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Etats-Unis: Kamala Harris était en Suisse, elle se confie

Kamala Harris a profité d'un passage en Suisse pour évoquer notamment les droits de douane imposés par Donald Trump à notre pays.
Image: keystone / montage watson

Kamala Harris en Suisse: elle nous dit tout sur les droits de douane

Kamala Harris était présente à Berne cette semaine. L'ancienne vice-présidente américaine en a profité pour faire le point sur les conséquences de la victoire des Démocrates pour la Suisse. Interview.
08.11.2026, 16:0408.11.2026, 17:46
Natasha Hähni

Kamala Harris était cette semaine l'invitée vedette de l’édition 2026 du Prix Suisse, organisée au Kursaal de Berne. De bonne humeur avant son apparition sur scène, l'ancienne vice-présidente des Etats-Unis a accordé un quart d’heure à Schweiz heute, édité par CH Media comme watson, au Bellevue Palace de Berne.

Elle savourait alors le succès historique des Démocrates lors des élections américaines de mi-mandat.

Après le premier mandat de Donald Trump, le message de Kamala Harris a toujours été: «L’Amérique est de retour».

Lorsqu’on lui demandait pour combien de temps, elle répondait, tout en priant intérieurement: «Pour toujours, je l’espère». Tout ne s'est pas passé comme elle le souhaitait et l'ancienne vice-présidente a en outre souligné sur la scène du Prix Suisse à quel point la confiance envers les Etats-Unis s’était érodée dans le monde. Le prochain président devra, selon elle, rétablir ces relations.

Les conséquences du «tsunami bleu»

Sous Donald Trump, les relations avec la Suisse sont devenues glaciales suite aux droits de douane et à son inimitié avec Karin Keller-Sutter. Qu’est-ce qui pourrait changer, désormais, avec un Congrès dirigé par les Démocrates?
Kamala Harris: Donald Trump s’est montré irresponsable dans sa politique commerciale comme dans les relations internationales, notamment avec nos alliés. En matière commerciale, il semble guidé par des ressentiments mesquins qui surgissent pour des raisons inexplicables. Ce qui est arrivé à la Suisse en fait partie.

«La bonne nouvelle, c’est que le Congrès a le pouvoir de réexaminer la politique commerciale et les droits de douane. Lorsque cela s’avère nécessaire, il peut aussi enquêter sur les raisons qui ont motivé certaines décisions commerciales, comme dans le cas de la Suisse. Donald Trump affirme que cela concerne les conditions de travail. J’en doute»

Il fait une fixation sur le déficit commercial avec la Suisse...
C’est précisément pour cela que les élections de mi-mandat sont si importantes. Elles montrent comment fonctionne le système politique américain: le président, le Congrès et les tribunaux doivent se contrôler mutuellement afin qu’aucun d’entre eux ne concentre trop de pouvoir.

«Ces deux dernières années, le contrôle exercé par le Congrès n’a pratiquement pas fonctionné»

Nous avons désormais retrouvé la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants. Nous pouvons donc à nouveau contrôler efficacement Donald Trump et son gouvernement.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour la Suisse?
Nos deux pays sont liés par une longue histoire et par une relation fondée sur des idéaux et des valeurs communs.

«Les Etats-Unis ont la responsabilité de faire respecter les règles et les normes internationales»

Nous avons toujours été fiers d’assumer un rôle moteur, et nos alliés attendaient cela de nous. Maintenant que notre gouvernement a retrouvé un meilleur équilibre, nous sommes davantage en mesure d’honorer nos engagements envers nos alliés et envers notre propre histoire.

L'Ukraine redevient une priorité

Les relations entre l’Ukraine et les Etats-Unis se sont fortement détériorées sous Donald Trump. Qu’est-ce qui changera avec la majorité démocrate?
Lorsque j’étais vice-présidente, les Etats-Unis ont pris très au sérieux leur responsabilité de se tenir aux côtés de l’Ukraine. Le gouvernement de Donald Trump ne l’a malheureusement pas fait. Grâce à nos majorités au Congrès, nous pourrons soutenir davantage l’Ukraine sur la voie d’une paix durable. Pour qu’une paix soit juste, l’Ukraine doit être présente à la table des négociations.

De quels moyens le Congrès dispose-t-il réellement?
Je pense que la pression en faveur de cette solution va s’accentuer et le Congrès a la possibilité d’influer sur ce processus. Mon expérience au Sénat m’a également montré qu’il existe, par exemple, un très large soutien bipartisan à l’idée que nous devons nous tenir aux côtés de l’Ukraine.

