. Le père de famille syrien lui crache une fois au visage.
Une pluie d'amendes
Le déroulement de ces faits ressort d'une ordonnance pénale du ministère public de Baden, devenue récemment définitive. Dans cette décision, l'homme a été condamné pour voies de fait ainsi que pour infraction à la loi sur la circulation routière, pour ne pas avoir maîtrisé son véhicule, ce qui a entraîné un accident.
L'ordonnance pénale précise que des scènes identiques avec les adolescents s'étaient déjà produites près du domicile du prévenu durant les trois jours précédents, «de sorte que celui-ci s'était senti entre-temps extrêmement importuné et voulait, de cette manière, demander des comptes aux adolescents, voire les tenir pour responsables».
L'homme a été condamné à une amende de 600 francs. Avec les frais de l'ordonnance pénale, la facture totale s'élève à 1100 francs. Les dégâts matériels causés au panneau publicitaire, eux, se montent à 400 francs.
Selon le ministère public argovien, des procédures distinctes sont en cours contre les adolescents devant le tribunal des mineurs. (trad. ysc) (cla)
