Le patron d'un bar de Crans-Montana raconte: «Ils ne se mélangeaient pas»
Les témoignages pleuvent et les larmes coulent à Crans-Montana. Encore, sans discontinuer. L'incendie du bar Le Constellation nourrit les débats dans le village valaisan. «L'atmosphère est tendue», nous glisse un villageois attrapé au téléphone. Certains acceptent de parler de la situation, mais uniquement sous couvert d'anonymat.
C'est le cas d'un tenancier de bar à Crans-Montana, qui remonte le temps pour nous narrer la soirée du drame: «Vers les 2h du matin, j'ai reçu un appel qui disait qu'une explosion avait eu lieu au Constellation. Il était dit qu'il y avait deux morts».
Il poursuit:
C'est le lendemain matin qu'il a reçu toutes les informations. «On m'a même transféré une fausse liste des décès qui n'avait absolument rien à voir avec les événements», déplore le tenancier.
Le chagrin est d'autant plus lourd que notre interlocuteur confie avoir perdu une amie qui travaillait au Constellation ce soir-là. «C'est un drame absolu», dit-il. Il poursuit: «Comme je fais partie du monde de la nuit, on se connaît tous.»
Notre tenancier anonyme souffle qu'il y a deux semaines de cela, il était encore dans ce bar. «Et là, on se dit: "ça aurait pu être moi"».
Et de révéler:
Une «situation délicate» pour les bars à Crans
Vient alors la question de la sécurité, sujet qui enflamme la station valaisanne. Pour les autres établissements, ces événements tragiques les plongent «dans une situation délicate», reconnaît notre interlocuteur. Le tenancier ne mâche pas ses mots:
Au regard des vidéos diffusées par les médias, fort de son expérience du secteur, il affirme que «ce n'est pas normal, on aurait dit du plastique en fusion».
Notre interlocuteur affirme que l'isolation phonique – cette mousse qui fait tant parler – doit «être intégrée et non apparente». Il décrit: «Normalement, cette mousse est ignifugée. Si vous la prenez et que vous l'allumez, il y a une petite flamme, certes, mais elle se consume lentement puis s'éteint d'elle-même. Je me demande vraiment ce qui a provoqué cette déflagration».
Nous en profitons alors pour l'interroger sur les critiques concernant la capacité du bar, et surtout celle du sous-sol de l'établissement valaisan. Selon de nombreux témoignages, l'établissement était bondé.
En période de Nouvel An, les bars et boîtes de nuit sont plus fréquentés que les autres jours de l'année. C'est souvent la cohue pour pouvoir y entrer, comme le gérant nous l'explique:
Un autre aspect le trouble, lui, professionnel de l'hôtellerie:
Un couple qui ne se «mélangeait pas»
On ne peut s'empêcher de lui demander si, en tant que patron d'un établissement de la station, il connaissait les propriétaires du Le Constellation avant le drame. La réponse est laconique:
Le professionnel explique les avoir croisés deux fois par an dans l'un de leurs établissements.
Tous les tenanciers devraient se réunir
Encore sous le choc, le gérant affirme que «tous les tenanciers devraient se réunir» prochainement:
Il pense que les règles dans les bars vont changer. «On devra revoir les normes et la sécurité en général, dans tous les bars, en montagne et en plaine», explique-t-il.
Il souligne, pour conclure, que le cœur n'y est pas pour rouvrir son bar.