«Maintenant que le rapport de force a changé, je pense que nous assisterons à un changement de cap»

Vous avez récemment déclaré que «si 2026 se passe mal, 2028 n’aura aucune importance». L’année 2026 s’est très bien déroulée pour les Démocrates. Sur quoi le parti va-t-il concentrer ses efforts?
Sur l’obtention de résultats. Ce n’est pas le moment de sabrer le champagne. Peut-être pendant cinq minutes, mais elles sont désormais écoulées.

«Le Parti démocrate doit comprendre qu’il n’a pas remporté les élections de mi-mandat parce qu’il est populaire»

Les gens en avaient assez du coût élevé de la vie, de la corruption et du comportement général de ce gouvernement, y compris des propos qui sortent de la bouche de ce président.

Obtenir des résultats sera important

De nombreux Américains peuvent en effet à peine payer l’essence, les produits alimentaires, leur logement, la garde des enfants ou les soins de santé. Les Démocrates doivent désormais obtenir des résultats, selon Kamala Harris, en réduisant le coût de la santé, en revenant sur les coupes du gouvernement de Donald Trump et en enquêtant sur les accusations de corruption.

La participation électorale a également frappé l'ancienne vice-présidente. Les électeurs se sont rendus aux urnes dans des proportions inédites dans des groupes de population et des régions qui votaient très peu depuis longtemps. Jeunes et moins jeunes, de différentes régions et camps politiques: tous se sont mobilisés. Les élections de mi-mandat ont montré que les citoyens étaient prêts à s’engager, selon elle:

«La force d’une démocratie se mesure aussi à la participation active de la population»

Depuis janvier 2025, Kamala Harris n’exerce aucune fonction publique pour la première fois de sa vie. Après sa défaite électorale, elle s’est d’abord mise en retrait, a passé du temps chez elle et a cuisiné pour sa famille. C’est sa manière préférée d’évacuer le stress, a-t-elle confirmé au Prix Suisse.

Elle a conseillé Angela Merkel

Samedi soir, lors du Prix Suisse, Kamala Harris a également raconté un petit-déjeuner avec Angela Merkel. Celle qui était alors chancelière allemande avait été la première cheffe d’un gouvernement étranger reçue dans sa résidence officielle de vice-présidente.

Elles avaient parlé de la Russie, de la Chine et de ce que les femmes occupant de hautes fonctions doivent endurer. Angela Merkel avait raconté combien elle avait été insultée, surtout au début de sa carrière publique. Kamala Harris lui a alors donné ce conseil: ne les laisse pas voir ta souffrance émotionnelle.

Mais le calme a fini par lui peser. «J’ai ressenti le besoin d’écouter les gens», a expliqué Kamala Harris. Pour cela, elle s’est rendue dans 27 Etats américains. Ces visites contrastaient fortement avec les événements de campagne électorale:

«Je n’étais pas là pour demander leur voix»

Pas encore candidate pour 2028

Au lendemain de l’élection de Donald Trump, vous déclariez: «Quand nous nous battons, nous gagnons. Parfois, le combat dure simplement un peu plus longtemps». Dans quelle mesure êtes-vous optimiste à l’horizon 2029?
Je suis très optimiste. Je crois en les gens. Les élections de mi-mandat nous ont montré que le pouvoir appartient toujours au peuple. J’y crois depuis mon enfance, même si je ne savais pas encore exactement comment l’exprimer à l’époque. Mes parents ont milité dans le mouvement américain des droits civiques. Leur conviction m’a accompagnée tout au long de ma carrière dans des fonctions électives.

«En définitive, le pouvoir appartient au peuple. Et nous devons renforcer ce pouvoir»

Qu’en est-il de vos ambitions personnelles? Serez-vous à nouveau candidate à la présidence?
Ah, la fameuse question! (Elle rit.) J’y réfléchis. Je ne prendrai toutefois pas cette décision seule: ma famille y jouera un rôle important. Je n’ai pas encore tranché.

(Traduit et adapté de l'allemand par Bastien Trottet)

La folle soirée des démocrates texans à Austin (TX)
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La folle soirée des démocrates texans à Austin (TX)

La vague bleue a frappé le Texas et les Etats-Unis. watson était avec des sympathisants démocrates à Austin.

source: marine brunner
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Un requin aperçu dans une rue inondée en Floride
Video: watson
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