L'origine de ce poisson servi chez Migros interroge
Récemment, dans un restaurant Migros comme la Suisse en compte tant, les clients pouvaient choisir des filets de perche. Sur l'écran du menu, l'origine du poisson était indiquée: Russie.
La Migros n'est pas la seule à vendre du poisson russe. Malgré la guerre menée par Moscou contre l'Ukraine, du poisson russe continue d'être consommé en Suisse en grande quantité. L'an dernier, environ 600 tonnes ont été importées, pour une valeur de près de sept millions de francs, comme le montre la statistique suisse du commerce extérieur. Cette valeur se situe dans la moyenne des dix dernières années.
Une sanction considérée, puis abandonnée
L'entrée des troupes russes en Ukraine, en février 2022, ne se lit ainsi pas dans les statistiques d'importation. Le Conseil fédéral a certes décidé, le 28 février 2022, de reprendre les sanctions de l'Union européenne contre la Russie, mais le poisson ne figure pas sur la liste des biens sanctionnés.
La situation est différente pour les crustacés, comme les crevettes ou le caviar, qui sont, eux, déclarés comme des biens économiquement importants et ne peuvent donc plus être importés depuis la Russie.
L'importation de poisson russe en Suisse ne devrait, pour l'instant, pas diminuer. La Commission européenne avait bien proposé d'inclure des restrictions à l'importation de poisson dans le nouveau paquet de sanctions à l'encontre de Moscou, mais, selon l'agence de presse allemande DPA, cette idée a finalement été abandonnée.
Une arnaque cible les clients Migros
En Allemagne notamment, la proposition de réduire l'importation de colin d'Alaska en provenance de Russie vers l'UE a suscité des inquiétudes. Compte tenu de l'offre limitée, cela aurait pu avoir «des conséquences considérables pour les producteurs et les consommateurs de bâtonnets de poisson, de filets gourmets et d'autres plats de poisson surgelés», selon la DPA.
Un manque de poissons suisses
Retour au restaurant de la Migros où le poisson russe atterrit dans l'assiette de certains clients. Sur son site internet, la restauration Migros promet, outre un «assortiment varié et durable», une «qualité de premier ordre et des prix équitables» ainsi que des «spécialités régionales».
Interrogé à ce sujet, le service de presse de la coopérative Migros souligne:
Toutefois, certaines matières premières, en particulier le poisson et les fruits de mer, ne pourraient pas être «obtenues en quantité suffisante ou toute l'année» en Suisse ou dans la région concernée. Dans de tels cas, «outre l'origine», d'autres critères seraient pris en compte, à savoir la durabilité, la qualité et la rentabilité.
Actuellement, environ 2% du volume total des produits de la mer de la restauration Migros provient de Russie. Interrogée sur les raisons pour lesquelles le poisson est justement acheté en Russie, la Migros écrit:
L'entreprise se référerait à des normes de durabilité et à des certifications. La perche proposée respecterait non seulement les exigences du groupe Migros, mais aussi les exigences officielles de la Suisse, écrit le géant orange. Et qu'en est-il des alternatives régionales?
D'autres privilégient des alternatives
La situation est différente chez Coop, l'autre grande chaîne de supermarchés en Suisse disposant de sa propre offre de restauration. Dans les restaurants Coop, aucun produit à base de poisson ou de fruits de mer en provenance de Russie n'est trouvable depuis le début de la guerre en Ukraine, indique-t-on sur demande.
Et comment font les petits établissements de restauration? Bruno della Torre est président de l'association Gastro Unterwalden. Il ne connaît, dit-il sur demande, aucun établissement de Nidwald et d'Obwald qui propose du poisson russe à la carte. L'association n'impose toutefois aucune règle en la matière. «Ce qui est autorisé en Suisse, nos restaurateurs peuvent aussi le faire.»
Bruno della Torre souligne que, grâce aux pêcheries du lac des Quatre-Cantons et à différentes piscicultures, de bonnes offres régionales sont disponibles. En tant que tenancier d'une auberge, il veille lui aussi à la régionalité. Et, lorsqu'il lui arrive d'acheter du poisson importé, ce n'est pas en provenance de Russie, précise-t-il. (trad. ysc)
