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Les membres du CIO ne représentent pas leurs pays, selon l'organisation.
Les membres du CIO ne représentent pas leurs pays, selon l'organisation.Image: sda

Pourquoi le CIO ne veut pas obéir à la Suisse et exclure ses membres russes

La Suisse a demandé l'exclusion de fonctionnaires russes ou biélorusses des directions d'organisations sportives internationales. Le Comité international olympique justifie leur non-exclusion, mais veut continuer à dénoncer les violations de la paix olympique.
18.04.2022, 15:3919.04.2022, 10:05

Les membres du Comité international olympique (CIO) sont élus par le CIO en tant que personnes et ne représentent pas leurs pays dans l'organisation selon la charte olympique. L'organisation a réagi ainsi à la demande suisse d'exclure les fonctionnaires russes ou biélorusses.

Les personnes élues au CIO sont ensuite déléguées comme ambassadeurs du CIO dans les organisations sportives de leurs pays respectifs, a écrit lundi l'organisation dans une prise de position. Il est précisé que:

«Pour le moment, il n'y a pas de rencontres du CIO auxquelles des membres russes participent»
Réaction du CIO à la demande de la Suisse

La demande de la Suisse

La Suisse demande l'exclusion de fonctionnaires russes ou biélorusses dans les organes dirigeants des fédérations sportives internationales. La conseillère fédérale Viola Amherd avait envoyé une lettre en ce sens au président du CIO Thomas Bach.

Cette lettre, rendue publique samedi par les journaux de Tamedia, affirme que:

«Au vu de la situation en Ukraine, il ne suffit plus d'exclure les athlètes russes et bélarusses des compétitions à l'étranger»
Demande de la Suisse au CIO

En mars déjà, un collectif d'une trentaine de pays, dont la Suisse, avait exigé des mesures efficaces de la part des fédérations sportives internationales contre la Russie et la Biélorussie.

Le CIO pourrait exclure des fédérations

Les cartes sont, toutefois, entre les mains du CIO, qui dispose de moyens bien plus efficaces que l'Etat pour influer sur les fédérations, toutes organisées selon le droit privé. Le CIO aurait, le cas échéant, le pouvoir d'exclure des fédérations de la famille olympique.

Le directeur de l'Office fédéral du sport (OFSPO) Matthias Remund avait confirmé, mercredi, lors d'une conférence en ligne, que de nouvelles mesures étaient nécessaires. Il avait déclaré que:

«En tant que siège de nombreuses fédérations sportives internationales, la Suisse attend désormais un signal fort du sport»
Matthias Remund, directeur de l'Office fédéral du sport

Swiss Olympic, le Comité olympique suisse, soutient également la position de la Confédération. Le CIO suit la situation de près et se réserve le droit d'adapter ses mesures en fonction de l'évolution de la situation. Dans sa réaction, il écrit:

«Vouloir continuer à dénoncer les personnes et les organisations responsables et qui violent la paix olympique»
Réaction du CIO à la demande de la Suisse

Des «sanctions sélectives» selon Richard Pound

Richard Pound, membre du CIO, estime discutable que le CIO ne recommande que l'exclusion des athlètes et non pas celle des fonctionnaires russes. «Il semble incompréhensible que les sanctions soient ici sélectives», a déclaré le Canadien dans une interview accordée à la radio Deutschlandfunk. Il n'a, toutefois, pas dit clairement si les membres russes du CIO devaient être suspendus.

Des sportifs ont été sanctionnés 👇️

Richard Pound ne voit, par ailleurs, rien de mal dans les contacts du président du CIO Thomas Bach et du président de la Fifa Gianni Infantino avec Vladimir Poutine. Tous deux avaient notamment assisté à un match de la Coupe du monde de football avec le président russe en 2018. Thomas Bach est également apparu aux côtés de Vladimir Poutine lors des Jeux olympiques de 2014. Richard Pound a souligné que:

«Une grande partie de ces choses sont des gestes symboliques. Gianni Infantino et Thomas Bach n'ont pas de divisions ou de chars. Il est important d'avoir les meilleures relations possibles avec les acteurs gouvernementaux, parce que dans de nombreux pays – pratiquement tous – les gouvernements sont très importants pour la construction d'installations sportives et ainsi de suite.»
Richard Pound, membre du CIO

(sas/ats)

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