Suisse
Technologie

La Suisse lance son IA, et elle parlera aussi le suisse allemand

La Suisse est officiellement lancée dans la course aux LLM.
La Suisse entend révolutionner le secteur avec son IA transparente et éthique.Image: © EPFL/ETH Zurich/CSCS/molinari design

La Suisse lance son IA, et elle parlera aussi le suisse allemand

C'est désormais officiel, la Suisse est lancée dans la course à l'intelligence artificielle générative. Nommée Apertus, cette IA se veut beaucoup plus transparente que la concurrence.
03.09.2025, 08:5703.09.2025, 08:57

Il porte le nom d'«Apertus» et il est l'équivalent suisse de ChatGPT. Ce nouvel outil de langage utilisant l'intelligence artificielle (IA) a été lancé mardi. Il veut être une alternative aux systèmes commerciaux existants, critiqués pour leur manque de transparence.

Une ouverture totale

Apertus a été conçu comme un bien public. Il fait partie des rares modèles de langage multilingues totalement ouverts. Son architecture, ses paramètres, ses données d'entraînement et sa méthodologie sont entièrement documentés et librement accessibles, indiquent les deux écoles polytechniques fédérales de Lausanne et Zurich dans un communiqué.

La vidéo de présentation (en anglais):

Vidéo: YouTube/EPFL

Selon l'EPFL et l'ETH Zurich, le lancement d'Apertus représente «une étape majeure pour la transparence et la diversité dans l'intelligence artificielle générative». Le système parie sur l'ouverture totale. D'autres modèles existent, américains ou chinois notamment, mais ils ne partagent qu'une partie de leurs composants.

Des langues et données jusqu'ici peu exploitées

Apertus a été entraîné sur 15 000 milliards de mots ou parties de mots issus de plus de 1000 langues. Environ 40% des sources ne sont pas anglophones. Le modèle intègre ainsi des langues généralement peu représentées dans les grands modèles de langage, comme le suisse allemand ou le romanche.

Apertus est le premier modèle du genre à intégrer dès sa conception des principes «fondamentaux» comme le multilinguisme, la transparence et la conformité réglementaire, relève, cité dans le communiqué, Imanol Schlag, responsable technique du projet et chercheur à l'ETH Zurich.

Le système suisse veut être une référence, un engagement et une première étape en faveur d'une infrastructure d'intelligence artificielle «ouverte, de confiance et souveraine, pour le bien commun mondial», ajoute Antoine Bosselut, directeur du Laboratoire de traitement du langage naturel à l'EPFL.

Disponible en deux tailles

Le modèle Apertus, qui a été développé dans le cadre de l'Initiative Swiss AI, est accessible via Swisscom ou téléchargeable depuis la plateforme Hugging Face. L'outil d'IA est disponible gratuitement en deux tailles. La plus petite, pour une utilisation individuelle, contient 8 milliards de paramètres, la plus grande 70 milliards.

Apertus, un mot qui signifie ouvert en latin, se veut une base pour les développeurs et organisations qui souhaitent concevoir des applications d'intelligence artificielle, telles que des chatbots, des systèmes de traduction et des outils pédagogiques. Le modèle sera régulièrement mis à jour par l'EPFL et l'ETH Zurich.

Ce nouvel instrument linguistique d'intelligence artificielle générative suisse a été développé dans le cadre de l'Initiative Swiss AI, un projet mené par l'EPFL et l'ETH Zurich. Il est le fruit d'une collaboration entre chercheurs, ingénieurs et étudiants de toute la Suisse. Apertus a en outre reçu le soutien technique du Centre national suisse de calcul scientifique (CSCS). (ysc/sda/ats)

Parce qu'elle est partout, voici des images générées par IA
1 / 12
Parce qu'elle est partout, voici des images générées par IA
Un Trump généré par l'IA, en pleine séance d'Ayahuasca dans la jungle.
source: reddit
partager sur Facebookpartager sur X
Voici la première sitcom générée par une intelligence artificielle
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
L'addiction au trading grimpe en Suisse: «On ne parle que des gagnants»
L’addiction au trading est en hausse en Suisse. Comment la reconnaître et comment s’en sortir? Domenic Schnoz, responsable du Centre pour l’addiction au jeu de la fondation Radix, nous explique tout.
Monsieur Schnoz, le trading en bourse est devenu une véritable activité populaire, presque une drogue. Votre centre accompagne des personnes souffrant d’addiction aux jeux d’argent, et donc aussi des personnes dépendantes au trading. Le problème prend-il de l’ampleur?
Domenic Schnoz:
Nous constatons depuis cinq ou six ans une nette augmentation du nombre de personnes qui présentent un problème de jeu d’argent lié au trading. D’un point de vue thérapeutique et psychologique, les mécanismes à l’œuvre chez les personnes dépendantes au trading sont comparables à ceux que l’on retrouve chez les personnes souffrant d’une addiction classique aux jeux d’argent, comme la roulette, les machines à sous, le poker, etc.
L’article