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Incendies et panneaux solaires en Suisse: les erreurs à éviter

Opération majeure sur un incendie à Laax : 80 pompiers ont été déployés.
Opération majeure sur un incendie à Laax avec 80 pompiers déployés.Image: Kantonspolizei Graubünden

Des incendies de panneaux solaires inquiètent en Suisse

Plusieurs maisons équipées d'installations photovoltaïques ont pris feu ces dernières semaines. Que se cache-t-il derrière cette série d'incendies? Dans quels cas les panneaux solaires deviennent-ils un risque? Et à quoi faut-il être attentif lors de leur installation? Explications.
20.07.2026, 18:5320.07.2026, 18:53
Yann Lengacher
Yann Lengacher

Plusieurs bâtiments équipés d'installations photovoltaïques ont récemment brûlé en Suisse: à Reinach (BL), à Elgg (ZH) ou encore à Laax (GR). Si les polices cantonales concernées cherchent encore à déterminer si ces installations sont à l'origine des incendies, ces événements remettent néanmoins la sécurité des panneaux solaires sous les projecteurs. D'autant que des vidéos d'un incendie survenu à Bassersdorf (ZH) donnent l'impression que le foyer se situe au niveau de l'installation photovoltaïque.

Les installations solaires prennent toutefois rarement feu. Une étude de l'Institut Fraunhofer, en Allemagne, conclut que seulement 0,006% des installations photovoltaïques sont à l'origine d'importants dégâts causés par un incendie. Les différents composants sont soumis à des normes internationales et testés notamment pour leur résistance à la chaleur et à la grêle.

Interrogée par le Tages-Anzeiger, l'Association des établissements cantonaux d'assurance incendie (VKG) explique cette récente série d'incendies principalement par la forte augmentation du nombre d'installations. La Suisse en compte aujourd'hui environ 350 000.

Les principaux risques avec les panneaux solaires

Les installations photovoltaïques deviennent surtout un risque d'incendie lorsque leur pose manque de rigueur. L'une des erreurs les plus fréquentes consiste à raccorder entre eux des connecteurs provenant de fabricants différents, explique à watson un spécialiste d'une PME active dans ce domaine, qui souhaite conserver l'anonymat. Il est plus sûr d'utiliser exclusivement des composants de la même marque.

Des panneaux mal installés peuvent également être placés trop près de la toiture et être insuffisamment ventilés. Lorsque les températures sont élevées, le risque d'incendie augmente si la couverture du toit est constituée de matériaux combustibles.

«Nous recommandons de suivre la directive de protection incendie Installations solaires, qui attire l'attention sur ces risques», explique David Stickelberger, de Swissolar. Cette directive est publiée conjointement par son association et les établissements cantonaux d'assurance incendie.

Il est également conseillé de choisir soigneusement son installateur et de privilégier les entreprises titulaires du label «Die Solarprofis». Swissolar attribue cette certification aux sociétés qui respectent plusieurs exigences. Elles doivent notamment former régulièrement leur personnel et présenter des installations de référence. Mais David Stickelberger souligne toutefois:

«Ce label ne garantit pas une sécurité absolue, des erreurs restent toujours possibles, mais il constitue un véritable gage de qualité»

Le boom du solaire a aussi attiré des entreprises peu scrupuleuses

Dès 2019, le marché a connu un essor qui s'est traduit, les années suivantes, par des records d'installations, notamment après l'invasion de l'Ukraine par la Russie. En Suisse comme dans le reste de l'Europe, la conviction s'est progressivement imposée que seule une production d'énergie locale permettrait de renforcer la sécurité de l'approvisionnement.

A cette époque, la Confédération renforçait son soutien aux installations photovoltaïques grâce à une subvention unique, tandis que de nombreux cantons proposaient également leurs propres programmes d'encouragement. C'était l'âge d'or de la branche solaire. Mais cette période a aussi attiré des acteurs peu recommandables, comme le raconte le spécialiste que nous avons interrogé:

«Certaines entreprises cherchaient simplement à gagner rapidement de l'argent»

La pénurie de personnel qualifié était alors particulièrement marquée face à une demande en forte hausse. Certaines entreprises envoyaient ainsi sur les toits du personnel insuffisamment formé. En Suisse orientale notamment, plusieurs affaires ont concerné des sociétés peu scrupuleuses impliquées dans des escroqueries. Beaucoup ont depuis fait faillite. Interrogé à ce sujet, David Stickelberger confirme qu'une «consolidation» du secteur est récemment devenue visible.

Cette série d'incendies est-elle également une conséquence du développement très rapide des installations ces dernières années? Le représentant de Swissolar refuse de se prononcer:

«Nous collaborons actuellement avec les autorités compétentes afin d'élucider ces incendies et d'en tirer les enseignements nécessaires.»
David Stickelberger, Swissolar

Le marché photovoltaïque suisse s'est un peu calmé

Aujourd'hui, la situation de la branche est différente de celle d'il y a quelques années. La Confédération et les cantons soutiennent moins généreusement les installations photovoltaïques. En 2025, la puissance des nouvelles installations a reculé pour la première fois en Suisse, passant de 1,8 à 1,3 gigawatt. Le marché photovoltaïque s'est ainsi quelque peu refroidi.

Selon David Stickelberger, les mesures prises par Swissolar pour remédier à la pénurie de main-d'œuvre commencent également à produire leurs effets. Les premiers apprentis de la nouvelle formation d'installateur solaire CFC ont commencé leur cursus il y a deux ans. Les personnes déjà titulaires d'un apprentissage peuvent, quant à elles, obtenir cette qualification en une année au lieu de trois. (trad. hun)

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