La Suisse ne veut pas accueillir les enfants qui fuient cette région d’Ukraine
Entre le 1er novembre 2025 et fin septembre 2026, la Suisse a refusé le statut S à 286 personnes venues de l’ouest de l’Ukraine et les a renvoyées, dont 123 mineurs.
Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) a livré ces chiffres à la NZZ am Sonntag. Les mineurs ont été renvoyés avec leurs tuteurs légaux, précisent nos confrères alémaniques.
Depuis un an, la Confédération distingue les zones sûres et les zones dangereuses en Ukraine. Les réfugiés issus de l’une des sept régions jugées sûres n’ont plus droit au statut S — instauré pour un accueil rapide et sans grandes formalités.
C’est le cas de Loutsk, où des drones russes ont pourtant incendié un commerce il y a trois semaines, faisant six morts. Selon l’ONU, début octobre 2026 a été la période la plus meurtrière pour les civils ukrainiens.
«Symbole de brutalité»
La gauche s’indigne de la décision de Berne. Pour le conseiller national socialiste Fabian Molina, cette politique est un «symbole de brutalité» menée «sur le dos des enfants».
Il réclame le statut S pour tous. Le SEM répond que des attaques isolées, même meurtrières, ne rendent pas automatiquement un retour ou une non entrée en matière impossibles: le SEM procède à une évaluation globale de la situation sécuritaire du pays, et décide ensuite. Cette pratique découle d’une décision du Parlement, que le PLR et l’UDC défendent.
Le conseiller national UDC Pascal Schmid rappelle que l’Ukraine est 16 fois plus grande que la Suisse et que le front est aussi éloigné de l’ouest que Berne de Madrid.
Selon lui, le statut S a instauré une «libre circulation des personnes unilatérale», source d’abus, de coûts énormes et d’accueil de personnes non menacées, dont plus de 13 000 hommes pourtant, en théorie, astreints au service militaire. (dag)
