Cette décision de Trump fait mal à la «vitrine de la Suisse»
America first. C’est l’un des piliers centraux de l’idéologie politique de Donald Trump. Un slogan qui se traduit notamment par une défiance envers la coopération internationale et les organisations multilatérales.
Mercredi, le président américain a franchi un nouveau cap. Par décret, il a acté le retrait des Etats-Unis de 66 organisations, agences et commissions internationales. Des institutions qui s’engagent par exemple pour l’accès à la santé, l’égalité des chances dans l’éducation ou la protection du climat. Motif invoqué par la Maison-Blanche: ces organisations iraient «à l’encontre des intérêts des Etats-Unis».
Des répercussions jusqu'en Romandie
Certaines d’entre elles, comme la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), ont leur siège ou des bureaux importants dans la Genève internationale. D’autres, qui ne sont pas liées à l’ONU, sont également concernées, à l’image de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dont le siège se trouve à Gland (VD).
Ce retrait formel ne tombe pas du ciel. Lors de son entrée en fonction, fin janvier 2025, Donald Trump avait déjà annoncé la couleur. Depuis cette annonce, il avait déjà suspendu ou fortement réduit les contributions financières américaines pour bon nombre de ces organisations.
La dernière décision de Washington frappe de plein fouet la Genève internationale. Les Etats-Unis figuraient jusqu’ici parmi les principaux bailleurs de fonds de nombreuses organisations. Sans cet argent, celles-ci seront contraintes de réduire leurs activités et de supprimer des postes.
Le Conseil fédéral à la rescousse
C’est aussi pour cette raison que le Conseil fédéral a décidé, en juin dernier, d’accorder 269 millions de francs sur les trois prochaines années à la Genève internationale. Le gouvernement entendait ainsi envoyer un signal fort en faveur du multilatéralisme, de plus en plus mis à mal à l’échelle mondiale.
Devant les médias, le conseiller fédéral chargé des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, avait alors qualifié Genève de «vitrine de la Suisse» et présenté ces fonds comme «un investissement dans l’avenir d’un ordre mondial fondé sur la force du droit, sur des règles et sur l’humanité».
Selon le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), les services compétents suivent et analysent de près les récentes décisions américaines et leurs conséquences potentielles pour les organisations internationales basées en Suisse.
Genève joue un rôle central pour le multilatéralisme et la coopération internationale et revêt «une importance majeure pour l’image de la Suisse en tant qu’Etat hôte». Le Conseil fédéral garde donc la situation à l’œil, précise le DFAE:
Traduit de l'allemand par Joel Espi
